Yaya Banana raconte son parcours

Défenseur central, Yaya Banana passé 2 ans au FCSM. Il a depuis rejoint la Superleague Elláda. Il nous parle de sa carrière, de la vie en Grèce, tout en évoquant ses années et son expérience à Sochaux.

Yaya_BananaPouvez-vous présenter en retraçant votre parcours ?

Je m’appelle Yaya Banana. Je suis international camerounais, j’ai 25 ans. J’évolue comme défenseur central. Je suis droitier, 1.90m pour 79 kg.

J’ai commencé à jouer au football dans un centre de formation camerounais, aux Diables rouges de Maroua en 2007. Un an plus tard, j’ai rejoint un autre centre à Yaoundé, le Achille Football Club. La même année j’ai été convoqué pour la première fois en équipe nationale junior. J’ai disputé la CAN 2009, où nous avons finalement été battu en finale par le Ghana.

Et juste après cette compétition j’ai été recruté à l’Espérance de Tunis, où j’ai signé mon premier contrat professionnel. Un an plus tard, en 2010, j’ai remporté mon premier titre national. Et l’année suivante, en 2011, nous remportons 3 titres : le championnat et la coupe et le titre continental, la Ligue des champions africaine.

Cette même année, avec la sélection junior, j’ai à nouveau participé à la CAN. Nous sommes allés en finale, battus par le Nigéria. Quelques mois plus tard, c’était la coupe du monde juniors, où nous avons été sortis au 2e tour. La même année encore, j’ai reçu ma première convocation avec l’équipe nationale senior pour jouer contre l’Algérie. Mais, malheureusement, le match a été annulé ! Juste après, j’ai joué la coupe du monde des clubs avec l’Espérance de Tunis au Japon.

Et c’est à ce moment là, en janvier 2012, que j’ai été sollicité par le FCSM. J’ai signé 4 ans et demi, mais j’ai été prêté un an et demi plus tard au FC Lausanne. Après mon retour, le club étant relégué, j’ai résilié à l’amiable mon contrat et signé au FC Platanias, en Grèce, où je suis actuellement.

Pourquoi avoir choisi le poste de défenseur central ? Un modèle à ce poste ?

Au départ, j’étais milieu de terrain et c’est en sélection junior que le coach – paix à son âme – me replace en défense centrale. Le joueur qui est un modèle pour moi à ce poste c’est le grand Alessandro Nesta.

Quels sont vos principales caractéristiques et les points sur lesquels vous chercher à progresser ?

Je suis un joueur assez technique. Mes caractéristiques sur un terrain sont la rigueur défensive, la lecture de jeu, la relance des deux pieds, le bon jeu de tête et je cherche toujours à défendre debout. En ce qui concerne ma progression dans mon jeu, à l’époque à Sochaux, on me reprochait un manque d’agressivité. Aujourd’hui, j’ai beaucoup travaillé sur ce point. J’essaie de m’améliorer tous les jours. Je m’aide en visionnant mes matchs pour faire mieux le lendemain.

Un mot sur les Diables rouges de Maroua où vous avez débuté ?

J’ai fait un an aux Diables rouges, de 2007 à 2008. C’est un centre de formation familial. Ils cherchent toujours à aider les enfants, à les aider à progresser. Aujourd’hui le centre a des difficultés financières, mais ils essaient de faire le maximum pour continuer d’aider les jeunes, avec les moyens de bord. Personnellement je ne cesserai de leur dire merci de m’avoir donné cette opportunité ! J’espère que les instances camerounaises du football sauront tendre la perche à ces centres de formation sportifs qui ont déjà fait leurs preuves, pour les aider à faire progresser les jeunes qui ont envie de s’épanouir dans le foot.

Puis, c’est au centre de formation du Achille Football Club que l’on vous remarque notamment en sélection. Comment expliquer cette progression si rapide ? Que retenez-vous de cette expérience en sélection ?

Je pense que c’est mon envie, ma soif de réussir qui ont interpellé toutes ces personnes et qui ont fait qu’ils se sont intéressés à moi. En ce qui concerne l’équipe nationale junior, le coach Alain Wabo – paix à son âme – m’a donné ma chance. Et j’ai aussi su la saisir, en me transformant en défenseur central. Il m’exhortait à travailler sur mon physique, parce que j’étais grand et il pensait que je pouvais être une bonne sentinelle. Mais j’ai aussi beaucoup travaillé sur ma relance avec lui. Je me souviendrais toute ma vie de cette expérience avec les juniors : cela m’a permis de jouer deux coupes d’Afrique et deux coupes du monde, de me faire connaître et de signer mon premier contrat pro en Tunisie, et aussi ma venue à Sochaux.

On vous retrouve ensuite en Tunisie où vous gagnez vos 4 premiers titres. Quels souvenirs ?

Je garde de très bons souvenirs, même si à mon arrivée dans le club je n’ai pas participé à tous les matchs. C’est à partir de la deuxième année que j’ai effectivement joué tous les matchs. Je pense qu’à l’heure actuelle cette année-là reste de loin la meilleure dans mes souvenirs.

Par ailleurs, on vous retrouve finaliste de la Coupe d’Afrique des nations junior. Un commentaire ?

Ce fut une belle expérience, l’ambiance avec mes coéquipiers était au top ! On était vraiment soudé, on avait faim, on savait d’où on venait, on savait où on allait ! Même si on n’a pas remporté le titre, on aurait pu faire mieux, mais on était content.

La récompense d’une sélection avec la A du Cameroun arrive ensuite. Quelle réaction quand vous apprenez cela ?

Ça fait toujours plaisir d’être convoqué avec les A. C’était juste après une séance d’entrainement que j’apprends ma sélection avec le Cameroun. J’ai ressenti une immense fierté. Ma famille, mon entourage étaient heureux pour moi, même si plus tard effectivement ce match contre l’Algérie a été annulé. J’espérais que ce soit le début d’une histoire avec la A.

Vous arrivez ensuite à Sochaux. Quel bilan de ces saisons ? Des différences entre le championnat français et les championnats précédents ?

Comme tout le monde le sait, je suis arrivé à Sochaux. C’était une joie. Quand j’arrive, j’ai été vraiment bien accueilli par l’équipe et tout de suite mis dans le bain. L’adaptation s’est bien passée, avec plusieurs nationalités confondues, il y avait une bonne ambiance. Mais cette saison, quand je suis arrivé, Sochaux allait mal. Nous nous sommes battus pour le maintien. Malheureusement, la saison suivante, je suis blessé pendant 2 mois et demi et mis de côté. Ensuite, je suis prêté à Lausanne, où j’ai eu du temps de jeu. Malheureusement, à mon retour à Sochaux, l’équipe est reléguée en deuxième division et on se sépare à l’amiable.

En ce qui concerne les différences au niveau du championnat français et camerounais : au Cameroun, on manque d’infrastructures et ce n’est pas un championnat professionnel comparé à la Tunisie. Le championnat français a plus d’intensité que le championnat tunisien.

Vous quittez Sochaux pour la Suisse. Des différences entre ces championnats ?

Il y a plus d’intensité dans le jeu et plus d’ambiance dans les stades en France qu’en Suisse.

Actuellement, on vous retrouve avec Platanias FC. Comment ça se passe ?

Ça se passe très bien. Je suis à ma 2 année, je m’épanouis, je prends du plaisir. C’est un club familial qui joue le maintien. On vient de terminer la saison on a fini 9e sur 16 clubs, en progression par rapport à l’année dernière où on a fini 12e sur 18.

Le club est basé dans la commune de Platanias, près de La Canée, en Crète. Au début on était un peu inquiets, car on enchaînait les défaites, les matchs nuls, mais à partir de notre victoire vers la 5e ou 6e journée, les joueurs ont pris confiance. Et c’est allé très vite, ce qui nous a permis de faire de belles performances. On aurait même pu disputer les play-offs pour l’Europa League, mais on a perdu l’avant-dernière journée. Ici nous avons des joueurs comme Ousmane Coulibaly, international malien, qui est défenseur latéral. Il a joué à Brest avant. Nous avons Bernard Itoua, international congolais, défenseur central formé à Auxerre, Kevin Olimpa, ancien 2e gardien de Bordeaux, un autre joueur grec qui a été formé à Olympiakos, milieu de terrain. Bref ce mélange fait qu’on a une équipe assez solide et bonne.

Comment envisagez-vous la suite de votre carrière ?

Mon rêve a toujours été d’intégrer une équipe comme le Real Madrid ! Je pense que le championnat espagnol me correspond. C’est un championnat technique. Mais, pour l’instant, je ne pense pas être à la hauteur de cette ambition. Il faut que je travaille. Je suis jeune, j’ai l’espoir d’arriver quelque part, même si ce n’est pas forcément à la « maison blanche » !

Suivez-vous toujours l’actualité du FCSM ?

Oui, de temps en temps. Après mon départ, j’étais resté en contact avec Omar Daf, mais je n’ai plus de contacts avec mes anciens coéquipiers. En ce qui concerne les nouveaux j’ai déjà eu l’occasion de jouer avec Adolphe Teikeu à la coupe du monde des juniors 2009 et Toko Ekambi avec l’équipe nationale senior en 2015.

Comment aviez-vous été repéré par le FCSM ? Pourquoi avoir choisi ce club ?

Déjà, avant la Tunisie, je devais rejoindre Sochaux. Mais, il y avait eu une contrainte administrative à l’ambassade de France au Cameroun. Quand j’ai appris que Sochaux me suivait toujours, malgré l’intérêt des autres clubs, je n’ai pas vraiment réfléchi. Je me suis dit « c’est un signe » et j’ai foncé. Et je ne le regrette pas. Car chaque expérience dans la vie nous forge un caractère qui permet de nous élever.

Quels souvenirs à Sochaux ?

Le meilleur moment : le maintien de l’équipe, et le pire moment : ma blessure et ma frustration de ne pouvoir aider mes coéquipiers.

Quel sentiment et relation avec les supporters au moment de quitter le club ?

Comme je l’ai dit plus haut, je dois beaucoup à Sochaux, mais je suis parti en étant frustré. Je n’ai pas eu le temps de montrer mon réel niveau. Malheureusement, ça arrive souvent dans le foot, comme dans la vie en général. Au-delà de ces sentiments mitigés, ce qui en ressort c’est l’expérience, qui est un plus pour moi. Ma relation avec les supporters était bonne, je m’entendais bien avec eux.

Que pensez-vous du départ de Peugeot et de l’arrivée de Ledus à la tête du FCSM ?

Ce que je peux dire, c’est que Peugeot a beaucoup apporté au club et même aux habitants de la ville. Si la société a trouvé bon de passer la main à Ledus, je pense que c’était dans le souci de maintenir le club et un minimum d’emplois. Qui dit emploi dit familles à l’abri et ce n’est pas négligeable. Si le redressement économique apporté par la nouvelle société fait ses preuves, alors pourquoi pas ?

Que pensez-vous du centre de formation Sochalien ?

Le centre de formation de Sochaux a toujours été reconnu comme l’un des meilleurs centre français. Et je pense que c’est la culture de Sochaux d’avoir des jeunes dans son équipe. Cela ne peut être qu’un plus pour l’équipe. Franchement, je n’ai pas suivi leur victoire en Gambardella, mais j’avais lu qu’ils avaient gagné.

Des conseils à donner aux jeunes pour devenir professionnel ?

Trois mots pour tout jeune qui désire devenir professionnel : travail, discipline, patience.

Des joueurs qui vous ont marqué lors de votre parcours ?

Marvin Martin et Ryad Boudebouz.

Des personnes du club en qui vous êtes reconnaissant ?

Je suis reconnaissant envers tout le club, les joueurs, le staff et tous les supporters, car sans ces derniers l’équipe n’est rien.

Pour finir, un mot aux supporters Sochaliens ?

Je remercie les supporters sochaliens pour l’accueil qu’ils m’ont donné à mon arrivée et du soutien tout au long de mon parcours à Sochaux. Et je les appelle à toujours soutenir leur club quel qu’en soit le résultat car les joueurs ont besoin du soutien de leur public que ça soit dans les bons ou mauvais moments !

Toute La Bande à Bonal et moi-même remercions Yaya Banana pour le temps qu’il nous a accordé et lui souhaitons une très bonne saison !

0

Auteur: Alexis De Freitas

Spécialiste des jeunes du centre du FCSM (CFA aux U15), auteur à La Bande à Bonal et à Espoirs du Football, consultant Radio de Soyons Sport ⚽

Commentez