Les comptes du FCSM : saison 2016-17

Comme chaque saison, nous vous proposons un regard sur les comptes du FCSM. Ces comptes sont accessibles au greffe du tribunal de commerce. Ils portent sur la saison passée : l’exercice 2016-17. Mais ils sont riches d’enseignements pour l’avenir.

Cette saison, nous nous y sommes mis à quatre pour réaliser ce travail : Jon, David, ainsi que Clyde et Poteau de Pamic de Planète Sochaux. Voici notre analyse commune.

L’essentiel

Le train de vie du club est resté identique, avec un déficit structurel à 7M€. Ce déficit a été ramené à un résultat flatteur de -2,6M€, grâce à toute une série de produits exceptionnels, à commencer par la vente d’Onguéné et le parcours en Coupe de la Ligue. La DNCG avait exigé en décembre 2016 une garantie de 5,3M pour assurer la trésorerie, laquelle pourra être récupérée en partie par TechPro en juillet 2018.

Rien n’a donc structurellement changé par rapport à la saison précédente au niveau du train de vie du club. En revanche, les leviers pour combler le déficit structurel se sont réduits. L’actif joueur est désormais quasi-nul, avec une majorité de l’effectif en fin de contrat. Quant à l’actionnaire lui-même, avec une action qui ne vaut quasiment plus rien et dont la cotation a été suspendue à la bourse de Hong Kong, sa capacité à garantir une nouvelle saison apparaît nulle. La trésorerie laissée par PSA aura été consommée lentement mais surement, assurant un train de vie conséquent au club et à ses acteurs, sans résultat probant au plan sportif.

Capital et trésorerie

Sur le plan juridique, le capital a augmenté de 1,5 M€, conformément aux clauses de la vente. Il s’agit ici du dernier des deux versements prévus par PSA. Apparaît aussi la garantie exigée par la DNCG, pour un montant de 5,3M €. Cette somme est bloquée jusqu’au 30/06/2018. A l’issue de la période de blocage, elle sera ventilée comme suit : 2,8M en augmentation de capital, 2,5M qui seront déposés sur le compte d’associé et seront donc remboursables immédiatement à TechPro.

Du côté de la trésorerie, la situation est stable par rapport à l’année précédente, du fait des garanties exigées par la DNCG. Elle est même un peu meilleure puisque les disponibilités et valeurs mobilières de placement ont augmenté de presque 1 M€ et que le ratio créances acquises/dettes certaines est également meilleur. En revanche, si on tient compte du possible remboursement à l’associé de 2,5M€ de son compte courant d’associé au 01/07/2018, la situation de trésorerie serait un peu détériorée par rapport à l’an passé. Il y a cependant de quoi terminer la saison sans souci (et la DNCG pourrait encore passer par là), même sur la base d’une perte conséquente correspondant au déficit structurel.

Si l’associé retire ses 2,5M€ en fin de saison, voire s’il n’apporte pas de liquidités supplémentaires et/ou vend des joueurs, c’est par contre sans doute la dernière saison qui pourra être bouclée sans encombres.

On note, en particulier, une baisse logique de l’actif immobilisé : les joueurs sont « immobilisés » pour leur valeur d’achat, en l’absence ou presque de tout joueur acquis avec une indemnité de transfert, le montant des immobilisations diminue mécaniquement.

Une perte de 2,8M€ en trompe-l’œil

Si on passe maintenant aux comptes de résultat. La perte affichée à  -2 862 558 € se présente comme un net progrès par rapport à 2015/2016 (-6 M€). Mais une rapide analyse montre vite les limites de ces progrès, dus à un certain nombre d’événements plus ou moins exceptionnels. Si on s’attache au résultat courant, on se rend compte au contraire que le fonctionnement du club n’a pour ainsi dire pas évolué.

Notre chiffre d’affaires « courant » est globalement stable, les recettes Coupe de France de 2015-2016 sont compensées par les recettes Coupe de La Ligue 2016-2017. La billetterie bouge peu. Les recettes boutiques sont en légère baisse. Nos droits télé ne sont pas trop impactés par la perte de l’aide aux relégués.

Concernant les charges, le train de vie du club n’a pas baissé et aucun effort n’a été mené. Le coût brut chargé de la masse salariale, primes incluses, est à un niveau intolérable pour les finances du club et mène à taper fortement dans la trésorerie. Tout compris notre coût salarial s’élève à 11,7 M€ soit quasi le montant de notre chiffre d’affaires « courant » (12,1M€). On pense ici aux révélations de l’Est Républicain sur le salaire de Kaenzig, de l’ordre de 663 000 € par an, ce qui en ferait le 3e directeur général le mieux payé du football français, ce qui n’a absolument aucun sens.

Si rien ou presque n’a changé du côté des charges, pourquoi le résultat est-il meilleur ? La réponse est bien évidemment à chercher du côté des opérations « non courantes » : la reprise des provisions PSA passées au moment de la relégation et qui disparaissent bilan après bilan (852 K€), la reprise de provisions pour risques et charges, le déblocage de litiges transferts (principalement Yartey) pour 1,175 M€. En tout, il y a donc près de 2,5M€ de de reprises de provisions ou autres transferts de charges (contre à peine 70K€ de dotations aux provisions sur l’exercice) !

Les deux autres éléments qui influent sur la maîtrise du déficit sont le transfert d’Onguené pour un montant très important en L2 soit 2,5M€. Thuram vendu après le 1er juillet n’apparaît pas encore dans les comptes. Le parcours en Coupe de la Ligue a, quant à lui, rapporté grosso modo 1M€.

Ledus a épuisé les solutions pour s’en sortir

Notre déficit structurel demeure donc toujours très important, de l’ordre de 6 à 7 Millions € avec des parcours en coupe honorables et avant ventes de joueurs. Un certain nombre d’événements heureux nous permettent de limiter la casse cette année : augmentation des droits TV du foot français, reprises de provisions, coupe de la Ligue, vente d’Onguene.

Après l’apport de l’associé, nous sommes donc aujourd’hui dans la même situation au 30/06/2017 qu’au 30/06/2016 : même déficit structurel, trésorerie quasi comparable (si Ledus ne récupère pas les 2,5M€), mais avec un capital joueur extrêmement amoindri. Ledus épuise les solutions pour s’en sortir. La trésorerie laissée pas PSA n’est pas éternelle. Sachant que la saison suivante n’est pas financée, il n’est pas compliqué de comprendre pourquoi les contrats des joueurs ne sont pas renouvelés.

A terme l’équation est simple :

(1) On remonte en L1 et notre chiffre d’affaires augmente. C’est mal parti.

(2) On continue comme ça et chaque saison il faudra trouver 7 millions d’€ : un bon parcours en coupe 1M€, une belle vente à 2,5M€, on aura du mal à faire aussi bien chaque année… Il faut que l’associé remette au pot.

(3) Dernière solution, la plus rationnelle, l’associé est obligé d’adapter le train de vie du club à ses moyens et on diminue la masse salariale de 30% mini. Exit Kaenzig, moins de pros sous contrat, des postes doublés par des jeunes du centre, des prêts, un effectif qui joue le maintien, avec moins de recettes du coup…

Le FCSM est au bout de son modèle économique actuel. La fuite en avant va devoir s’arrêter. L’équation sera la même pour un nouvel actionnaire, qui devra être prêt à mettre bon an, mal an, 4M€ sur la table chaque saison de L2 ou à  faire évoluer le modèle économique du club.

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Auteur: Jon Bon Bonal

Converti de fraîche date, born again du Fc Sochaux, il écrit sur la tactique quand il ne déblatère pas en tribune nord.

Auteur: BonalBoy

Abonné depuis 1999 chez ce bon vieux Auguste. En tournée dans toute la France quand le vent le permet.

2 commentaires

  1. De tels salaires sont scandaleux. Ledus a ramené une belle brochette d’escrocs locaux autour du club.

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    • Il y a eu une gestion prédatrice. Le FCSM a alimenté le train de vie de certains. Si les résultats sportifs avaient été probants, à la limite, peut-être que …

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