Reims 0 – 1 Sochaux (11/02/2017)

A défaut de l’exercice des notes des supporters, suspendu cette semaine, je vous propose un petit debrief statistique de la victoire sochalienne à Reims (0-1), grâce à notre partenaire Instat. Du fait, de l’horaire, je n’ai pas pu voir le match, c’est donc un exercice de debrief à l’aveugle ! Voyons quels enseignements nous pouvons tirer des données. 

Je retiens 4 petits focus : (1) la physionomie de la rencontre et les dispositifs tactiques, (2) le style Konaté, (3) l’entrée de Touzghar, et (4) les points forts de l’effectif rémois.

Schémas tactiques et profil de la rencontre

Positions moyennes : 4231 vs 433

La grande nouveauté côté sochalien tenait dans ce match à un retour aux fondamentaux : l’abandon du 442, destiné à intégrer au plus vite les recrues offensives, Larbi et Touzghar, et qui avait échoué dans les grandes largeurs, au profit d’un retour au 433. Comme Reims se présentait de son côté en 4231, nous avons deux dispositifs qui sont le miroir l’un de l’autre.

Avec le but d’Andriatsima à la 12e minutes, le match a toutes les caractéristiques d’une attaque-défense : une possession déséquilibrée en faveur des locaux (56-44), avec un même un pic extrême entre la 60e et la 75e (71% pour Reims). Le moment correspond à l’intervalle entre les changements rémois (Chavarria 59e, Charbonier 67e) et sochaliens (Touzghar, 64e, Martin et Ramaré 76e). On constate aussi l’écart entre la hauteur des deux lignes défensives ou le positionnement des latéraux, avec un Métanire qui joue plus haut que les ailiers sochaliens !

Circuits de passes

Du point de vue de l’animation, on voit des Rémois qui tentent de contourner le bloc mis en place par les sochaliens, quand ces derniers se permettent des transmissions plus directes avec Andriatsima en Target Man. Au final, avec 4 tirs cadrés contre 3 pour les sochaliens, 16 tirs contre 11, la domination rémoise ne s’est pas convertie en un torrent d’occasions. Le discours du retour aux fondamentaux de la défense et du bloc-équipe chez Cartier a été suivi d’effets.

Le cas Konaté

Depuis sa titularisation contre Monaco, le jeune Konaté accumule du temps de jeu avec des prestations convaincantes. Dans les stats, il ressort cependant avec un profil curieux, dont il faudra voir s’il se confirme sur la durée. 

La comparaison du rendement de Konaté et d’Ogier fait apparaître une grosse dissymétrie : si Konaté a disputé un peu plus de duels qu’Ogier (20 contre 16), avec un meilleur rendement qualitatif (80% de succès contre 60%), Konaté n’a que 5 duels aériens contre 12 pour Ogier. Cette tendance est raccord avec ce que l’on constate sur la saison, avec un panel de matchs encore très restreint pour Konaté.

C’est à se demander si Konaté n’a pas un profil un peu mixte, de milieu défensif, plus que de central pur, sachant qu’il a déjà aussi joué à ce poste (mais qu’il préfère être face au jeu en défense). Si on ajoute à cela qu’Ogier n’est pas le joueur le plus performant au niveau des ballons aériens, où il « ramasse » moins que Onguéné ou Teikeu, on peut se demander si une charnière Konaté / Teikeu ne pourrait pas être complémentaire. On notera enfin qu’Alphonse a disputé un nombre important de ballons aériens (10 dont 9 remportés !), avec un placement plus reculé que d’habitude, ce qui pourrait peut-être aussi expliquer, par un effet de vases communicants, la donnée de Konaté.

L’entrée de Touzghar

Alors que j’avais plutôt été très déçu des précédentes entrées de Touzghar, qui impliquait de surcroît un changement tactique peu performant à 2 pointes, j’ai l’impression cette fois que les données sont franchement en sa faveur… alors même qu’il a vu un de ses buts injustement refusé.

Je comprends qu’il est rentré comme ailier, à la place d’Honorat, sans repasser à deux attaquants axiaux, ce qui ouvre des possibilités nouvelles pour en faire le meilleur usage.

Sur un faible volume de jeu, Touzghar arrive à 80% de duels gagnés, là où Honorat est à 33%. Dont 75% de duels gagnés en phase offensive contre 0% pour Honorat (!) ou 38% pour Sao. Touzghar a donc produit plus de différences offensives en 30 minutes que Sao et Honorat en 75, mais il avait l’avantage d’entrer contre une équipe déjà usée. S’il peut jouer sur l’aile et confirmer ce signal sur la durée, Touzghar pourrait bien apporter la plus-value qui manquait à l’attaque sochalienne.

Les qualités de Reims

Dans nos articles sur les ratio de tirs cadrés (sotr), Reims apparaissait comme l’une des grandes anomalies du championnat : une équipe qui cadre peu, souvent dominée dans les tirs cadrés, mais qui engrange des points. Le match contre Sochaux illustre à la perfection les forces de cette équipe qui est munie de plusieurs top players sur les lignes de la défense et du milieu.

Janvier, Métanire, Devaux, Da Cruz produisent un niveau de performances que je ne suis pas habitué à constater sur les radars ! Voir, par exemple, la performance de Tardieu, sans doute l’un des meilleurs milieux de L2, à ce point relativisée est tout à fait inhabituel. Ceci dit, cette anomalie s’explique, en partie, par l’influence combinée de la possession, puisque le volume de jeu des Rémois est mécaniquement supérieur, et du milieu à 3, puisque les tâches sont partagées entre Tardieu, Ilaimaharitra et Fuchs, au lieu de deux joueurs. On notera, en outre, la prestation, extrêmement intéressante de Fuchs, qui non seulement obtient le records de tacles, mais qui a aussi su orienter régulièrement le jeu vers l’avant. Fuchs s’impose quand Marco plafonne (27% duels défensifs gagnés contre 60% Fuchs et 50% Tardieu).

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Auteur: Jon Bon Bonal

Converti de fraîche date, born again du Fc Sochaux, il écrit sur la tactique quand il ne déblatère pas en tribune nord.

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