Mohamed Larbi : un tour par les stats

Le suspense s’achève, après des négociations qui ont un peu traîné en longueur, le milieu offensif Mohamed Larbi, sans contrat depuis son départ du Gazelec rejoint le FC Sochaux. Comment Larbi peut-il s’intégrer dans l’effectif de Cartier ? Quel est son profil ? Que pouvons-nous en attendre sur le terrain ? C’est ce que nous allons regarder avec un petit tour dans les bases de données statistiques. 

Larbi a connu une carrière contrariée, après son départ de Nantes, avec un long passage dans le monde amateur. Il a re-découvert le professionnalisme avec le Gazelec. Il a participé aux deux montées consécutives et réussi une belle saison en L1 (30 titularisations, 8 buts, 3 passes décisives). Il a aujourd’hui 29 ans, son pied fort est le droit.

Larbi correspond au profil recherché par Cartier, un joueur qui connaît la L2. Larbi arrive cependant dans un effectif où les joueurs ne manquent pas, en quantité, au poste de milieux offensifs, dans l’axe ou sur les ailes : Bérenguer, Martin, Sao, Honorat, Robinet. En apparence, nous sommes loin d’un recrutement indispensable, alors que l’équipe n’a pas d’arrière-gauche de métier, et plus d’attaquant de remplacement.

Mais on peut aussi se dire que cette ligne sous l’attaquant est celle dans laquelle Sochaux manque le plus de qualité, avec des joueurs trop intermittents (Sao) ou qui ne produisent pas suffisamment de différences (Bérenguer, Martin). En outre, Larbi a les qualités pour jouer en attaquant de soutien, associé à Andriatsima (sans garantie aucune pour occuper le poste seul en pointe, en revanche).

Ce qu’en disent les observateurs

Larbi arrive précédé d’une réputation plutôt favorable. Les témoignages de supporters et d’observateurs vont dans ce sens.

Instat

Ne connaissant pas le joueur, un détour par les stats peut nous permettre d’en savoir plus sur son profil. Grâce à InStat, qui nous a généreusement fourni les données sur ses 20 derniers matchs, nous pouvons nous faire une idée des qualités du joueur.

Le profil InStat indique comme qualité principale la contre-attaque, ce qui est sans doute un effet du style de jeu pratiqué par le Gazelec. Larbi ne sera sans doute pas dépaysé avec le Sochaux de Cartier. Tirs de loin et orientation du jeu apparaissent comme les deux autres qualités principales du profil.

Mais où se place Larbi par rapport à nos autres milieux offensifs ? Faute de données sur la demi-saison en cours en L2, j’ai comparé les données de Larbi (20 derniers matchs en L1) avec les données sur la saison précédente de L2. Histoire d’avoir un rapide aperçu comparatif, étant bien entendu que l’on compare des performances de L1 et des performances de L2 et que les graphiques sont donc défavorables par défaut à Larbi.

Sont intégrés dans la comparaison milieux offensifs, axiaux et excentrés. Les « boxplots » représentent la distribution des performances sur chaque statistique. Le trait en gras correspond à la médiane (la moitié des joueurs concernés font mieux en L2, l’autre moitié moins), la boite aux deux quartiles centraux (25% des joueurs), etc. Le top 3 est indiqué pour chaque stat nominativement. Le trait rouge correspond à la position de Larbi.

Sur ces données Larbi présente un profil de 2e attaquant, actif devant le but. Il est bien meilleur que nos joueurs pour ce qui est des buts, des tirs cadrés (où Bérenguer ressort), des passes décisives, des passes réussies. Il ne ressort pas particulièrement sur sa capacité d’élimination individuelle (dribbles, duels d’attaque). Il est en retrait sur les passes clés (qui débouchent sur un tir) et les passes réussies vers la surface. C’est assez étonnant, dans la mesure où ce type de passes sont celles qui mènent à des passes décisives (secteur où il brille).

En gardant en tête l’écart entre L1 et L2, on peut s’attendre à un joueur qui sera plus régulièrement décisif face au but que nos actuels titulaires de la ligne sous l’attaquant, mais dont il ne faut pas attendre une plus-value dans la construction du jeu dans les 30 mètres adverses (ce que de toute façon on ne sait ou on ne cherche pas tellement à faire). J’ajouterai que ce profil le positionne naturellement dans l’axe et limite fortement la possibilité de l’utiliser efficacement sur un côté (même s’il penche plutôt à gauche). Ce qui a un impact sur le schéma de jeu et notamment l’abandon du 433 au profit d’un 4231 ou 442.

Un détour chez Wyscout confirme l’impression d’un joueur qui est assez proche des volumes de Bérenguer ou Martin, avec toujours un surcroît de qualité ou de précision dans l’exécution. Cela vaut aussi bien pour les tirs que pour les passes (ce qui va à l’encontre de la bizarrerie notée précédemment). Et le tout sans tenir compte de l’écart des divisions dans lesquelles ont été réalisées ces performances.

En conclusion, nous avons manifestement à faire à un recrutement qui ajoute de la concurrence sur un poste bien fourni, qui obligera sans doute Bérenguer et/ou Martin à basculer sur l’aile. Ce recrutement ajoute de la qualité à l’effectif actuel. Restent les inconnues que sont l’état physique du joueur, sa capacité à intégrer rapidement le groupe. Mais c’est un joueur qui peut permettre à Sochaux de se faciliter la vie, en améliorant la conversion des situations offensives.

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Auteur: Jon Bon Bonal

Converti de fraîche date, born again du Fc Sochaux, il écrit sur la tactique quand il ne déblatère pas en tribune nord.

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