Anciens du centre – Pierrick CHAINTREUIL

Attaquant, Pierrick Chaintreuil a passé 4 ans au FCSM. Il vient de rejoindre Ornans, pensionnaire de CFA 2, pour un défi intéressant. Il nous retrace sa carrière, ses objectifs et projets, tout en évoquant ses années et son expérience à Sochaux.

Peux-tu te présenter en retraçant ton parcours ?EFFECTIF CFA2 08-09 023

J’ai 26 ans. Je suis originaire du sud, d’Avignon. J’y ai joué, jusqu’à ce que je signe à Sochaux à 14 ans. J’y suis resté 4 ans, jusqu’à mes 18 ans. Ensuite, j’ai signé à Bastia 2 ans (CFA et groupe pro). Avec la descente de Bastia en National, le club a écarte pas mal de jeunes. J’ai signé au Pontet en CFA pour un an. Puis j’ai rejoins Vesoul deux ans (CFA 2 et CFA), suivi d’Anglet pour deux ans également (CFA 2) et là je rejoins Ornans en CFA 2.

A quel poste évolues-tu ? Un modèle à ton poste ?

Je jouais attaquant de pointe jusqu’à mon arrivée à Bastia, où le jeu était différent de Sochaux et où l’évolution du foot a fait que les équipes cherchaient des attaquants fort dos au but, pour garder le ballon… alors que moi je suis un joueur très rapide, bon dans les appels, l’élimination et la profondeur. Donc mon style correspond plus pour jouer sur le côté dans le foot d’aujourd’hui. Mais moi je me sens bien aussi bien devant que sur les côtés. Et mon modèle est Thierry Henry.

Quels sont tes principales caractéristiques et les points sur lesquels tu cherches à progresser ?

Je suis rapide, bon tactiquement, j’ai de la qualité pour les centres et sur coup de pied arrêtés, je suis bon dans les duels offensifs et défensifs, je suis un compétiteur. Et il faut que je progresse sur mon jeu de tête, mon jeu de corps, dos au but, mon pied gauche.

Est-ce que tu suis toujours l’actualité de ton club formateur ?

Oui, je suis tous les clubs où je suis passé. Je ne connais malheureusement presque plus aucun joueur de l’équipe, ceux des générations 88-89-90-91 sont tous partis. Je suis en contact avec des anciens comme Mathieu Peybernes, Yannick Konki, Alseon Gwadoum Sagoua, Armand Ndjama… Ceux des générations dont je vous parle et j’ai dû revoir coach Hély deux ou trois fois mais pas plus.

Comment avais-tu été repéré par le FCSM ?

Je jouais à Avignon en 13 ans, on était le meilleur club de la région PACA, ce qui a attiré pas mal les recruteurs. J’avais également été sélectionné à la Predator Cup, qui faisait des tests et rassemblait les 5 meilleurs joueurs de chaque région. Du coup j’avais eu pas mal de contact comme Monaco, Lyon, Bordeaux et Auxerre entre autres. Mais le fait de connaître Philippe Anziani et d’être ami avec son fils Baptiste a fait pencher la balance.

Peux-tu nous parler de tes années au centre de formation du FCSM ?

C’était la folie ! Partir de chez soi à 14 ans, c’est dur. Et c’est peut-être ce qui fait que beaucoup ne réussissent pas. En 14 ans, je finis meilleur buteur. En 15 ans et 16 ans aussi. Après, tout le monde te trouve le plus beau, le plus fort et en 18 ans je prends surement un peu le melon.

Je rencontre une fille qui m’éloigne du foot et voilà je me blesse et c’est descente aux enfers, saison blanche. Mais bon je retiens que le positif. L’ambiance les jours de classico, des PSG-OM avec des chaises qui volaient, les bizutages avec les générations d’en dessous, les entraînements à 4h00 du matin quand quelqu’un faisait une connerie, les parties de PlayStation interminables (j’étais le meilleur du centre) ! Le centre, c’est le top. Mais il faut être fort mentalement pour rester focus football.

Quels conseils donner aux jeunes actuels du centre pour atteindre le rêve de devenir professionnel ?

Comme je disais : rester focus football, écouter les éducateurs et travailler, encore travailler.  Le talent, les qualités, ça suffit pas. Tout le monde en a. Si t’arrives jusqu’en CFA, dans un centre comme Sochaux, la différence elle se fait souvent hors du terrain, dans la tête et les à- côtés qui sont touts aussi importants. Moi je m’en suis rendu compte trop tard. Il ne faut pas écouter tous les « agents » qui veulent te faire partir à Liverpool ou au Bayern… Être bien entouré est très important. Rester focus football…

Quels souvenirs au FCSM ?

Trois meilleurs moments, impossible de choisir. D’abord, en 16 ans, les 2 matchs contre Lyon : je mets un doublé à l’aller, on gagne 4-1, et triplé au retour où on gagne 4-2. Il y avait Lacazette, Grenier et compagnie en face. Et puis il y a le tournoi de SixFours qu’on gagne avec une ambiance de folie dans le groupe. Et en dernier, le tournoi de Mont-Pilat : on perd en finale contre l’ASSE, mais je finis meilleur joueur du tournoi avec des joueurs comme Anelka et Ayew au palmarès.

Mon pire souvenir, c’est la saison en 18 ans : claquage, opération des adducteurs, re-claquage, saison blanche… Et la demi-finale de coupe nationale 14 ans perdue aux tirs au but contre l’Aquitaine.

Quel sentiment à ton départ du club et cette non-signature en pro ?

Mon départ du club s’est fait après cette saison blanche en 18 ans. J’avais fini les trois saisons d’avant meilleur buteur de mon équipe à chaque fois, et là j’ai senti qu’on croyait plus en moi, en me proposant de me garder, mais sans contrat, juste comme ça. Du coup, j’ai choisi d’aller à Bastia où M. Anziani, ancien coach de la réserve de Sochaux était devenu le directeur du centre.

Sur le coup, j’étais fâché et déçu. Mais en grandissant et en réfléchissant, je me dis que je n’étais pas dans le droit chemin et que je ne faisais plus ce qu’il fallait pour être professionnel, et donc que c’est logique.

Des personnes du club en qui tu es reconnaissant ?

Mes 3 coachs, Manac’h, Mérieux et Hély, m’ont marqué et m’ont fait progresser. Le préparateur Jean-Philippe Blanc, lui, on le déteste quand on est au centre, mais quand on n’y est plus, on se rend compte qu’il est très fort dans ce qu’il fait. Et que s’il nous « tue », c’est pour notre bien ! Et le docteur et les kinés aussi, bien sûr, qui sont toujours à notre disposition.

Quels sont les joueurs qui t’ont marqué lors de ton parcours à Sochaux ?

Oh il y en a pas mal. En numéro un, Ryad Boudebouz bien sûr. C’était mon pourvoyeur numéro 1 ! J’ai dû mettre 40 buts sur ses caviars. Il était trop technique ! On était dans la même chambre et on s’entendait super bien, que ce soit sur et en dehors du terrain.

Jérémy Ménez, quand je suis arrivé, il était encore au centre, c’était un phénomène ! Après, il y a Adrien Baur, peut-être le plus technique que j’ai vu. Martial Riff, le plus bosseur de tous : une machine et un mental de guerrier le mec. Enfin, Marvin Martin aussi, un bosseur et, en plus doué, techniquement et leader !

Que penses-tu du centre de formation Sochalien ?

Niveau infrastructure, je pense qu’il n’y a pas beaucoup mieux. C’est top 5 Français. Le château est magnifique, le couvert je pense que c’est le plus beau également, il y a tout vraiment tout pour réussir. Excepté Coach Hély, qui est très bon avec les jeunes, je ne connais pas tous les éducateurs, mais pour être là ils doivent être bons.

Que penses-tu du départ de Peugeot et de l’arrivée du groupe Ledus à la tête du FCSM ?

Franchement je n’ai pas trop suivi tout ça. Après pour moi, Sochaux ça restera associé à Peugeot.

Après cette aventure au FCSM, tu évolueras avec l’équipe B de Bastia. Quels souvenirs de ces années ?

Une autre mentalité, un cadre de vie au top, des supporters magiques. J’ai fait que 2 ans mais c’est devenu un club super important pour moi… Je n’ai que de bons souvenirs. En plus, je m’entraînais avec les pros, et notamment Pierre-Yves André qui était un exemple de professionnalisme et un top joueur. Les spécifiques attaquants avec Frédéric Née, on était gâté, nous les joueurs offensifs. Le seul regret, c’est la descente en national et le fait que, du coup, ils ne donnent pas la chance aux jeunes cette année-là.

Puis, nouvelle aventure au FC Sarlat Marcillac. Un mot sur cette expérience ?

Ça, c’est un concours de circonstances, Bastia nous dit au dernier moment qu’il ne nous garde pas. Du coup, je me retrouve sans rien en juin, je fais le stage UNFP et je fais un essai de deux semaines à Kilmarnock en Premier League Écossaise où je passe à travers. Arrive août, je n’ai rien de concret, je connais 2 potes Bastiais qui signent à Sarlat, une DH qui voulait monter. Il y avait pas mal de moyens, je ne voulais pas me mettre au chômage. Je signe, mais au bout de six mois je pars pour Le Pontet.

C’est ensuite au club Le Pontet en CFA que tu réalises un court passage. Un mot ?

Je suis d’Avignon, donc j’étais heureux de revenir. Il y avait, en plus, deux de mes meilleurs amis dans l’équipe et plusieurs potes, Armand N’Djama Iroume et Aleson Gwadoum Sagoua, deux anciens sochaliens notamment.

J’avais fait des sacrifices en me mettant au chômage pour les rejoindre, mais au final on a fait une année mitigée, même si on avait une super équipe sur le papier. L’ambiance pourrie du vestiaire, avec des clans, a fait qu’on fait une saison moyenne et on a fini au milieu de tableau.

Enfin, il y a également cette belle aventure au FC Vesoul où vous montez en CFA. Un commentaire ?

Ma copine faisait une école dans l’est, donc je cherche un club dans l’est et Vesoul me propose quelque chose de bien. On avait une équipe pas mal, mais surtout un vestiaire et un état d’esprit magnifique. La preuve : on monte grâce à un but sur cafouillage à la 91ème minute du dernier match ! Magique ! La 2ème saison, le club fait venir des super joueurs, on a vraiment une grosse équipe, mais le club est rattrapé par la DNCG. Nous ne sommes plus payés, on fait des grèves d’entraînements. Moi, je me blesse 3 mois à la clavicule et du coup le club est rétrogradé en LR2 il me semble…

Cette saison, on a pu te suivre en CFA 2 avec Anglet. Comment ça s’est passé ?

Je signe à Anglet deux ans car je voulais retrouver le sud, même si là c’est le sud-ouest. On a une bonne équipe, on joue la montée, mais on ne monte pas. L’ambiance n’est pas exceptionnelle, j’ai des propositions d’au-dessus, mais je décide de faire ma deuxième année. Ce que je regrette. Au final, ce sera sera dur pour moi. Je ne m’entends plus avec le coach, je fais 26 matchs titulaires la 1ere année, là il m’en fait faire qu’une dizaine et quelques rentrées sans explication, alors qu’il a de mauvais résultats pour une équipe qui joue la montée. Donc je décide de chercher à partir et après 3-4 contacts, là je viens de signer à Ornans

Dernièrement, on apprend ta signature à Ornans. Un mot sur la saison à venir ?

J’ai choisi de signer à Ornans car je connais maintenant très bien la région, j’ai senti que le coach me voulait et que le club a fait ce qu’il fallait. De plus, je connais quelques joueurs de l’équipe avec qui j’ai déjà joué. En tant que promu, l’objectif du club sera logiquement le maintien, même si j’espère que l’équipe surfera sur sa montée pour avoir encore de super résultats. Moi, personnellement, mon objectif c’est le maintien également. Pour ça, je dois apporter mon expérience à ce niveau, car je dois avoir 150 matchs à peu près. Ma mentalité de gagneur et bien sûr quelques buts et passe décisives on va dire 6-7 buts, 9-10 passes, s’il faut donner un objectif.

Que te souhaiter pour la suite de ta carrière ?

De me maintenir avec Ornans et de prendre du plaisir, c’est le plus important. Et ensuite de passer et réussir mes diplômes d’entraîneur.

Un projet en vue en tant qu’entraîneur ?

Non, non, c’est encore loin pour parler et penser à un projet. Mais je m’occupe des jeunes, j’aime bien ça.

Et pour finir, un mot aux supporters sochaliens ?

Continuez à encourager les joueurs, ce n’est pas facile ces derniers temps, donc ils en ont encore plus besoin que d’habitude. Et courage, les résultats reviendront.

Toute La Bande à Bonal et moi-même remercions Pierrick Chaintreuil pour le temps qu’il nous a accordé et lui souhaitons une très bonne saison !

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Auteur: Alexis De Freitas

Spécialiste des jeunes du centre du FCSM (CFA aux U15), auteur à La Bande à Bonal et à Espoirs du Football, consultant Radio de Soyons Sport ⚽

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