La crise de la formation sochalienne ?

Les spécialistes de la Ligue 2 étaient unanimes en début de saison : Sochaux a un effectif taillé pour la montée. Le recrutement semble avoir été malin. Ajoutez à cela quelques cadres, et les traditionnels joueurs issus du centre de formation et… mais quels joueurs au juste ?

A chaque passage, même rapide, devant le centre de formation Roland Peugeot, le regard se tourne furtivement sur ce château. Impressionnant, même après des centaines de coup d’œil. Tant de jeunes pousses du FC Sochaux y ont fait leur classe. Puis l’on a parfois la chance, le privilège diront certains, de pousser la grande porte. Et une fois à l’intérieur, c’est un mélange de sentiments. La nostalgie et la fierté, quand notre regard se pose sur les grands cadres qui immortalisent à jamais les passages dans ces lieux de modèles comme Benoit Pedretti ou Marvin Martin. Et cette désagréable impression que tout a vieilli. Car qu’on le veuille ou non, ce château n’est plus tout neuf. Un symbole qui en dit peut-être aussi long sur le modèle de formation du FCSM.sochaux

Aucun joueur formé au club dans l’équipe-type

La Gambardella glanée au milieu d’une période morose pour le club ne cache pas une forêt. La reprise en main opérée par le board sochalien il y a quatre à cinq ans porte ses fruits. A l’instar du remplacement de Jean-Luc Ruty (dont le travail ne peut qu’être loué) par Eric Hély à la direction, et les nominations d’anciens de la maison jaune et bleue à la tête des équipes de jeunes (Frau, Baudry et Gnanhouan) en remplacement d’éducateurs sans passif professionnel.

Mais trop longtemps, on a laissé ce château et ses talents dépérir. Cette saison, pour la première fois depuis 2000, aucun joueur formé au club ne figure dans le groupe resserré d’Olivier Echouafni, appelé à participer à la majorité des matches. Oui, aucun joueur formé au club ! Thuram, Robinet ou encore François sont tout près mais ont encore une marche à gravir. Quant à Onguéné, après avoir cru à son installation, les dernières mises en place et la signature d’un défenseur ne devraient pas lui permettre d’enfiler un costume de titulaire en 2015-2016.

1993-1996, le vide générationnel

Pourtant, depuis l’arrivée des nouveaux investisseurs, ce savoir-faire sochalien est porté comme un étendard. Peut-être même plus qu’au temps de Peugeot. Un savant alliage entre joueurs cadres, recrues et pépites de la formation. Cette saison, le troisième ingrédient restera sur le banc.

La faute à un vide générationnel. Entre la génération 1993 de Sanjin Prcic, prometteuse dans ses résultats en équipe de jeunes mais parmi laquelle seul le Bosniaque a percé, et la génération 1996 de Thomas Robinet : rien. Tout juste un petit Mickaël Malsa (1995). Or c’est bien là le problème. Dans son histoire, le FCSM n’a toujours du ses succès qu’à ses produits maison. Lors du dernier embarquement pour l’élite, il y a déjà quatorze ans, Pedretti, Daf, Meriem et Frau étaient les Lionceaux d’une équipe joueuse et insouciante. Le fameux troisième ingrédient, auxquels avaient été ajoutés les deux autres : joueurs cadres (Flachez, Manac’h, Rasckhe, Fernandez, Crucet, Chedli) et recrues (Santos, Pagis, Trapasso). Ingrédient, chaînon, appelez ça comme vous voulez, mais le constat est là : il manque à cette équipe un petit quelque chose qui l’empêchera peut-être, hélas, de voir grand à court terme.

Dans une ou deux saisons heureusement, si la génération Gambardella ne se perd pas en route, tout semble réuni pour viser les étoiles. L’exemple de Metz, vainqueur de la compétition reine chez les jeunes en 2010, puis promu deux fois en deux ans en 2013 et 2014. Ne soyons pas trop pressés.

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Auteur: Rémi Farge

2 commentaires

  1. et Roussillon

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    • Il apparaît deux fois dans le tableau. Qu’est-ce qui manque ?

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