Bilan de l’effectif sochalien : latéraux

Grâce à notre partenaire Instat, nous disposons de données sur la Ligue 1, Ligue 2, le National et la Jupiler League belge. De quoi dresser un bilan statistique de l’effectif sochalien, en comparant les joueurs poste pour poste à leurs homologues de L2. Mais aussi explorer, pour le fun, les pistes de recrutement les plus prometteuses sur les différents championnats. Nous commençons la série par le poste de latéral.

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L’évaluation des sochaliens

L’analyse en composantes principales (ACP) constitue une solution intéressante pour représenter des données multivariées en deux dimensions. Sans rentrer dans les maths, on retiendra que l’ACP nous permet ici de rapprocher les joueurs qui présentent le même profil statistique, à partir des corrélations intrinsèques au jeu de données. En positionnant les sochaliens sur le graph, nous pouvons donc retrouver les joueurs qui présentent le même rendement en L2, mais aussi repérer les joueurs qui, dans le même style, ont un rendement supérieur.

Le graphique s’interprète de la manière suivante : les joueurs particulièrement performants se retrouvent dans le cadran de droite. En bas, nous avons les latéraux qui présentent un profil défensif (duels, duels aériens, en qualité et en volume). En haut, les latéraux au profil offensif (passes, passes clés, centres et tacles, qui étonnamment sont corrélés à ce style offensif). Les joueurs qui se montrent performants dans les deux dimensions se trouvent positionnés à droite au centre.

Pour comprendre comment fonctionne l’ACP, on peut observer les profils extrêmes au radar. Tout à gauche sur l’ACP, avec des performances si désastreuses qu’elles plaident pour l’erreur de codage, nous avons Etcheverria. Mayembo n’a l’air de n’avoir joué que des ballons aériens. Alphonse est le paradigme du latéral défensif, Zedadka son alter ego offensif (avec un profil de milieu plus que de latéral). Enfin Mendy représente un profil complet.

Côté sochalien, on notera la bonne performance d’Alphonse, positionné parmi les meilleurs latéraux défensifs : il a le record de duels aériens réussis, et se trouve même sur cette statistique parmi les meilleurs latéraux de L1, L2, National et Jupiler ! Cette performance défensive est intéressante, puisqu’elle contraste avec le profil que j’en dressais à son arrivée : à Bourg, son club précédent, Alphonse était, en effet, l’un des latéraux les plus offensifs de L2. Preuve que les profils individuels peuvent varier selon le rendement de l’équipe.

Pour un joueur qui a joué sur son mauvais pied et dépanné à un poste qui n’est pas le sien, Gibaud apparaît plutôt bien positionné parmi les joueurs à orientation défensive. Le jeune Pendant vient se positionner dans une zone de performance intéressante, qui le rapproche des latéraux complets. S’il peut continuer à progresser, il peut offrir une vraie solution à gauche : la qualité est présente sur les gestes défensifs, reste à confirmer en volume de jeu. La visualisation sous forme de radars complète cette lecture.

Qui recruter à l’ACP ?

L’intérêt de l’ACP est de prendre en compte de nombreuses variables (et de rendre compte de leurs corrélations). Par exemple, on peut penser qu’il vaut mieux recruter le 5e latéral en termes de duels s’il est aussi le 5e en termes de centres réussis, plutôt que le 1er au duel, mais qui serait mauvais sur les centres ou toute autre dimension mesurée. A moins que l’on ne cherche un profil de spécialiste sur un secteur particulier du poste. La qualité des indications que l’on peut obtenir à l’analyse factorielle dépend cependant beaucoup de la pertinence (et de la qualité) des variables choisies. Il existe peut-être des variables cachées, comme le nombre d’interceptions, qui donneraient un autre tableau. Ce que l’on vérifiera, notamment, pour les milieux défensifs. Tout cela est donc toujours à prendre avec des pincettes.

Un élément de variation intéressant consiste à retenir ou non les valeurs de qualité (en % de réussite) sur les gestes et actions mesurées. De base, j’inclus dans l’ACP le nombre de gestes réussis par 90 minutes, ce qui est une mesure mixte de la qualité et du volume. L’avantage est une certaine robustesse, puisqu’il s’agit d’événements répétés. Le défaut est que les valeurs en volume dépendent aussi beaucoup de la performance de l’équipe : une équipe qui a la possession utilisera moins ses défenseurs au duel. L’ACP permet d’intégrer les deux valeurs en qualité et en volume de gestes réussis, ce qui permet d’affiner l’analyse et de faire ressortir des signaux plus faibles : des joueurs plus jeunes, au volume de jeu moindre, mais qui atteignent une grande sûreté technique, et dont on peut penser qu’ils pourront confirmer sur ces bonnes dispositions sur un plus grand nombre d’événements mesurés.

En Ligue 2

Sur la L2, 2 joueurs se distinguent par leur bonne performance, aussi bien défensive qu’offensive : Mendy (LD, Havre, 21 ans), Aguilar (RD, Auxerre, 24 ans). Le phénomène est bien évidemment Ferland Mendy du Havre, dont l’Equipe nous apprenait qu’il était suivi par Bielsa himself, et pour lequel abondent les rumeurs de transferts. Du côté des profils offensifs, on distinguera les Lensois Zedadka et Lala (ce dernier plus complet). Côté joueurs défensifs, Digbeu (Bourg) et Seidou (Orléans) offrent des performances intéressantes.

Si on repasse ces profils sur le radar, et que l’on y ajoute les joueurs extrême défensivement (Digbeu, 24 ans, Bourg) et offensivement (Zedadka), on voit bien comment les profils se distribuent. La sur-performance défensive de Digbeu se fait au détriment du rendement offensif, et vice versa pour Zedadka, là où les autres joueurs retenus présentent un profil plus équilibré.

Et la Ligue 1 ?

Si l’on joue au même jeu sur la L1, ressortent (sans surprises ?) Meunier, Jallet, Aurier (complet), Maxwell (la classe offensive), Marçal et Muratori (orientation défensive).

Où sont les pépites belges ?

Mais le jeu de la détection de profil est sans doute plus intéressant pour la Jupiler, qui semble comporter de bons latéraux offensifs. Sur ce registre, Kenny Saief (23 ans, Gent), Touba (19 ans, Bruge) ont l’air prometteurs. Galitsios (Lokeren, 30 ans) et Mata (Charleroi, 24 ans) représentent les profils plus défensifs.

Des affaires en National ?

Enfin, le National nous offre sans doute le meilleur réservoir de joueurs pour les clubs de L2, mais sans que ressorte un choix évident pour les latéraux, avec l’impression d’une certaine homogénéité. Belhadj (34 ans, Sedan) se distingue par son profil offensif impressionnant. Soubervie (33 ans, Chambly), Keita (28 ans, Concarneau) offrent des profils médians. Soaré (Créteil, 22 ans), Marie (PFC, 28 ans) et Bansais (Pau, 23 ans) complètent le tableau avec une orientation plus défensive. On remarquera que Senzemba (prêté à Pau) présente des stats franchement décevantes par rapport au potentiel qu’il avait pu montrer à Sochaux.

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Auteur: Jon Bon Bonal

Converti de fraîche date, born again du Fc Sochaux, il écrit sur la tactique quand il ne déblatère pas en tribune nord.

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