Benoît Pedretti « J’aimerais être un jour entraîneur principal »

A quelques heures du match Sochaux – Nancy, Benoît Pedretti a gentiment accepté de répondre à mes questions : retour sur sa carrière, mais aussi sur sa nouvelle fonction d’entraîneur adjoint.

La Bande à Bonal : Bonjour Benoît, les sochaliens vous connaissent en tant que joueur mais depuis 1 an, vous avez pris votre retraite professionnelle pour embrasser une carrière dans l’encadrement des joueurs et devenir l’entraîneur adjoint de Nancy aux côtés de Patrick Gabriel puis dorénavant d’Alain Perrin. Quels sont vos premiers ressentis dans votre nouvelle fonction ?

Benoît Pedretti : C’est très intéressant comme travail mais ce n’est pas un métier évident comme ce qu’on pourrait penser lorsqu’on est joueur. Cette fonction demande énormément de travail, de nombreux visionnages de matchs.

La BàB : Être l’entraîneur principal de l’AS Nancy-Lorraine, si on vous le propose vous acceptez ? Dans un autre club ? À Sochaux ?

BP : Oui, j’aimerais être un jour entraîneur principal. Mais c’est un métier totalement différent, il faut passer des diplômes. J’ai le temps d’apprendre ce travail et j’ai  également une chance d’évoluer aux côtés d’Alain Perrin qui est un entraîneur réputé, qui a gagné des titres et qui est passé par les plus grands clubs français. C’est très bien pour ma formation.

La BàB : Pourquoi avoir accepté cette proposition de devenir entraîneur adjoint?

BP : C’était suite à un problème à mon genou. J’avais de l’arthrose. C’était de plus en plus compliqué tous les jours. Ça devenait compliqué d’enchaîner, je prenais moins de plaisir à cause de cela. J’ai eu cette opportunité et tout de suite je me suis dit que ça pouvait être l’occasion de préparer mon après carrière et je m’y suis investi directement. Ça fait maintenant un an que j’ai fait le choix cette voie et je ne regrette absolument pas !

La BàB : Depuis son retour en Ligue 2, Nancy a des difficultés du point de vue sportif ; que manque t-il selon vous à l’équipe pour permettre au club d’enchaîner une série de résultats?

BP : Déjà l’équipe va mieux, on a réussi à faire un bon mercato d’hiver en améliorant l’équipe. Mais plus il y a de nouveaux joueurs, plus il faut de temps pour que tout cela se mette en place. Actuellement on est sur deux bons résultats alors j’espère que l’on va enchaîner et que cette série va continuer encore un peu.

La BàB : Si elle peut continuer après le match de Sochaux…

(Rires)

La BàB : Sochaux connaît aussi des problèmes sur le terrain mais aussi en dehors. Deux clubs fort de l’Est de la France qui sont en difficulté, comment cela peut-il s’expliquer selon vous ?

BP : C’est difficile dans l’Est. Il y a eu Strasbourg qui a eu un moment de galère et qui est remonté, Metz aussi est descendu en national. C’est chacun son tour, on va dire. Ça fait quelque années à Sochaux que la situation est assez dure, avec le changement de propriétaire. Du côté de Nancy, on a eu du mal à gérer la descente en Ligue 2, le président cherche à vendre, il faut un nouveau rebond quelque chose de nouveau pour repartir de l’avant. Mais nous subissons les conséquences d’un mercato d’été un peu raté et l’on se retrouve vite dans la difficulté.

La BàB : Quel est votre ressenti au vu de la situation au FC Sochaux ?

BP : Je suis de la région, je viens d’Audincourt, donc c’est forcément difficile de passer la main : les gens ont du mal à retrouver l’identité du club car Sochaux ça a toujours été Peugeot. Le stade est presque dans l’usine. C’était l’image du club. Là, passer à un actionnaire chinois c’est compliqué, les résultats n’ont pas suivi… et puis cet été une grande incompréhension, comment un club comme Sochaux peut devenir une filiale d’un club espagnol ? Un actionnaire chinois, des décideurs espagnols, je pense que les supporters et même les joueurs ne s’y retrouvaient plus. C’était vraiment n’importe quoi. Heureusement Baskonia est parti et c’est mieux : un club comme Sochaux, on ne peut pas s’en servir comme un club “réserve” d’un club espagnol. J’espère que dans un avenir proche le club remontera au niveau où il a pu être à une certaine époque .

La BàB : La vente du club est-elle une solution pour redorer le blason sochalien ?

BP : Si les investisseurs ne mettent pas d’argent et qu’ils laissent le club en l’état, ça va devenir difficile. Je vois qu’il y a des terrains d’entraînement qui ne sont pas entretenus. Ça ne peut pas durer des années et des années comme cela, c’est impossible. Alors, soit il y a des moyens d’investir un peu d’argent pour permettre au club de repartir de l’avant, soit, oui, il faudra quelqu’un de nouveau au club qui a un projet d’avenir pour Sochaux.

La BàB : Nous allons désormais parler un peu de vous, quel a été votre meilleur mais aussi votre pire souvenir en tant que joueur ?

BP : Des meilleurs souvenirs j’en ai gardé plein : être international par exemple, il y a rien de plus beau que de représenter son pays. En club, il y a eu la victoire en Coupe de la Ligue en 2004 avec Sochaux, c’était un moment extraordinaire. Il y a eu aussi avec Auxerre la qualification en Ligue des champions alors qu’on ne nous attendait pas. Pour un club comme Auxerre c’était énorme !

Après, en pire moment je pourrais dire la Coupe de la Ligue 2003 perdue avec Sochaux. C’était un moment compliqué, on s’est vu trop fort et ça nous a mis un gros coup derrière la tête. Il y a aussi les relégations avec Ajaccio et Nancy qui ont été dures à vivre car descendre de Ligue 1 à Ligue 2 ce n’est pas facile.

©AFP

La BàB : Après être parti de sochaux vous enchaînez une saison à Lyon puis à Marseille sans jamais réussir à vous imposer. C’est alors que vous arrivez à Auxerre, pourquoi ce choix ?

BP : À Marseille ça s’est plutôt pas mal passé. Après, je suis ne resté qu’un an car il y a eu un peu des choses extra sportives. Du côté de Lyon j’ai manqué de temps de jeu, j’étais dans un grand club qui jouait la ligue des champions, j’étais frustré d’être sur le banc. Puis, j’ai signé à Auxerre car Jean Fernandez qui était l’entraîneur à l’époque. Il me connaissait du temps où j’étais à Sochaux. Il est venu me chercher, il me voulait et c’était un entraîneur avec qui je savais que j’allais bosser. Repartir d’en bas dans un club, on va dire moins huppé, ça m’a fait du bien. Et ça m’a permis de rebondir.

La BàB : En tout dans votre carrière professionnelles vous avez connus 7 clubs, lequel vous à le plus marqué ? Et pourquoi ?

BP : Il y en a deux qui m’ont marqué, bien évidemment Sochaux : c’est là où j’ai commencé ma carrière, étant natif de la région, c’était super et on avait un super groupe ! Et puis bien sûr Auxerre parce que je me suis relancé et il y a eu cette qualification en ligue des champions. Il y avait aussi un super groupe ce qui était très sympa. Le foot c’est bien, mais avoir un bon groupe et passer de bons moments, c’est important. Les autres clubs où je suis passé, c’est lors de passages assez courts on va dire, mais ça reste de bons souvenirs quand même.

La BàB : Vous venez d’être sélectionné joueur emblématique du FCSM pour la période allant de 1988 – 2003 en compagnie de Faruk Hadzibegic et de Pierre-Alain Frau. Qu’est ce que cela vous fait de voir que vous êtes quelqu’un d’important pour le public de Bonal?

BP : C’est une fierté, quand on connaît le passé du club, les grands noms passés par là. À cette époque il y avait Stéphane Paille, Mecha Bazdarevic :  des joueurs incroyables! Je suis du coin comme je l’ai dit et depuis tout petit j’allais à Bonal, donc c’est une grande fierté. Dans un club, on est que de passage. Alors si on arrive à laisser une marquer, c’est un grand honneur. Il y aura des joueurs qui vont nous dépasser et permettre à Sochaux de redevenir un grand club.

La BàB : Vous avez gardé contact avec vos anciens coéquipiers de Sochaux ?

BP : Oui bien sûr, Pierre-Alain Frau, je l’ai de temps en temps au téléphone et on se voit une fois par an, Omar Daf aussi ainsi que Freddy, c’est toujours un plaisir de les revoir, de discuter un peu avec eux et se remémorer les bons souvenirs.

La BàB : Lors de votre arrivée à Nancy vous avez côtoyé pendant une saison Clément Lenglet, parti ensuite à Séville puis à Barcelone. Comment expliquez vous cette réussite ?

BP : Déjà c’est un super jeune et un super joueur, très bon défenseur avec un jeu qui s’adapte très bien au jeu espagnol. Après c’est quelqu’un de sain, travailleur et à l’écoute, il a tout pour réussir et il a la tête sur les épaules. Partir à Séville juste après Nancy c’était déjà super et le voir maintenant à Barcelone, c’est juste exceptionnel ! C’était une grande fierté pour moi d’avoir joué avec lui et j’espère qu’il jouera avec l’équipe de France car il a le niveau pour y être. Actuellement on n’a plus de joueur comme ça dans le centre car on est obligé de vendre rapidement, étant un club de ligue 2. Si une offre intéressante nous parvient on l’accepte car ça ne peut pas se refuser.

La BàB : La ligue 2 est elle un frein pour garder les bons joueurs issus du centre de formation ?

BP : Être en Ligue 2 est un frein évident afin de garder nos jeunes prometteurs aux clubs et pouvoir les vendre plus tard à un prix plus élevé. Ils intéressent de nombreux clubs lorsqu’ils font une à deux bonnes saisons en ligue 2. L’intérêt de club de ligue 1 ou même de l’étranger fait que l’on ne peut pas les garder autant qu’on le souhaiterait.

La BAB : Des jeunes vous ont ils marqué lorsque vous étiez à Sochaux ?

BP : Il y a bien évidemment Jérémy Ménez qui était venu faire quelques entraînements avec les pros à 16 ans. Il a fait une très très bonne carrière, aurait-il pu faire mieux ? Je sais mais ce qu’il a fait est déjà super. Après le haut niveau ça se joue aussi dans la tête et c’est peut-être ce qui lui a manqué.

La BàB : Pour finir, votre pronostic pour le match de vendredi ? Avez-vous un mot pour les supporters de Sochaux ?

BP : Je vais pronostiquer un match nul 1-1, on s’attend à un match assez compliqué. Sochaux est à 2 points devant nous ça peut être un match charnière. Si Sochaux gagne ils reprennent un petit écart et si on ne perd pas au pire on garde ce même écart. Ce match n’est pas décisif, mais il est important dans la saison. Pour les supporters c’est super qu’ils soient revenus, ça va être sympa comme match.

La Bande à Bonal et moi même remercions le club de l’Association Sportive Nancy Lorraine d’avoir autorisé cette interview ainsi que Benoît Pedretti d’avoir répondu à nos questions et nous leurs souhaitons une bonne continuations.

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Auteur: Florian Bolmont

Je suis un peu le obélix du foot, je suis tombé dedans depuis mon enfance.

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