Pourquoi Echouafni doit partir

Tomber sur le coach quand tout va mal tient bien souvent de la solution de facilité. Celle qui nous a vu passer, supporters dépités, d’un bouc-émissaire à l’autre au gré des saisons. Nous avons eu Bérenguer, puis Guerbert, puis Sao. Aujourd’hui Echouafni quand ce n’est pas ce bon vieux JP Mignot.

Le football est un sport collectif, une alchimie complexe, où quelques événements hasardeux suffisent à faire basculer le résultat final. La responsabilité du résultat se dissout. Et il est toujours possible de se planquer sur le terrain, de faire les efforts à demi. Que peut un coach ?

J’étais opposé à la démission d’Eric Hély au début de la saison 2013. 7e journée, 2 points, 2 nuls et 5 défaites. J’y étais opposé parce que j’avais le sentiment que l’entraîneur n’était pas le problème, mais que le groupe des joueurs était trop faible. Si tout le monde se souvient ici avec passion du parcours d’Hervé Renard, il ne faut pas oublier que les résultats n’ont fini par arriver qu’après le mercato hivernal. Avec pas moins de sept joueurs clés pour renforcer l’effectif. Que peut un coach dans cette situation ?

Aujourd’hui l’équation n’est plus la même. Je suis persuadé qu’aussi bien la saison dernière que cette année, Sochaux dispose d’un effectif de qualité pour jouer autre chose que la relégation aujourd’hui, ou la 10e place hier. La manière la plus simple de juger la réussite d’un projet sportif est de rapporter les résultats obtenus au budget investi. Avec l’un des tous premiers budgets de la ligue 2, le travail d’Echouafni relève d’une sous-performance remarquable. Quand d’autres sur-performent, le Gazelec hier, Bourg-en-Bresse aujourd’hui.

Le problème actuel avec Echouafni est que tous les indicateurs sont au rouge et qu’il est bien difficile de lui faire crédit de quoi que ce soit. La série de 13 matchs sans victoire en championnat s’approche du record historique. Même la fameuse suite de 15 matchs sans défaite lors de la saison précédente, qui avait permis de redresser la barre, et à laquelle Echouafni semble accroché aujourd’hui comme le noyé à sa planche, relevait du trompe l’œil statistique, tant les performances réelles sur le terrain n’étaient pas à la hauteur. L’heure aujourd’hui est à l’humiliation contre les redoutables Créteil et Bourg. Encore un effort et nous finirons de vider le stade.

Le bilan comptable est désastreux, mais le bilan au niveau du jeu et du spectacle fourni est sans doute encore pire. Je crois que la gestion humaine d’Echouafni envers son groupe est tout simplement catastrophique. Les anecdotes abondent, mais manifestement Kaenzig n’est au courant de rien. Le mandat d’Echouafni aura été marqué par des joueurs sacrifiés : le jeune Zouma, qui paye pour une erreur défensive quand le duo Vivian et Mignot bénéficie d’une étonnante immunité, Guerbert, pour des raisons qui échappent au commun des mortels et qui est tout sauf le prototype du joueur chiant, Malsa, dont la carrière a été saccagée alors qu’il avait été lancé régulièrement en L1 par Renard, ou encore Joseph Lopy dont l’attachement au club ne faisait aucun doute. Et que dire de la gestion par le club du cas Sunzu ? Et pendant ce temps là, Famara Diedhiou que le staff omniscient d’Echoufani n’avait pas jugé assez bon pour Sochaux est meilleur buteur de Ligue 2.

Parler de tactique aujourd’hui ne sert plus à grand chose, tant personne n’a l’air prêt à se bouger pour le coach. La gestion psychologique d’un groupe est primordiale : quand la parole ne porte plus, quand l’autorité et la confiance sont mortes, c’est terminé. Il n’y a plus aucun ressort. Aucun moyen de remonter la pente. Aucun. Pas même un stage commando sur la route des vins. Prions pour un entraîneur neuf, des idées neuves, et si possible quelqu’un qui connaisse son métier. 

0

Auteur: Jon Bon Bonal

Converti de fraîche date, born again du Fc Sochaux, il écrit sur la tactique quand il ne déblatère pas en tribune nord.

Commentez