Le dernier Classique ?

Les amateurs de football le savent bien, l’affiche Sochaux-Marseille, ou plutôt FCSM-OM est la plus souvent jouée depuis la création d’un championnat professionnel élite en France. Co-détenteurs du plus grand nombre de saisons passées au sommet du foot hexagonal (66), ces deux clubs se sont affrontés, sans aller éplucher les statistiques, à la louche donc, environ 150 fois depuis le début du XXe siècle (coupes et championnat confondus).

Au train où vont les choses, l’affiche de demi-finales de Coupe de France jouée le 20 avril prochain à Bonal sera peut-être le dernier « vrai » classico français. Il n’est même pas sûr que Sochaux puisse affronter l’autre club phocéen, Marseille-Consolat, si ce dernier monte en L2 et que dans le même temps Sochaux plonge en National. Remarquez, au vu de la saison catastrophique des joueurs olympiens, il est encore mathématiquement possible que ces deux historiques se retrouvent en L2 (scénario alors optimiste pour Sochaux et cataclysmique pour Marseille).

Les situations de crises actuelles subies par ces deux entités si singulières du paysage footballistique français rendent donc ce fameux match du 20 avril particulier. Sans compter que ce sera, hé oui, la revanche de la finale de la Coupe de France 2007, où Sochaux s’était imposé aux tirs aux buts après un match plein de rebondissements. Pour mémoire, cette année là, l’attaque marseillaise alignait Franck Ribéry, Samir Nasri et Djibril Cissé… Pour mémoire encore, nos Sochaliens avaient dû, pour tenir la belle coupe dédicacée « à la glorieuse mémoire de Charles Simon, mort au champ d’honneur en 1915 », éliminer Saint-Etienne, Monaco, le PSG et enfin Marseille. De là à dire que le parcours actuels des Lionceaux ressemble à cette campagne de 2006-2007…

Un sacré dilemme agite le Landerneau franc-comtois depuis la victoire à Bastia le 19 janvier dernier, en 16e de finales. Faut-il privilégier l’ivresse héroïque de la Coupe ou sécuriser émotivement, sportivement et disons-le prosaïquement le maintien en L2 ? Pour un si beau fleuron du foot français, le « maintien en L2 » est déjà un objectif qui sent le moisi. Alors imaginez un peu le Tsunami d’une relégation en National…

Mais en même temps, rien, absolument rien ne garantit qu’une élimination en Coupe ne laissera pas de traces encore plus vilaines dans le groupe. Il n’y a pas de règle au fond. L’incertitude est totale. Même celle de la finale : rien ne dit, sauf la logique sportive et les statistiques, que le PSG mettra une rouste au finaliste d’en face (et rien ne dit que le PSG battra Lorient non plus d’ailleurs). Bref, il serait sage de jouer tous les coups à fond, en Coupe comme en championnat. Les joueurs en ont-ils les moyens, l’envie, la volonté ? Ma foi on verra.

Une dernière chose, mais pas des plus amusantes : j’ai déjà exprimé mon dégoût de voir le sigle de Volkswagen, marque fondée par le nazi Ferdinand Porsche, lequel avait déporté Auguste Bonal, sur les maillots sochaliens (je sais, la firme allemande est l’un des sponsors de la Coupe, mais n’empêche). Espérons quand même que le match se finira par une grande joie. Pour ma part, j’ai hâte qu’il soit derrière nous, quoi qu’il advienne.

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Auteur: Hervé

Chaotique à temps partiel. Fréquente Bonal en 1981-82 puis en 2013-2014. Normandie depuis.

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