Vivien DE ABREU, préparateur mental au FC Sochaux-Montbéliard

Dans un contexte difficile pour tous avec la situation sanitaire actuelle, et connaissant moi-même une période délicate, j’ai souhaité inviter non pas un footballeur, mais un acteur tout aussi essentiel dans ce sport. C’est donc Vivien DE ABREU, préparateur et coach mental, qui nous a fait un véritable cours sur la préparation mentale !

Nous découvrons son parcours, son travail, le déroulement entier d’un accompagnement pour un sportif ou même un particulier, la place de la préparation mentale dans le foot, et au FCSM en particulier. Vivien DE ABREU nous livre également beaucoup de conseils utiles : un entretien qui concerne et peut donc aider tout le monde !

Alexis DE FREITAS : Salut Vivien, tout d’abord, peux-tu nous présenter ton parcours ?

Vivien DE ABREU : J’ai 31 ans, j’ai commencé avec un Bac sciences et technologies de la gestion, mais ce que je voulais c’était surtout accéder à la fac de sport. Depuis tout petit il n’y a que le foot qui m’intéressait ! J’avais un niveau régional/départemental sur la fin. Donc c’était évidemment un peu compliqué de se projeter dans un parcours professionnel, même si c’était un rêve de gamin comme tous ceux qui aiment le foot.

Je pars donc à la Fac de sport dans l’optique d’être professeur de sport. Je passe, au STAPS à Besançon, une licence en entrainement sportif. En parallèle, je passe mes diplômes d’entraineur, mes diplômes fédéraux et mon brevet d’état (dernière session avant la réforme). Je suis donc BE1 et j’ai également mon BPJEPS Sports collectifs pour faire de l’animation mais dans d’autres sports qu’uniquement le foot.

Du coup, ça a été aussi mon métier pendant 2 ans au SR Delle où j’étais responsable de l’école de foot et j’intervenais sur la section sportive du collège. J’ai, d’ailleurs, monté un petit tournoi international avec d’autres éducateurs et bénévoles, c’était une belle expérience !

J’ai donc fait ma licence pendant 3 ans puis j’ai travaillé pendant 2 ans au club. Sauf qu’au moment où j’arrête ma licence et je passe mon brevet d’état, je rencontre un professeur qui s’appelle Alain Groslambert, qui intervient sur ma licence et qui est préparateur mental. Quand je rentre en première année de licence dans cette optique de faire professeur de sport, je me rends vite compte que ce n’est pas pour moi : faire des dissertations, ce n’est pas trop ce que j’aime et, malheureusement, il faut passer par tout ce cheminement pour accéder à ce métier.

Du coup, naturellement, je me dirige vers l’entrainement (vu que j’étais déjà bénévole dans mon club avant que ça se transforme en métier). Et je rencontre ce professeur qui nous fait une intervention sur la préparation mentale : il nous raconte son intervention pendant les JO de Pékin où il accompagne l’équipe de France VTT dont Absalon. C’est l’année où il rafle tout ! Il nous raconte comment il vit les jeux avec ce qu’il ressent de l’intérieur et non avec ce que l’on voit, nous, à la télévision. Et c’est là que j’ai le déclic !

Ca fait aussi le lien avec ma personnalité car, depuis que je suis adolescent, j’aime beaucoup me préoccuper des problèmes de mes amis : être toujours là, à parler, à trouver des solutions avec la personne. Au départ, c’était surtout du conseil et le mélange de ces deux choses a fait que je me suis dirigé dans cette voie.

Mais après ma licence, je me rends compte qu’en venant du monde amateur et sans contact, ça peut être compliqué. Je passe mon brevet d’Etat, qui peut, dans le pire des cas, m’emmener au poste d’éducateur, un métier qui me plaît. C’est pour cela que j’arrête mes études temporairement, pour préparer un autre métier au cas où.

Je me forme pendant deux ans et je reprends ensuite mes études. Je pars en région parisienne à Orsay, à la fac de sport dans un master en recherche, axé sur le mouvement humain et le côté psychologique dans le milieu du sport. Je fais un mémoire, mais ça ne suffit pas pour être préparateur mental. Je m’engage dans une autre formation à Dijon toujours en STAPS pour un diplôme universitaire qui permet d’être préparateur mental ! D’ailleurs, légalement, dans notre métier, il n’y a pas de cadre bien défini. Il n’y a pas besoin de prérequis. Et de nombreuses personnes se battent pour que ça soit mis en place, ce qui limiterait les abus.

Je cherchais de l’outillage, du contenu et une démarche pédagogique pour accompagner des gens. La sensibilité ne suffit pas, il faut les outils pour aider. Dans cette formation, je dois trouver un stage. C’est compliqué d’entrer dans le milieu du sport professionnel, quand tu n’es pas du sérail. Pendant mes années de licence, j’avais rencontré Pierre-Etienne Demillier, conseiller technique départemental sur le district et rattaché à la ligue, et aujourd’hui entraineur de l’équipe de France espoirs du futsal. A l’époque, il venait sur Paris pour aller avec l’EDF. Il était entraineur adjoint. Moi, j’avais un sujet vidéo à faire pour apprendre à maitriser un outil et je lui dis que j’aimerais bien mettre en avant le développement du fustal en Franche-Comté, domaine où l’on avait beaucoup de retard, et c’est lui qui a fait beaucoup avancer cela en mettant beaucoup de choses en place.  C’est une personne qui m’a beaucoup aidé sur tout mon processus bénévole de formation, car j’ai également été entraineur adjoint bénévole de l’équipe du département face à lui sur les U14. Je me disais que je pourrais m’appuyer sur ce qu’il a fait, car c’est vraiment une personne que j’apprécie. Il décide donc de participer à ma vidéo par une petite interview et là il me demande ensuite ce que je veux faire après mon master. Je lui dis : « préparation mentale, mais c’est compliqué les clubs professionnels ». Il me dit qu’il ne peut pas me pistonner mais qu’il va en parler autour de lui et que je dois passer les entretiens. Je passe l’entretien à Sochaux et ça c’est fait comme ça !

Mon support de stage c’est Sochaux, mais aussi des particuliers hors sport pour toucher à tout et voir autre chose. J’interviens à Sochaux sur les U17 uniquement, avec un parcours où l’on va jusqu’en demi-finale. Vraiment une belle saison ! J’étais avec Mickael Vallée. C’était fabuleux ! On perd contre le PSG, qui avait de loin la meilleure équipe, quand on voit en plus le nombre de jeunes qui sont passés pro chez eux. Mais, nous, on a quand même Maxence Lacroix, Lucien Agoume, Alexandre Nsakala… Un beau moment qui s’arrête ensuite, car le club ne pouvait pas forcément continuer tout de suite, malgré la volonté qui a toujours été présente et même déjà à l’époque d’Eric Hély qui était convaincu par le projet.

Enfin, en janvier 2018, j’ouvre ma structure VDA Coaching où j’accompagne des sportifs de haut niveau, particuliers et entreprises. Et là j’ai Eric Hély qui me rappelle pour intervenir sur tout le centre, mais plus en tant que stagiaire. Depuis, les saisons passent et je continue. Je ne suis pas salarié, j’interviens en tant que prestataire. A côté, j’accompagne des gens qui font du rugby, au même niveau que Sochaux : Bordeaux Bègles, Top 14 en jeunes ; mais aussi quelqu’un qui fait du VTT et beaucoup de particuliers.

Alexis DE FREITAS : Justement, est-ce que c’est différent d’accompagner des sportifs et des particuliers ?

Vivien DE ABREU : Il n’y a pas de changement de méthode de travail. Ce qui va changer c’est le vocabulaire que tu emploies. Les problématiques seront différentes, mais le noeud central (estime de soi, confiance en soi, concentration, gestion des émotions, de l’énergie, la communication…) reste le même.

Evidemment, ce qui va stresser un particulier ne va pas stresser un sportif, mais il y a aura quand même du stress à gérer. L’outil sera le même, mais nous sommes tous différents. L’outil n’aura pas le même impact sur tout le monde et ne sera pas utilisé de la même manière. On a tous la même formation, que ça soit pour le monde de l’entreprise ou le sport.

Un attaquant qui vient me voir et me dit : « je n’arrive pas à marquer des buts », un particulier ne me le dira pas. Ca se traduit par j’ai du mal à gérer mes émotions, car je ne me concentre pas sur le moment présent, mais sur le passé où j’étais en situation d’échec. Et, du coup, ça impacte ma performance actuelle. Un particulier qui vient me voir stressé car il a une réunion importante à préparer, c’est de la gestion du stress. Ce sont ses émotions qui le perturbent et qui l’empêchent de se concentrer sur le moment présent. On a donc la même chose qui va se traduire de façon différente. L’outil va être le même, mais le vocabulaire et l’accompagnement vont être différents.

D’ailleurs, souvent un particulier sera surpris qu’il n’y ait pas tant de différence. Il se dit : « il n’a pas la même pression que moi. Il joue au foot tandis que moi je gère des employés. » Je réponds « Et s’il se blesse en fin de carrière ? Il n’a plus de métier. C’est un sport mais il travaille dans sa passion. La pression est la même. » La pression c’est totalement subjectif. C’est l’image que l’on se fait d’un évènement qui va devenir du stress.

Alexis DE FREITAS : Les problématiques se rapprochent donc toutes ?

Vivien DE ABREU : Le noeud du problème est souvent lié à la gestion de l’estime de soi (trop élevé, trop basse ou mal équilibrée) et derrière ça vient impacter d’autres domaines : les émotions qui vont elles-mêmes impacter la concentration, la communication (avec par exemple quelqu’un qui va dégoupiller dès qu’on va un peu mal lui parler). C’est un système où tout alimente tout, donc on va intervenir sur différents point en même temps.

Avec les sportifs, c’est souvent l’estime de soi et les émotions qu’on travaille, avec les matchs à enjeu, le public et la communication également : verbale non verbale, avec partenaires, adversaires et coachs.

Alexis DE FREITAS : Est-ce que l’accompagnement est accessible à n’importe qui ?

Vivien DE ABREU : Ca ne m’est jamais arrivé de refuser un client. Mais ça pourrait m’arriver pour des choses très graves. J’ai déjà suivi quelqu’un qui était impliqué dans une affaire de viol. Seul je n’ai pas les armes pour ça, mais comme cette personne voyait aussi un psychologue, on a pu travailler ensemble.

En matière d’âge, j’ai déjà travaillé avec une enfant de 7 ans, parce qu’il y avait le feeling. Il y  avait de la maturité sur le sujet traité. La petite se sentait à l’aise et moi je me sentais à l’aise. Elle avait du vocabulaire, un minimum de recul et était capable d’analyser le minimum d’une situation qui la rendait malheureuse.

J’attends de voir ce que la personne me livre et comment on peut travailler. Mais, au bout de trois séances, je peux dire « ça ne colle pas » ou « je ne suis pas apte » et donc je dirige la personne vers un autre coach, un psychologue ou un psychiatre. C’est à moi de dire « ça ne peut pas le faire, je ne suis pas la personne qui peut t’aider ».

Il faut être humble. Si je n’ai pas les clés, je redirige la personne. Ponctionner l’argent des autres, c’est un abus de faiblesse !

Alexis DE FREITAS : Pourquoi commencer un accompagnement ?

Vivien DE ABREU : Le particulier, souvent, il s’enferme dans son truc. Il fait semblant d’accepter: « je suis comme ça et puis c’est tout ! ». Mais on est tous apte à changer.

Je vais prendre l’exemple d’un gamin qui n’ose pas lever la main en classe, parce qu’il a honte, peur d’être jugé par les autres. Pourquoi le gamin devrait rester dans cette posture-là ? Souvent les parents l’engueulent en lui disant « pourquoi tu ne demandes pas ? ». Mais ils ne se mettent pas à la place du gamin en difficulté, car eux plus jeunes n’ont pas eu ce problème.

On peut travailler ce problème de confiance en soi qui impacte nos émotions. On se met dans la démarche : Ok, je fais l’effort, c’est sûr que la première fois, je ne vais pas être bien. Mais, je l’ai fait une fois, j’ai réussi, je suis fier de moi. Donc pourquoi pas une deuxième ? Je ne suis toujours pas bien mais mieux que la première fois. Et ainsi de suite. Avec la répétition, on automatise le processus et avec du temps on se dit « je suis capable de le faire ».

Les croyances limitantes, ça pollue l’esprit des gens. Ca nous empêche de faire les choses. Rien n’est impossible ! Il ne faut pas se mettre de barrières. Si tu fais les efforts et que tu vas chercher tu peux y arriver. Les gens s’accommodent trop d’une difficulté. L’erreur c’est de dire : « tant pis ça m’embête, mais je le garde ».

Même exemple au travail avec les personnes qui s’énervent tout le temps et qui disent c’est mon tempérament. Tu peux être de bonne humeur, ça se travaille, mais il faut le décider.

Pour les sportifs, j’aime bien prendre l’exemple de Teddy Riner. Au niveau où il est, il continue à être accompagné et toi même si tu es international jeune pourquoi tu ne le fais pas ? Tu penses être au-dessus de lui ? Pourquoi il fait du travail mental alors qu’il est au-dessus et toi tu n’en fais pas alors que tu n’es pas encore au-dessus ?

Quelqu’un qui a jamais joué de playoff et qui se dit prêt, comment il peut le savoir ? Il n’en a jamais vécu. Tu as beau jouer l’OL, ok mais c’est en championnat. Mais si tu le joues en playoff, tu penses que ça aura le même impact ? Parce que là, c’est un vrai match à enjeu. Et c’est du direct. C’est ça qu’ils préparent au haut niveau. Et tout le monde n’est pas capable de le gérer. Même un mec qui a des grosses statistiques sur la saison régulière.

Ce n’est pas une honte de ne pas savoir le gérer. Des coups durs, tu en as dans toutes les carrières. L’important c’est comment tu rebondis et comment tu gères les choses. Et si tu te prépares en amont et que tu apprends à maitriser les outils, même si tu prends un coup de pression au coup d’envoi, ce n’est pas grave. Si tu as l’outil maitrisé en amont, très vite tu fais redescendre la pression et tu reviens focus sur ton match. Avoir travaillé en amont, c’est la clé.

Il faut être dans la démarche : « ça ne s’arrête pas à ma saison de cette année. Je suis dans un processus. Je me forme pour devenir joueur professionnel puis international A, puis pourquoi pas gagner la Ligue des Champions, la coupe du Monde » et quand ils ont cette vision à court et long terme, ils s’engagent.

Alexis DE FREITAS : Comment se déroule un accompagnement ?

Vivien DE ABREU : Ca commence évidemment par la démarche de la personne qui me contacte par mon site internet, mon mail, Facebook… Je réponds à toutes les demandes quel que soit l’outil de communication utilisé. Ca se fait aussi par le bouche-à-oreille notamment pour les particuliers.

Je fixe un premier entretien, gratuit, pour établir un petit « diagnostic », évaluer les différentes sphères de la personne,  professionnelle et personnelle. Ensuite, la personne me présente sa problématique. Moi au préalable, je me présente, retrace mon parcours et donne mes attentes.

La préparation mentale, c’est du travail au quotidien. Le plus gros du travail ne se fait pas quand on est ensemble, mais dans la démarche personnelle de la personne quand elle va être toute seule face à elle-même. Moi je suis là pour débriefer et aiguiller.

Le suivi entre les séances est inclus. La personne peut m’écrire sur le support qu’elle veut. Elle est actrice de son développement, c’est donc à elle de m’écrire. Moi je ne vais donc jamais la solliciter. Mais elle peut m’écrire pour avoir des retours sur un exercice non compris ou pour parler d’un mal-être qui la perturbe et qu’elle voudrait aborder, ou non, lors de la prochaine séance, ou pour un debrief sur une chose qui lui plaît ou non… Je réponds à tout.

Dès la première séance, on dégage les axes de travail et quand la personne repart elle a déjà de l’outillage ou des tableaux pour se mettre en réflexion sur elle-même, pour commencer à travailler. Après, je la vois environ toutes les 4 à 6 semaines. Soit je donne du travail physique (quelque chose que tu apprends à maitriser) ou alors des tableaux pour te mettre en réflexion sur toi-même et là il faut du temps de réflexion pour vraiment avoir du recul, d’où le délai laissé.

Alexis DE FREITAS : L’autonomie de la personne est donc l’étape la plus importante ?

Vivien DE ABREU : Que ça soit un particulier ou un sportif, mon but c’est de rendre la personne totalement autonome. Au départ, je suis un peu sa béquille. Je l’accompagne, je lui donne des outils. A terme, je dois pouvoir m’effacer et que la personne soit autonome, ait du recul et se dise « j’utilise ça pour me sortir de ce problème-là ». Après, je suis toujours là si elle a besoin de me contacter pour lancer une démarche.

Le but n’est pas de rendre la personne dépendante. Justement, l’absence de législation dans le domaine fait que des gens profitent de ce système. Pour trouver le bon coach en développement personnel ou le bon préparateur mental, il faut du feeling et voir avec le temps. Moi je veux faire comprendre aux personnes que j’accompagne que c’est leur projet à eux. On va travailler ensemble, on est une équipe. Mais tu es le propre acteur de ton projet de développement. Si tu t’engages dans cette démarche c’est que tu as l’envie. Personne ne te force à venir.

Un exemple avec les jeunes du centre : ils veulent devenir professionnel. Il ne faut pas se satisfaire du minimum. Aujourd’hui, le coach vient et vous donne une séance mais libre à vous d’aller travailler en plus sur des outils de récupération, du travail supplémentaire en salle… Ca s’incorpore dans cette démarche-là. On ne vous force pas à faire de la préparation mentale. C’est à disposition, libre à vous d’y aller même si c’est conseillé. Mais si vous y allez c’est une démarche personnelle donc à vous de vous investir car sans investissement difficile d’avoir des résultats.

Ce qui fait avancer les gens c’est le travail que je vais donner. Par exemple, le tableau sur l’estime de soi. Ca va les mettre en réflexion sur eux-mêmes. Le but c’est de mettre en scène pour que la personne prenne le temps de se poser, faire parler la personne, s’arrêter et prendre du recul sur soi, sur une situation. Comment je réagis à tel ou tel évènement ? Quelles émotions émergent et quels outils j’ai pour gérer cette émotion qui peut me gêner ?

Alexis DE FREITAS : Quelle est donc la bonne procédure ?

Vivien DE ABREU : Quand on fait cette démarche le but c’est d’apprendre à se connaître sur le bout des doigts. On sait quand on est énervé, mais ne on sait pas à quel moment l’émotion de l’énervement arrive. Il y a des choses différentes d’une personne à une autre qui nous permet de déceler quand on commence à s’énerver et c’est à ce moment-là qu’il faut agir dessus.

Moi, j’aime bien travailler avec des outils de sophrologie tels que la respiration abdominale, expulsion, ou visualisation mentale. Je donne l’outil que la personne apprend à utiliser dans un contexte favorisant. Par exemple, dans ton lit où personne ne te dérange, téléphone coupé. Et, tu apprends à maitriser ton outil jusqu’à être prêt, c’est la maitrise technique, avant de l’utiliser sur le terrain.

Ensuite, quand tu es prêt, on le travaille en associé. On identifie les situations qui reviennent souvent où il y a énervement, frustration, tristesse, stress… La personne cherche les déclencheurs : là avant de m’énerver j’ai cette étape-là, celle-là et celle-là. C’est encore de l’introspection.

Il faut comprendre ce qui se passe physiologiquement : jambes qui bougent, cœur qui bat très vite, mains moites… Une fois que la personne l’a décelé, elle cherche le déclencheur pour se dire c’est là que je dois l’appliquer.

Alexis DE FREITAS : Comment on voit l’avancée, les progrès ?

Vivien DE ABREU : Par des ressentis ! Quand tu vois la personne qui sourit quand on parle d’une situation du passé, tu as déjà une partie de la réponse. Quand une personne est venue te voir pour ça et qu’elle te dit « tiens, j’ai fait ça je suis capable de faire ça et même plus que ce que je t’avais demandé ». Ce n’est pas moi qui a fait le travail, c’est elle et elle s’en rend compte et je suis fier. Et quand tu réussis une fois, on continue de voir si on peut le refaire. Et après c’est le phénomène d’automatisation. Ca devient naturel. On ne se rend plus compte des choses et donc plus d’efforts à faire. L’évaluation est là. C’est de l’auto-évaluation et du ressenti.

Maintenant sur un outil, il y a des caractéristiques et des choses que j’attends. Tu dis à la personne « comment tu réagis quand tu fais ça ? ». Et si la personne répond à côté tu peux lui dire qu’elle l’a pas travaillé.

La personne souvent se rend compte d’elle-même de l’avancée et si elle ne se rend pas compte, je lui pose une question. Je vois comment elle arrive au départ, quand on fait le tour des différentes sphères, de la problématique, de sa réaction, puis quand on revient sur le sujet et que maintenant elle réagit comme ça. Et je lui dis « mais avant tu étais comment ? » Et souvent elle sourit et là le sourire il veut tout dire dans 99% des cas.

On ne travaille pas forcément sur des vérités objectives, mais sur le ressenti puisque c’est ce qui est biaisé ou qui fait que la personne ne se sent pas bien. Soit elle change elle-même sa perception des choses ou si ça sert à rien de changer la perception des choses il faut réussir à l’atténuer.

Par exemple : un joueur en conflit avec son entraineur on ne peut pas faire qu’ils s’entendent bien. Mais le travail va faire qu’il ne réagisse plus mal, que ça ne soit pas un mal être, que le joueur continue sa progression et que ça empiète pas sur la vie du groupe.

Alexis DE FREITAS : Et toi, ton travail dans tout ça ?

Vivien DE ABREU : Donc tout commence avec un premier entretien. Avant je demandais le thème, mais maintenant je viens un peu les mains vides. On se rencontre. En ce moment c’est surtout en visio, toujours dans un endroit neutre. Jamais chez moi. Je n’ai pas de cabinet, d’ailleurs, c’est volontaire.

Souvent c’est l’Atria à Belfort. Il y a un coin salon, c’est très canon et il n’y a pas d’oreilles pour écouter ce que font les autres. On fait l’entretien et quand la personne s’en va je prends du recul. Je tape tout le compte rendu à l’écrit, au propre, pour lui envoyer, lui envoyer les outils. Et quand le suivi se met en place je suis disponible tout le temps. Je réponds par écrit, par visio, par appel, peu importe.

Eux quand ils ont du travail à me retourner ça peut être pour la séance d’après, mais des fois c’est du suivi donc un envoi une fois par semaine. Je réponds, je remets au propre dans leur tableau. L’idée c’est qu’à la fin du suivi, ils aient un dossier informatique avec une trame au propre pour qu’ils puissent se replonger dedans s’ils ont une rechute dans 10 ans par exemple.

J’ai tout ce travail de réécriture, non obligatoire, mais je me l’impose parce que je veux que ça soit carré. Donc il y a tout ce coté remise au propre et la disponibilité auprès des gens.

Alexis DE FREITAS : Et il y a des donc des séances où tu es physiquement avec la personne ?

Vivien DE ABREU : Tout à fait. Donc, on coupe ces séances en 2 parties. Il y a une partie bilan où on voit les séquences travaillées. Souvent un exercice en entraîne un autre car derrière ça déclenche d’autres réflexions pour aller toujours plus loin.

L’autre partie c’est parole libre. On revient sur la période écoulée, les choses qu’elle veut aborder, si y a des échéances qui arrivent… On peut parler de tout. Il y a un fil rouge mais il ne faut pas rester dans un cadre trop strict car la personne doit pouvoir se lâcher, se libérer. Le seul temps qui est cadré c’est le temps où l’on revient sur les exercices.

Alexis DE FREITAS : La Covid-19 a-t-elle eu un impact dans ton travail ?

Vivien DE ABREU : Tout a été arrêté lors du premier confinement. Puisque le centre je ne pouvais plus y intervenir vu que les jeunes n’étaient plus là. J’étais en arrêt total. Par contre pour les particuliers, c’est du temps où tu es chez toi et c’est, je pense, le meilleur moment pour faire du travail sur soi.

Le deuxième confinement, les jeunes vont toujours à l’école donc je peux toujours les voir. Par contre les particuliers ont continué cette démarche, car il pouvait travailler. Je regrette que lors du premier confinement les gens n’aient pas utilisé ce temps libre pour débuter de la préparation mentale. Surtout que la préparation mentale le travail que tu réalises ne prend pas
3 heures. Quand tu as des outils à travailler c’est 15, 20, 30 minutes ou 1h. Tu donnes le temps que tu veux mais c’est du travail régulier et après c’est à travers ta vie quotidienne. Être en alerte sur des choses. Quand je dis apprendre à s’écouter ce n’est pas qu’à travers mes outils mais à travers ce qui se passe dans ta vie. Comment j’ai réagi à tel évènement ? Comment le corps a réagi ? Quel message je me suis envoyé dans ma tête ? C’est ça qui fait que tu progresses ou pas.

J’ai déjà eu des personnes qui viennent de l’extérieur et qui ne travaillaient pas. Je leur fais comprendre que je ne suis pas magicien. J’ai un ou deux outils à proposer mais c’est via mon questionnement que je vais te mettre en réflexion et c’est toi qui as les réponses en toi mais tu ne les vois pas aujourd’hui donc il faut creuser en toi pour trouver les réponses à tes problématiques.

J’ai déjà eu une personne, que je ne suivais pas, une connaissance. Elle m’appelle, me raconte ce qui lui arrive et me demande de la conseiller. Je lui pose juste des questions et je lui demande comment elle s’est positionnée ? Comment elle a réfléchi ? Après une heure, la personne me dit que je l’ai aidé et je lui dis : « je t’ai juste posé des questions et tu y as répondu. Tu avais la réponse devant tes yeux. »

Dans quelques cas, c’est juste un questionnement comme ça et en aiguillant la personne ça va lui faire tilt, mais ça te montre bien que la réponse vient de la personne qui entame la démarche. Moi, j’aide via du questionnement et de l’outillage mais je ne suis pas conseiller. Je ne vais jamais dire « il faut faire ça ou ça ».

Des fois, c’est juste une écoute. Même sur un accompagnement, lors d’un doute tu retournes la question et la personne va trouver la réponse. Il ne faut pas négliger cela car des fois ce qui t’empêche de faire des grands pas c’est des petites gênes et elles te bloquent. Et juste la remise en question via quelqu’un d’extérieur ça te fait le déclic. Un proche va te le dire mais ça passe pas même si tu as beau le savoir mais quelqu’un de l’extérieur va te dire une chose et ça marche.

Alexis DE FREITAS : Maintenant si on s’intéresse au football, quelle est la place de la préparation mentale dans ce sport ?

Vivien DE ABREU : Aujourd’hui, la préparation mentale est un outil indispensable. On ne se pose pas la question de préparer son corps physiquement pour un sportif de haut niveau. Ca devrait être pareil sur le cerveau. Je prends l’exemple de Teddy Riner qui domine son sport depuis des années et qui continue à être accompagné sur la préparation mentale. Si quelqu’un comme lui continue à avoir ce recul, on ne peut pas se dire, je n’en ai pas besoin, je me sens prêt.

Aujourd’hui, on a fait des progrès. On commence à l’intégrer et la Fédération met des choses en place pour que les clubs jouent le jeu avec un préparateur mental ou un psychologue peu importe mais pour qu’il y est un accompagnement sur ce domaine.

C’est important on l’a vu avec le jeune de Manchester City, avec Yoan Cardinale qui a parlé sur Canal + de sa dépression suite à son changement de statut (gardien n°1 à 3 voir 4). Il y a plein de cas de figure qui peuvent être gérés. On parle de négatif mais ça peut être aussi positif avec l’optimisation d’une routine d’avant match par exemple même si elle est déjà performante elle peut encore être améliorée.

Alexis DE FREITAS : Y a-t-il une différence d’accompagnement en fonction des postes ?

Vivien DE ABREU : Les outils vont être les mêmes pour les cas des gardiens et des joueurs de champ, mais l’utilisation des outils peut être différente. Pas forcément par rapport au poste mais à la sensibilité et qualités physiques, psychiques de la personne.

D’ailleurs, il faut mettre en avant le travail de Brice Morin au niveau du centre de formation. Il est investi à 2000%. C’est super ce qu’il met en place pour les gardiens. On a monté un projet tous les 2 concernant les gardiens de but. On fait du travail collectif et derrière on individualise.

Effectivement, le poste de gardien de but est atypique. Il est souvent isolé. Quand l’attaquant loupe un duel on lui tape sur les doigts, mais si tu gagnes 3-0 on oublie. Mais si le gardien fait une erreur, prend un but même si tu gagnes 3-1 tu vas quand même lui taper sur les doigts derrière. Il y a cette dimension qui est largement différente mais l’outil reste le même. C’est dans l’accompagnement et la différence des hommes que l’on va trouver des choses.

Alexis DE FREITAS : Du côté de Sochaux, quelle vision on a de la préparation mentale ?

Vivien DE ABREU : Le centre de formation est investi à fond ! Jean-Sébastien Mérieux me contacte tous les ans pour me dire on remet en place et pour voir ce que l’on va faire. Il y a des débriefings. Ce n’est pas juste on met des heures pour mettre des heures, il y a un vrai suivi !

Brice Morin, sur les gardiens de but, est toujours à me demander des debriefs. Evidemment les debriefs, il y a le secret professionnel, côté déontologique, ou le contenu de la séance ne regarde que la personne qui vient me voir et moi-même. Par contre, eux, c’est les axes de travail qu’ils connaissent, si les personnes s’investissent, ne sont pas en retard… Dans tout ce suivi-là ils sont vraiment à fond et persuadés de l’importance du projet.

Les jeunes, souvent, n’identifient pas cela comme un besoin essentiel. Pour moi, ce besoin devrait exister depuis 20 ans. Quand tu prends des anciens pros, au centre ou ailleurs, ils disent tous « à leur âge on aurait dû avoir cela. Ca nous a manqué. » Aujourd’hui on commence à se rendre compte de ce besoin. C’est primordial !

Il y a des jeunes qui le comprennent bien, vraiment impliqués à fond. D’autres viennent par curiosité. Il y a la présentation au début de l’année mais tant que tu ne mets pas le pied dedans tu ne sais pas à quoi ça ressemble. Il y en a qui accrochent, d’autres moyen, d’autres pas du tout. Libre à chacun.

Tu n’es pas obligé d’aller au bout après avoir commencé le processus. Tu peux dire « je me retire, cela ne me convient pas. » C’est totalement personnel. Il faut qu’il y ait ce feeling car il y a une partie où tu te confies à l’autre. On va parler de chose extra sportive, puisque leur vie personnelle implique évidemment leur performance.

Par contre, il y en a énormément qui viennent et sont impliqués à fond. Il faut le mettre en avant. Ils ont cette vision de « je suis au FCSM mais ça ne s’arrête pas à cette saison. Pourquoi je suis ici ? Pour devenir professionnel mais ça ne s’arrête pas à là je veux faire une carrière. Du coup, je me prépare maintenant pour récolter les fruits plus tard ». Il y a des joueurs que j’ai accompagnés, ils sont pros à Sochaux et ailleurs, ils ont fait cette démarche-là et ils l’ont bien intégré.

Mais on ne parle pas que football, car si par malheur tu n’es pas conservé, il faut pouvoir rebondir. Quand tu te fais sortir d’un centre psychologiquement, tu es au plus bas. Tu te dis « j’ai fait tous ces sacrifices, plus l’éloignement de la famille, des amis pour les non locaux pour ce résultat-là. » Si tu as pris le temps de travailler d’autres centres d’intérêt, d’autres passions, sans remettre en question tes objectifs premiers, ton investissement, ta détermination, derrière tu peux te dire je vais me diriger dans un secteur qui me plaît.

Le joueur qui vient et qui arrête ou celui qui ne veut pas venir on ne peut pas lui jeter la pierre car il y a une démarche très personnelle. Il faut pouvoir être prêt à se livrer et à parler de soi même, de choses très personnelles. Ils me voient en début d’année quand je me présente mais ils me voient pas aux entrainements. On leur dit que je vais rien dire aux coachs, le contenu de la séance, mais il peut toujours y avoir une méfiance puisqu’on leur dit, et c’est logique, de ne pas faire confiance à tout le monde. Parce que derrière faire confiance aux mauvaises personnes peut avoir un impact sur leur carrière.

Des fois la confiance ne vient pas du premier coup, même avec un particulier, il faut plusieurs séances pour construire une relation de confiance mutuelle et que derrière ça enclenche vraiment. Il faut de la patience. Un joueur pas prêt aujourd’hui peut être prêt dans un ou deux ans. J’ai déjà eu le cas au centre d’ailleurs.

Alexis DE FREITAS : Comment vous arrivez à mettre cela en place ?

Vivien DE ABREU : Tous les mardis soir j’interviens au centre. Je commence à 18h00 et je fais 3 séances d’1h00. Tout le côté administratif c’est le centre qui le gère.

Au début de saison, j’arrive et je présente à chaque catégorie ce qu’est la préparation mentale car il y a des nouveaux qui arrivent chaque année. Il faut bien que les jeunes voient ce que c’est et dédiaboliser ce côté préparation mentale = maladie. Et même s’il y a des personnes « malades » ce n’est pas une honte et je peux les voir.

D’ailleurs, c’est très bien de voir Yoan Cardinale parler de sa dépression à la télévision. Ce n’est pas la honte ! Aujourd’hui, quand tu as la grippe ce n’est pas la honte donc pourquoi un problème psychologique ça le serait. C’est indépendant de ta volonté.

Il faut donc expliquer ce qu’est la préparation mentale, que ça ne sert pas que pour les côtés négatifs. Ensuite, on présente le projet, comment il se découle. Aujourd’hui, séance collective, prochaine fois séance individuelle… Le joueur qui est volontaire va voir M. Mérieux ou la scolarité. Il donne son nom, s’inscrit. Le planning est géré et moi je viens m’occuper directement du joueur.

Pendant les séances, je prends des notes. Je tape tout à l’ordinateur et j’envoie le compte rendu au propre à la personne concernée avec tout ce qu’il s’est dit. Quand je reviens mes séances sont préparés en amont et je sais ce qu’il y avait à faire, sur quoi on va parler hormis la partie qui est plus libre où il y a cette part d’inconnue assez existante. Il faut que tout soit calibré parfaitement avant la venue du joueur.

Alexis DE FREITAS : Est-ce que tu as une anecdote à nous partager, un moment qui t’a marqué ?

Vivien DE ABREU : Il y a quelques années, il y avait un match à enjeu. Je dis au coach « tu devrais faire attention à ce joueur ». Il me répond « c’est le meilleur, il va les exploser. Il est là pour jouer ce genre de match. » Je lui dis « il est pas prêt. » Au final, le gamin est passé totalement à côté. Je l’avais en suivi et il ne travaillait pas et m’a avoué qu’il possédait les outils mais ne les avait pas travaillé. Et, tu vois, le coach lui même disait que ça ne servait à rien.

Le foot c’est particulier. Faire rentrer quelqu’un de l’extérieur dans l’intimité du vestiaire ça peut faire peur. J’ai déjà eu des réponses négatives quand je propose d’intervenir sur des stages de début de saison. Moi mon objectif c’est que l’on regarde ensemble ce que tu met dans ton stage et qu’est ce qu’on peut incorporer dedans pour que ça soit encore plus pertinent. C’est toujours toi le maitre de la situation et les joueurs ne savent même pas que je suis intervenu. Mais tu peux toujours avoir des blocages avec des idées type « pas besoin de ça, il doit être fort. »

Le tennis ça fait 15 ans qu’ils ont des préparateur mental. Le foot on est les plus médiatisé mais on est en retard sur énormément de domaines à cause de la non confiance à l’extérieur et des habitudes…

Alexis DE FREITAS : Et toi, personnellement, tu souhaites encore développer tes connaissances ?

Vivien DE ABREU : Sur le plan personnel, je fais partie des gens qui se disent qu’on n’est jamais formé à 100%. Je souhaite ajouter d’autres cordes à mon arc via des formations sur l’hypnose, la PNL… Ca m’intéresse beaucoup, pour aller me former sur d’autres méthodes, m’enrichir. Chaque cas de figure étant différent à chaque fois tu découvres une autre manière de réagir à tes outils ou une manière différente de réagir. Tu peux faire le comparatif d’ailleurs avec des problématiques identiques mais pas les mêmes réactions. Tu apprends tout le temps.

Il y a aussi cette volonté de me former aux outils de sophrologie ou d’hypnose pour pouvoir les manier un petit peu et les intégrer dans mes accompagnements. Il y a des leviers qu’on peut soulever grâce à ces outils.

mental force

La sophrologie, j’utilise modestement quelques outils qui en sont issus comme les différents types de respirations, de cohérence cardiaque…. Mais je pense que je pourrais aller plus loin. J’ai fait une première formation me permettant d’avoir une première méthodologie, d’accompagner, d’avoir de l’outillage mais plus j’ai des outils à ma disposition mieux c’est même si je n’utilise pas tout.

Le but ce n’est pas d’avoir tous les outils et de dire tiens utilise tout ça. C’est du cas par cas. Mais plus tu en as à ta disposition et plus tu as d’option. C’est ce que j’explique aux jeunes du centre : « aujourd’hui, tu viens pour telle problématique mais je te donne aussi ça même si tu en as pas besoin aujourd’hui car je sens que plus tard tu pourrais en avoir besoin. Travaille le en perspective de ta carrière. »

Alexis DE FREITAS : Pour finir, qu’est-ce que tu dirais à une personne qui traverse une période difficile type dépression ?

Vivien DE ABREU : Ce n’est jamais une période facile. Il y a des pics où tu vas mieux puis ça retombe puis ça va mieux. C’est un peu les montagnes russes. La difficulté c’est de ne pas sombrer, de ne pas se laisser aller.

Moi quand je travaille sur cela, j’aime bien que la personne soit déjà accompagnée par un psy’ car on ne gère pas les mêmes choses. J’aime bien dire aux gens qu’il faut réoxygéner l’estime de soi c’est-à-dire qu’il faut développer d’autres centres d’intérêt car dans cette situation c’est qu’il y en a un qui est défaillant et qui vient t’impacter sur la gestion des émotions. Le fait de développer d’autres centres d’intérêt où tu as une vraie prise de plaisir ou d’énergie c’est ce qui va t’aider à rééquilibrer l’estime de soi. Ce n’est pas la seule chose à faire mais si tu peux faire cela ça va t’aider.

La première chose c’est faire un listing de tout ce que tu aimes faire dans la vie même si actuellement tu accordes 0% de ton temps à une activité. Après tu viens mettre les pourcentages de temps que tu accordes à chaque activité et tu mets bien le 0% comme cela ça te fait réagir direct. Ensuite, tu remets les piliers de ta vie dans un ordre croissant, de ce que tu aimes le plus à ce que tu aimes le moins. Le but après c’est d’essayer de réorganiser ta vie pour redonner du temps à toutes ces choses-là que tu aimes mais auquel tu accordes trop peu de ton temps. Le travail tu peux pas gérer, plus ou moins, le temps par rapport à ça mais sur l’extérieur il faut prendre de l’énergie ailleurs, prendre du plaisir. L’idée c’est d’essayer d’avoir un effet contrebalance avec le côté négatif.

Autre exemple : Avant d’aller se coucher, quand on est dans le lit dans le noir, c’est le moment où tu réfléchis et souvent quand tu es dans une mauvaise période tu ne penses pas positif donc tu t’endors sur du négatif, tu broies du noir. Moi ce que je propose c’est de prendre note sur ta journée des choses positives qui se sont déroulées (l’aide à une personne, un compliment…) et le soir avant de te coucher tu relis ces moments-là tu les revis et tu t’endors sur du positif du coup.

Ca t’aide, dans ton quotidien, à te mettre dans cette démarche de dépenser l’énergie pour aller chercher du positif au lieu de t’attarder sur du négatif où tu dépenses de l’énergie pour rien. Même dans les moments où tu perds un proche (pire période selon moi) tu peux trouver du positif. Il faut juste être attentif voir ce qui passe dans ton environnement personnel et qui vient t’impacter. Les petits plaisirs du quotidien que tu arrives à desceller et savourer.

Mais faire le constat est déjà le premier pas.


Toute La Bande à Bonal et moi-même remercions Vivien DE ABREU pour le temps qu’il nous a accordé et lui souhaitons une bonne continuation avec toute la réussite possible pour atteindre ses objectifs ! Pour les personnes qui souhaiteraient contacter Vivien, dans le cadre d’un éventuel accompagnement par exemple, vous retrouverez ci-dessous tous les moyens possibles pour pouvoir échanger avec lui :

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Auteur: Alexis De Freitas

Spécialiste des jeunes du centre du FCSM (CFA aux U15), auteur à La Bande à Bonal et à Espoirs du Football, consultant Radio de Soyons Sport ⚽

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