Les stats L2 à mi-saison

Nous vous proposons un bilan statistique de la Ligue 2 à mi-saison, en se concentrant sur la volumétrie et les zones de tirs. Toutes ces données sont issues d’une collecte et d’un calcul fait maison, dont la méthode est expliquée dans cet article. Le bilan est consultable par équipe et par joueur. Depuis le début de saison, c’est donc 4537 tirs qui ont été codés. Sur ces 4537 tirs, 35 % ont été cadrés, 11 % ont fini au fond des filets.

Parole à l’attaque

Ce premier graphique présente le rapport entre le volume des tirs – où Nîmes se distingue encore et toujours par sa productivité – et la qualité des tirs, dominée de manière tout à fait spectaculaire par l’AC Ajaccio. En bref, Ajaccio tire peu, mais privilégie des tirs particulièrement dangereux, quand Nîmes tire beaucoup, mais avec une qualité des occasions inférieure à la moyenne.

Mis à part Quevilly qui se situe dans la moyenne presque parfaite de la ligue 2, les équipes en difficulté se retrouvent dans le cadran en bas à gauche, qui signale des difficultés soit sur le volume de tir (Bourg, Gazelec), soit sur la qualité des occasions (Tours, Auxerre).  Côté mal classé, Lens est l’exception qui confirme le redressement aperçu lors de notre analyse au tiers de la saison.

Avec 269 tirs comptabilisés, Sochaux est une des équipes qui frappe le plus au but par match. Seul Lorient avec 270 frappes et l’exception Nîmoise avec 314 frappes font mieux.

Affinons un peu ses chiffres en ne gardant que les tirs cadrés réalisés dans le jeu (en enlevant donc toutes les phases arrêtées).

Si Sochaux reste dans le haut du panier en volume, les jaunes et bleus décrochent complètement sur la qualité des occasions créées avec le pire chiffre de la ligue 2 ! Avec seulement une moyenne à 9,84 % de chance de marquer, on touche là un de nos problèmes de la première partie de saison : la difficulté à se procurer des occasions vraiment dangereuses lors de nos temps forts.

Le Paris FC a les mêmes soucis alors que les Brestois performent dans le jeu, surement la patte Furlan. En enlevant les coups de pieds arrêtés, les crocos rentrent dans le rang des bonnes équipes de ligue 2 mais à contrario, les accéistes accentuent leur singularité avec une moyenne de plus de 20 % de chances marquer sur chaque occasion créée ! En queue de classement, Auxerre et Orléans montrent des signes inquiétants pour la suite.

Si l’on zoome sur l’ensemble des actions sochaliennes et les zones de tirs, on peut affiner notre analyse en distinguant les volumes entre les matchs à Domicile et à l’Extérieur.

Le premier constat, Sochaux tire très peu dans les 6 mètres. Ce n’est pas un hasard si les buts qui nous restent en tête dans la première partie de saison sont les exceptionnelles frappes de loin de Martin, qui relèvent toujours de l’exploit difficilement répétable sur le long terme.

Dans la surface, on constate une différence entre les matchs à domicile et à l’extérieur : il y a plus de tirs, et donc de buts à domicile. Les difficultés à l’extérieur se traduisent par un important volume de tirs entre 25 et 30 mètres et même s’ils sont souvent cadrés, le taux de réussite à cette distance est divisé par 3. Sochaux présente ainsi un taux de 56 % de tirs en dehors de la surface, le plus haut de la ligue 2, sur les matchs à l’extérieur : pour viser plus haut, il va falloir trouver des solutions pour améliorer la qualité des occasions.

Penchons nous sur le modèle Ajaccien

Au premier coup d’œil on voit tout de suite la différence avec Sochaux : moins de tirs éloignés, avec des buts qui ne sont marqués que depuis la surface de réparation. A l’extérieur, ce sentiment s’accentue avec plus de 50 % de tirs cadrés depuis la surface de réparation. Avec 56 % de ses tirs dans la surface dont 48 % cadrés, Ajaccio tient la clé du succès. Attention tout de même : la qualité des tirs est une chose, mais le faible volume oblige à être efficace à chaque fois.

Parole à la Défense

Sur le plan défensif nous pouvons comparer le nombre de tirs subis avec la qualité moyenne de ces tirs. Avec ce premier graphique, le mal sochalien est flagrant : si au global, l’équipe subit un nombre d’occasions dans la moyenne de la ligue 2, les sochaliens concèdent les occasions les plus dangereuses du championnat.

Dans cette partie droite du cadran, aux côtés du FCSM, on retrouve toutes les équipes en difficulté du championnat ! Les équipes de tête compensent soit par un faible volume d’occasions concédées soit par une faible dangerosité des tirs concédés. Ajaccio continue de cultiver son exception (insulaire), avec la moyenne d’occasions concédées la plus faible avec 8,7 % de chances de prendre un but par occasion.

En affinant sur les tirs cadrés concédés dans le jeu, la différence entre le FCSM et ses concurrents pour la montée, puisqu’on joue la montée en 2018, se creuse un peu plus ! Pour chaque tir cadré concédé, la chance de prendre un but est de 17% pour les sochaliens, là où le peloton de tête tourne en moyenne à 10 %. Seul Nîmes et Brest concèdent des occasions plus dangereuses avec des moyennes à 13 %. La solidité reimoise saute au yeux avec le meilleur rapport volume/dangerosité de ligue 2.

Lorsque l’on regarde la répartition par zone des tirs subis dans le jeu, le gruyère défensif à domicile d’octobre pèse pour beaucoup dans la balance, mais on met le doigt sur le problème numéro 1 des jaunes et bleus. Problème qui a l’air d’être en partie résolu pour le moment, mais qu’il faut garder à l’esprit.

Zoom sur Reims : l’équipe la plus performante au plan des défensif. Si 50 % des tirs subis dans la surface par Reims sont cadrés, cela ne représente que 46 % de leurs tirs totaux subis. Avant toute chose, Reims réussit donc à repousser ses adversaire de la surface et s’appuie donc sur une assise défensive à toutes épreuves.

Jouons aux prédictions

En conclusion, au vu des lacunes mises en lumière sur la première partie de saison, le classement du FCSM est plutôt flatteur. Sur la fin d’année, Zeidler a su trouver des solutions en défense malgré l’avalanche de blessures/suspensions. Il va falloir démontrer que cette solidité retrouvée n’est pas simplement le jeu du hasard. Devant, il faut trouver la bonne association de joueurs, car ils sont nombreux à postuler au côté de Kalulu qui semble indiscutable.

Concernant les autres équipes de tête, Reims et Nîmes ont montré sur la durée que ces deux clubs possédaient les armes pour se battre pour la montée, mais derrière tout reste ouvert pour Le Havre, Brest, Lorient, voir peut-être Ajaccio qui n’est cependant pas à l’abri d’une mauvaise série vu le faible volume d’occasions. Plus loin, la surprise pourrait aussi venir de Clermont ou du Paris FC, qui restent quand même très inconstants.

En queue de peloton, le retard pris par Tours semble insurmontable, mais l’espoir reste crédible tant Bourg et Quevilly semblent en manque de solution tant défensivement qu’offensivement. Pour Lens, les stats au tiers de la saison annonçait une amélioration que les résultats et le bilan à mi-saison confortent. Cela devrait être suffisant pour finir la saison sereinement ce qui ne sera surement pas le cas d’Auxerre ou Nancy qui ne sont pas à l’abri de l’accident industriel. En terme d’indicateurs, ces deux équipes sont très proches du bas de classement et on sait qu’en football, une spirale négative est difficile à endiguer.

3

Auteur: BonalBoy

Abonné depuis 1999 chez ce bon vieux Auguste. En tournée dans toute la France quand le vent le permet.

Commentez