Salem Mbakata : portrait d’un bosseur

Salem Mbakata, 19 ans, débute sa 3ème saison au sein du centre de formation du Football Club Sochaux-Montbéliard. Retour sur ce cadre de l’équipe réserve de National 3 qui aspire à une place dans le groupe professionnel. Salem Mbakata a gentiment accepté de se présenter pour nos lecteurs, accompagné par ses anciens éducateurs. Il retrace son parcours, depuis ses débuts, dans sa passion qui pourrait devenir, à court terme, son métier. Grand portrait d’un grand bosseur !

Etat Civil

Date de naissance : 19/04/1998
Lieu de naissance : Kinshasa (République Démocratique du Congo)
Taille : 1,77 cm
Poids : 72 kg
Poste : Arrière droit
Meilleur pied : Droit
Agents : Finitus Sports International Consulting (depuis 3 ans)

Ses débuts à Mée et Brétigny

Salem débute le football assez tardivement, puisqu’il ne commence qu’en benjamin première année. « J’ai commencé à jouer au Mée Sports Football (ndlr : club situé dans le 77 à Le Mée-sur-Seine, sa ville d’origine) où je suis resté 5 ans. J’ai d’ailleurs été champion d’Île de France lors de cette aventure. Ensuite, je suis parti pour Brétigny où je ne suis resté qu’une année. Après cette année, j’ai signé mon premier contrat aspirant avec mon club actuel, le FC Sochaux-Montbéliard. »

C’est Christian PUXEL, observateur pour la zone Île-de-France œuvrant sous la direction de Jean-Sébastien MERIEUX, qui le repère durant sa saison avec Brétigny en 2014. « Je crois qu’il me remarque lors d’un match contre le FC Mulhouse . Ensuite, j’ai fait un essai de 3 jours qui a été concluant. Après ce stage, j’ai reçu une réponse positive du directeur, M. HELY. A ce moment j’étais très content parce que c’était vraiment un objectif d’intégrer un centre de formation. »

Il nous confie avoir directement accepté la proposition du club, choix qui lui semblait évident : « J’ai décidé de rejoindre le FCSM parce que l’on connaît la réputation du club en matière de formation : elle est vraiment très bonne ! De plus, au niveau scolaire le club est vraiment performant aussi donc ça ne peut qu’encourager à vouloir apprendre le métier ici. »

Le regard de ses éducateurs

Jonathan Poblah (qui l’a côtoyé au Mée Sports et à Brétigny) et Stéphane Colombel (Brétigny) ont accepté de nous raconter les premières années de Salem.

Jonathan POBLAH (Mée Sports et Brétigny) : Je l’ai connu dès qu’il a commencé le foot au Mée Sports. À l’époque, les benjamins devaient faire 3 saisons. Salem faisait sa première année en U12. Moi, j’étais responsable des U13. Il a été très vite à l’aise. On a vite vu que c’était un garçon qui serait amené à progresser. Bien sûr, c’était beaucoup trop tôt pour dire jusqu’où il pouvait aller, mais on a tout de suite vu de vraies qualités chez lui.

Il a été vraiment bien, dès le début, au niveau de l’état d’esprit et l’investissement. Il a la particularité d’avoir compris qu’il fallait tout le temps travailler. Mais ça vient aussi de son éducation familiale. C’était un vrai travailleur ! Je me souviens de lui au Mée, avant d’aller à Brétigny, il prenait son ballon et venait s’entraîner tout seul 1h-1h30 avant la séance d’entrainement.

Il n’avait pas de retard, même en débutant en Benjamin. À cet âge-là, il n’y a pas de grosses différences athlétiques entre un garçon qui a déjà passé un ou deux ans ou un qui débute. Par contre, il était largement au dessus techniquement. Je pense même qu’il était en avance. Il était passionné par ce qu’il faisait et c’est ce qui l’a toujours animé. J’ai le souvenir de l’avoir vu en larmes à plusieurs reprises quand il perdait des matchs, même en grandissant en U15…

Ce que je retiens de lui c’est l’évolution d’un garçon qui est arrivé en sortant, un peu, de nulle part. Il n’avait pas le cursus lambda avec des débuts en U19-U10-U11. Mais c’était un garçon avec plein de qualités qui a travaillé, progressé, et est devenu en U15-U16 un véritable espoir du foot Seine-et-Marnais à l’époque. C’était un dribbleur. Il aimait percuter et marquait beaucoup de buts. Un véritable joueur offensif ! On a attendu beaucoup de lui assez vite. Il a toujours été surclassé, en tant que première année, toujours en équipe une. Vraiment un garçon prometteur !

Il s’est donné les moyens d’atteindre ses objectifs. J’en ai souvent et longuement parlé avec lui. Il a des rêves plein la tête, il a envie de faire de belles choses. C’est la preuve vivante qu’effectivement quand on veut et se donne les moyens en travaillant, même si ce n’est pas gagné d’avance, on peut y arriver.

Le hasard a fait qu’on est arrivé la même année à Brétigny. Il a rejoint directement le groupe des U17 Nationaux. Moi j’étais avec l’équipe 2, les U17 DH. On a toujours su qu’il pouvait franchir le cap, même si c’est compliqué à 15-16-17 ans de dire si un garçon intégrera un centre et sortira derrière. À Brétigny, au niveau national, il explose encore plus. Il a fait une très belle saison où il finit meilleur buteur du club. Il y avait des signes qui montraient qu’il pouvait certainement bien faire.

Stéphane COLOMBEL (Brétigny) : À son arrivée à Brétigny, c’était moi le responsable des U17 Nationaux. Jonathan POBLAH est arrivé la même année, sur l’équipe DH. Ils se sont retrouvé, sans que Salem soit vraiment informé, alors qu’il le connaissait depuis des années. Dans la région, par notre cellule de recrutement de club formateur, on avait quelques réseaux qui nous l’avaient un peu signalé.

Salem est arrivé à Brétigny en passant le concours du sport-étude. C’est là qu’on a eu les premiers contacts avec lui. Dès le premier jour, on était sûr qu’on allait le faire rentrer à la fois sur le plan football et scolaire. Il restait le plan humain à découvrir derrière mais on n’a pas été déçu car c’était un garçon très attachant, respectueux et travailleur. Ça a vite marché.

L’histoire avec Sochaux a commencé dès le premier match de championnat U17 nationaux où l’on reçoit justement le FCSM. Salem est remplaçant et ne rentre pas. On avait pris 16 joueurs et, au vu des événements, on avait décidé de ne pas le faire rentrer. Il n’a donc pas joué ce premier match, gagné 1-0. Il avait boudé un petit peu. Offensivement, c’est un garçon qui apportait beaucoup, mais j’avais fait un choix plus défensif. Derrière, il n’était pas frustré, à continuer à travailler et s’est imposé rapidement comme un garçon inévitable sur le front de l’attaque. Il jouait plus dans le couloir avec nous, a fait une belle saison et a marqué une dizaine de buts.

Même à son arrivée, il n’a pas douté. Il y a eu ce petit épisode du premier match qui lui a fait comprendre qu’à ce niveau il y avait aussi un autre travail à faire que juste attaquer. Dans le couloir, il y a aussi du travail défensif, qu’il survolait un petit peu. Cette petite flèche, plantée dès le premier match, l’a fait réagir tout de suite. Il s’est imposé très vite comme un garçon très important dans l’équipe tant par ses qualités de football, son efficacité que sa qualité de leader. Un leader technique qui amenait l’équipe à se surpasser car lui était très souvent au niveau.

Son arrivée à Sochaux s’est faite de façon très professionnelle par l’intermédiaire de Christian PUXEL, le recruteur attitré sur la région Parisienne. On le côtoie assez souvent, on entretient des bonnes relations. Il a fait un suivi assez poussé de Salem puis Sochaux s’est rapidement positionné avec convocation au stage et signature avant les vacances de Noël pour partir à la fin de l’année.

Pour l’anecdote, on avait eu une conversation avec Christian, un petit plus tard dans la saison. Il m’avait dit : « à l’aller, Salem avait été bon » et je lui dis : « Christian, à l’aller, il n’est pas rentré !  » Parce que, derrière, il était venu le voir sur plusieurs matchs. On avait deux joueurs au même profil qui se ressemblaient un petit peu et sur le match aller, il avait confondu les deux joueurs ! Mais sur le reste de la saison, Salem avait montré tout son potentiel et ses capacités. Il y a eu un petit quiproquo là-dessus, mais Salem le confirmera. Je suis sûr qu’il se rappelle de ce fameux match contre son club actuel :rire:

Une reconversion d’ailier à latéral

Initialement, Salem évolue au poste d’ailier : « Depuis tout petit, j’ai toujours eu cette admiration pour les gestes techniques ! J’ai la chance de les réaliser assez facilement, donc j’ai préféré choisir le poste d’ailier pour pouvoir reproduire ce que je voyais à la télévision ! » Il dispose en outre de l’avantage non négligeable de pouvoir jouer aussi bien à gauche qu’à droite.

On le retrouve désormais au poste de latéral droit, un changement qui s’est opéré la saison dernière. Il nous explique comment cela s’est déroulé : « En arrivant à Sochaux, j’ai fait une première saison satisfaisante. Mais ensuite, je n’ai pas bien commencé ma deuxième année donc le coach à décider de me placer sur le banc ce qui était logique au vu de mes prestations. Par la suite, mes coachs ont décidé de me replacer un cran plus bas, au poste d’arrière, en deuxième partie de saison où là j’ai recommencé à avoir des prestations très bonnes. Au fil des matchs j’ai beaucoup apprécié ce poste et depuis je m’y fais bien. »

Salem s’est bien acclimaté au poste de latéral : « Je pense plus disposer des qualités que doit avoir un arrière droit. Et puis, ce poste m’a permis de toucher, du bout des doigts pour l’instant, le monde professionnel. Je pense être bon physiquement et avoir une bonne vitesse, vu que j’étais ailier auparavant donc sur les phases offensives je suis plutôt à l’aise. Mais je pense que je devrais encore progresser sur ma concentration défensive. »

Ses deux modèles au poste sont Daniel Carvajal et Philipp Lahm. « J’aime beaucoup ces 2 joueurs car ce sont de très grands professionnels, pour ce qu’ils font au quotidien ou ont fait (pour Lahm qui a pris sa retraite récemment) dans leur club. De plus, ils associent bien les performances offensives et défensives en même temps, donc ce sont de très beaux exemples à suivre. »

Cette reconversion en latéral n’a pas vraiment surpris Jonathan POBLAH : « L’aspect concurrence est peut-être la première des choses. Mais sa reconversion ne nous a pas surpris tant que ça. En voyant qu’il était coaché par Omar DAF, spécialiste du poste, on se doutait bien qu’il y avait une vraie volonté de le faire progresser à ce niveau-là. » L’éducateur met en avant ses capacités d’apprentissage : « Salem est très intelligent et écoute beaucoup. Quand il y avait des enseignements et des correctifs qui étaient donnés sur les défenseurs, il comprenait, car il en avait besoin pour leur poser des problèmes offensivement. Il a vite compris et su analyser comment les joueurs défendaient pour les amener sur des fausses pistes et leur poser des problèmes. Il sait s’adapter vite. Il a des vraies qualités naturelles, en plus de la finition, qui sont le centre et le débordement. C’est des atouts qu’on retrouve sur le poste de latéral moderne. Ça ne peut que lui être favorable . »

Stéphane COLOMBEL voit quant à lui l’avantage de combiner l’aspect défensif et offensif : « A son poste, c’était quelqu’un que je voulais très offensif. J’ai très certainement moins insisté sur le contenu défensif qu’à Sochaux. J’ai eu l’occasion de discuter avec Omar DAF et Salem. Avec les latéraux modernes, qui participent beaucoup au jeu offensif, il a pleinement les qualités. » Et savoir s’adapter aux demandes fait partie des exigences du haut niveau : « Il y avait un peu de concurrence sur les joueurs offensifs. Il faut qu’il s’adapte pour pouvoir jouer, que ce soit latéral ou au poste d’attaquant. Même si je suis persuadé qu’il préférerait être attaquant ! Mais aujourd’hui, il est dans une situation plutôt confortable et je crois qu’il le sait. Il est assez intelligent pour le savoir, ne pas bouder, ne pas rechigner à la tâche. C’est pour ça qu’il progresse et que ça se passe bien pour lui. »

Portrait d’un bosseur

Ce joueur décrit, par les personnes le côtoyant, comme sérieux, motivé et travailleur, sait où il veut aller : « Sur le terrain, je suis quelqu’un qui ne calcule pas. Je donne tout pour mon club ! Après en dehors, je suis quelqu’un qui sait où il veut aller avec des objectifs en tête. Je suis quelqu’un d’assez réservé quand je ne connais pas les gens. Mais après quand je connais, c’est différent ! J’aime beaucoup rire, charrier mes proches. »

Jonathan POBLAH juge que ces qualités humaines ont été décisives dans sa réussite : « Au premier abord, c’est un garçon un peu réservé quand on ne le connaît pas. Mais, dans un groupe, c’est un vrai bon vivant. Il a la joie de vivre, aime rigoler et chambrer ses partenaires. C’est un vrai atout dans un collectif. Il sait ce qu’il veut et l’a toujours su depuis qu’il a commencé le foot. Il a toujours eu envie d’en faire son métier. Il s’en donnait les moyens même si tout n’a pas été facile. Il a fait beaucoup de sacrifices dans sa vie personnelle pour pouvoir se donner les moyens de jouer à un certain niveau. C’est mérité et j’espère que c’est le début de quelque chose de très beau sur les années à venir. »

Stéphane COLOMBEL insiste sur sa détermination : « Il avait des qualités, mais il ne s’endormait par là-dessus. Il construisait son projet. Il savait où il voulait aller. Il savait qu’en venant à Brétigny il franchirait un cap, en étant au niveau national. Il passait les étapes les unes après les autres. C’était cadré ! On sentait que dans son discours, ses projets, sa méthode c’était très réfléchi. C’était un garçon qui se posait toujours les bonnes questions et se débrouillait tout seul pour avoir les réponses. Moi j’échangeais régulièrement avec lui : c’était limpide, précis, aucune ambiguïté, très clair. Quand je lui proposais ou demandais de corriger des choses, c’était assimilé et corrigé très vite. Il était très travailleur avec beaucoup d’humour. On rigolait bien ! En effet, ce n’est pas le dernier à mettre l’ambiance dans le vestiaire après les victoires. Il fait un peu réservé, mais il sait se lâcher. Il était un leader en dehors qui savait rassembler autour de lui tout en étant réservé, pas dans l’excès, en toute intelligence. »

Ses années au FCSM

Salem rejoint le centre de formation et le groupe Elite (CFA / U19) lors de l’été 2015 où le recrutement Sochalien est exclusivement axé sur des profils offensifs (retour de Kader TOURE et arrivée de Victor GLAENTZLIN, attaquants du FC Mulhouse). Ailier pouvant jouer sur les 2 côtés du terrain, il a, à ce moment, les objectifs de marquer le maximum de buts et de s’imposer en CFA. Il espère aussi, déjà, faire des entraînements avec les pros et pourquoi ne pas faire des apparitions avec eux.

Sa première saison correspond aux difficultés générales rencontrées par l’attaque des U19. En effet, nous finissons 9ème dans ce domaine avec 34 buts marqués. Salem inscrit seulement 3 buts en championnat mais figure quand même dans le top 3 des buteurs Sochaliens dans cette catégorie (derrière Bryan LASME et Clément PAYAN). Cependant, sa saison est intéressante ! En effet, ce U19, première année, termine meilleur buteur de son équipe en Coupe Gambardella avec, à nouveau, 3 réalisations et dispute 11 matchs (5 titularisations et 6 entrées) avec l’équipe réserve. « Lors de cette première saison, j’ai été appelé à plusieurs reprises pour faire des matchs avec la réserve. Ça prouve la confiance du coach à mon égard. Je pense que cette saison a été vraiment bonne surtout au niveau collectif avec une demi-finale de la Coupe Gambardella, qu’on a malheureusement perdue face à Lens. »

La saison dernière, Salem est, au début, considéré comme un attaquant remplaçant du groupe U19. Puis, le staff décide de le repositionner en latéral droit . Cela s’avère plus que positif puisqu’il fait une saison pleine avec 19 titularisations en U19 (1 but et 1 passe décisive) et participe à 14 matchs de CFA2 (9 titularisations et 5 entrées). Il inscrira d’ailleurs son premier but en réserve lors de cette saison. « C’est vrai que depuis que j’ai été reconverti à ce poste, je suis bien. Je peux expliquer ma progression par l’aide de mes coachs qui m’ont donné beaucoup de conseils au niveau tactique. Mon envie d’être toujours performant a peut-être aussi joué sur mes performances. Je pense qu’avec des objectifs bien clairs en tête, la conviction qu’on peut les atteindre, travailler énormément et être à l’écoute on peut faire de grandes choses. »

Lors du bilan de fin de saison, Eric HELY en fait l’exemple à suivre : « le plus bel exemple de la saison est celui de Salem MBAKATA qui a commencé la saison comme attaquant remplaçant, que l’on a ensuite repositionné comme latéral droit et qui a fini la saison comme titulaire en CFA2 et même capitaine en U19 face à l’AJ Auxerre pour le dernier match. Ça montre qu’en étant travailleur et ouvert d’esprit, on peut vraiment progresser. C’est maintenant à lui de confirmer et aux autres de s’en inspirer. »

Cette belle saison et ses efforts sont récompensés lorsque, fin juin 2017, Peter ZEIDLER (entraîneur du groupe professionnel), fait appel à lui pour le stage d’avant-saison en Autriche. Le 1er juillet, il connaît sa première entrée en pro contre le SCR Altach. S’ensuivront 3 entrées contre le FC Aarau, le DFCO et le SR Delémont. « Faire mon premier stage avec les professionnels m’a rendu très heureux et fier. Après les premiers matchs amicaux que j’ai faits, je peux dire qu’il y a une grosse différence avec les championnats jeunes vu que ça va plus vite et que chaque détail est très important et n’est pas à négliger. »

Actuellement, il a disputé tous les matchs avec la réserve en tant que titulaire (13 matchs de National 3 et 3 en Coupe Bourgogne Franche-Comté). Il est donc le latéral droit indiscutable et 2ème meilleur passeur (2) de notre équipe. « Pour moi, c’est un bilan vraiment positif. Au niveau collectif, on réalise des bonnes performances avec mon équipe, au niveau personnel, je suis très content comme avec ce trophée de joueur du mois qui m’a vraiment fait plaisir. J’espère continuer sur ce chemin-là avec de la réussite. »

Son coach, Omar DAF, souligne également son bon début sa saison lors de l’avant-match à Louhans-Cuiseaux : « J’espère bien voir les miens continuer sur leur belle courbe d’autant plus que certains, à l’instar de Mbakata, progressent et que la maturité et la solidité d’autres, comme Kapp, permettent de présenter un collectif cohérent. »

Enfin, Salem a donc aussi décroché la récompense « Joueur Clairefontaine du mois » de novembre (qui récompense le meilleur joueur au sein du centre de formation de Seloncourt, toutes catégories confondues) également commenté par Omar DAF : « Depuis le début de la saison, Salem est un des joueurs les plus réguliers de l’effectif. Il est constamment dans un bon état d’esprit, avec la volonté de progresser et un comportement sur et en dehors du terrain toujours exemplaire. C’est donc en suivant une certaine logique de continuité que nous avons décidé de lui attribuer ce prix pour ce mois de novembre. »

Régulièrement présent aux entrainements des professionnels, Salem fait aussi partie de l’ébauche de la future équipe professionnelle à l’horizon 2018/19 projeté par le président de Tech Pro. En effet, il est cité dans les joueurs déjà retenus. On retrouve d’ailleurs PREVOT, LACROIX, RUIZ, PENDANT, ROSIER, DAHAM, FUCHS, AKTAS, LASME ou encore ROBINET. Cela traduit la volonté du club à promouvoir sa formation. Au moins 4 éléments provenant du centre seront dans le groupe pro, les plus méritants évidemment.

La sélection, ses ambitions et son message aux lecteurs

Ses performances ont également attiré l’œil de différents acteurs hors France. C’est le cas de la République Démocratique du Congo qui souhaitait l’intégrer à son effectif U20 depuis 2015. S’il aurait pu connaître sa première sélection le 07 octobre 2015, cela ne s’est pas fait. Il nous explique : « pour l’instant, je suis totalement concentré dans ce que je fais avec mon club. Après, c’est vrai j’avais reçu une convocation de la part de la sélection du Congo pour jouer contre l’Angleterre mais avec mon agent et mes parents on a décidé que ce n’était pas le bon moment d’y aller encore. »

Pour finir, Salem est revenu sur ses ambitions et a souhaité passer un petit message pour la jeunesse : « Tout d’abord, j’espère qu’avec mon équipe nous allons finir le plus haut possible au classement. Ensuite, au niveau personnel, j’espère décrocher un contrat professionnel avec mon club formateur; le FC Sochaux Pour ce qui est des autres objectifs je préfère les garder pour moi actuellement. Le message que j’ai envie de passer aux jeunes c’est de toujours croire en soi, toujours persévérer dans ce qu’on fait et de profiter de sa vie surtout. »

Ses anciens éducateurs ne minimisent pas les difficultés d’un passage en pro, mais insistent pour dire qu’il possède les qualités nécessaires. Jonathan POBLAH : « L’adaptation en senior, c’est compliqué. Le passage dans le monde professionnel sur les deux premières années, c’est, je pense, le plus compliqué. Mais, je n’ai pas de doutes à ce sujet car il a la tête sur les épaules et est bien entouré avec une structure familiale solide. Le connaissant assez bien, je pense qu’il n’y a que lui qui pourra se fixer des barrières. Il est capable de faire de très belles choses et s’arrêtera là où il aura décidé de s’arrêter tout simplement. »

Stéphane COLOMBEL est persuadé que les conditions sont réunies pour que Salem franchisse le cap : « Je ne l’ai connu qu’à l’âge de 16-17 ans. Depuis, il a évolué même si je le vois de temps en temps, ce n’est pas évident de porter un réel jugement sur son avenir. Au jour d’aujourd’hui, je pense qu’au-delà des qualités avoir un garçon travailleur, intelligent et qui sait se donner les moyens de progresser, ça devient très important et je pense qu’il a ces qualités. J’espère que ça l’amènera au plus haut niveau, mais ce n’est pas évident de se projeter car rien que passer du National 3 à la Ligue 2 il y a une grosse marche à franchir. Je pense qu’il est suffisamment cadré pour faire ce qu’il faut, écouter les coachs et le jour où il devra intégrer ou le jour ou l’on pensera à l’intégrer, il aura les qualités footballistiques et surtout mentales pour le faire. Il est dans un club formateur où au niveau jeunes ça travaille très bien et derrière ils peuvent lui permettre de franchir ce cap. Je pense qu’il a largement les capacités d’intégrer un groupe professionnel ! »

 

Toute La Bande à Bonal et moi-même remercions Salem Mbakata pour le temps qu’il nous a accordé et lui souhaitons une très bonne deuxième partie de saison avec toute la réussite possible pour atteindre ces objectifs ! Nous avons également une pensée pour Mounir (entraineur des U14 de Brétigny) qui nous a mis en relation avec Jonathan Poblah et Stéphane Colombel. Ces derniers ont vraiment une grande place dans la réalisation de cet article si complet.

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Auteur: Alexis De Freitas

Spécialiste des jeunes du centre du FCSM (CFA aux U15), auteur à La Bande à Bonal et à Espoirs du Football, consultant Radio de Soyons Sport ⚽

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