Perquis : à Sochaux, mes meilleures années

Défenseur central, Damien Perquis a passé 5 ans au FCSM. Il nous parle de la vie en MLS, tout en évoquant ses années et son expérience à Sochaux mais aussi en retraçant sa carrière.

Tout d’abord, peux-tu te présenter en retraçant ton parcours ? troisieme maillot

Je m’appelle Damien Perquis, 32 ans dont 14 ans de carrière et 5 clubs durant cette carrière ! Je me sens encore prêt à continuer quelques années encore ! Je suis international polonais, que ça plaise ou non ! (clin d’oeil)

Pourquoi avoir choisi le poste de défenseur central ? Des joueurs qui t’inspirent à ce poste ?

Comme tous défenseurs, j’ai commencé devant puis je suis descendu de lignes année après année. C’est en quittant Clairefontaine que j’ai compris que c’était là que je m’épanouirai le plus. Cesare Maldini, Alessandro Nesta et Fabio Cannavaro sont les joueurs qui m’inspirent le plus à ce poste pour leur classe, leur intelligence et leur efficacité.

Quelles sont tes principales caractéristiques sur un terrain ? Sur quels points cherches-tu à progresser ?

Je dirai mon jeu de tête et mon jeu long qui ont toujours été ma marque de fabrique. Mon mental a aussi été une arme. Je déteste perdre. Mon principal défaut a été la concentration tout au long de ma carrière. J’ai gâché des matchs à cause de ça dans ma carrière. J’essaie de progresser tous les jours même si je suis proche de la retraite. En Espagne, j’ai beaucoup progressé dans le jeu court et dans les petits espaces.

Qu’est-ce que tu retiens de tes débuts à l’ESTAC ? Des conseils à donner aux jeunes qui cherchent à devenir professionnel ?

Ça a été du travail tous les jours. Avant de devenir pro, il y avait beaucoup de sacrifices. Tu n’as pas la même vie que les autres ados. Mes débuts ont été fantastiques à Troyes avec la montée dès la deuxième année. Mes conseils pour atteindre cet objectif sont beaucoup de travail et du respect. Le respect des anciens et être à l’écoute. Ils sont là pour notre bien.

Quel souvenir de ta première saison en Ligue 1 avec l’ASSE ?

Un apprentissage de la Ligue 1 difficile. Je joue pas beaucoup et là j’ai fait l’erreur du jeune petit con, qui pense que ça y est il est arrivé au sommet, qui gagne de l’argent. Grosse erreur ! Je l’ai payé cher au quotidien.

Tu arrives ensuite à Sochaux. Quel bilan fais-tu de ces saisons ?

Humainement mes meilleures années. Sportivement, sur le plan individuel, j’ai franchi un palier durant les 5 saisons là-bas. Collectivement, ça a été dur car on a lutté quasi chaque année pour le maintien. Mais ma plus belle saison a été à Sochaux où on décroche l’Europe après une saison magnifique. Je regrette mon départ de là-bas et la manière dont l’histoire s’est finie. C’est comme ça. Sans oublier les à-côtés. J’ai kiffé ma vie dans le Doubs, sincèrement. Je m’y sentais très bien.

Puis, tu quittes la France pour l’Espagne. Quelles différences ? Comment s’est déroulé l’adaptation ?

Le championnat est plus technique. Ça va plus vite. C’est je pense avec l’Angleterre le meilleur championnat au monde. L’adaptation s’est faite rapidement. Je maîtrisais la langue assez vite. Après la vie en Espagne est belle aussi. Tout le temps chaud. Beaucoup de pression autour du club. J’ai joué la coupe d’Europe, mais malheureusement à cause des blessures je n’ai pas beaucoup joué.

On te retrouve avec Toronto. Comment ça se passe actuellement ?

Dépaysement total. Le foot est en pleine progression. Les gens viennent de plus en plus au stade. Le niveau est bon avec beaucoup de Sud-américains et d’internationaux. L’adaptation à la vie a été un peu difficile. C’est totalement différent de ce que j’ai connu auparavant. Toronto est le big club de la MLS, avec beaucoup d’argent investi pour bâtir une belle équipe. Michael Bradley, Sebastian Giovinco et Jozy Altidore : ça suffit pour te dresser les ambitions. On veut bien figurer et décrocher le titre, mais on n’est pas seul ! Ce sera dur. Après le club est familial. Avec des infrastructures exceptionnelles. On n’a rien à envier à des tops français.

Qu’est-ce que tu retiens de tes expériences en sélection (Équipe de France en jeune et Pologne) ?

Des belles expériences de vie. Avec la France c’était un régal de côtoyer des joueurs comme Franck Ribéry, Lassana Diarra, Jérémy Toulalan… Une belle reconnaissance aussi pour mon travail durant la jeunesse. Après la Pologne, ça a été un choix avec ma grand-mère. On a réalisé notre rêve. Retrouver nos racines. Après, d’autres diront que c’est opportuniste. Mais je m’en fous. J’ai démontré à un certain niveau, un euro, ce qui n’est pas rien, que j’avais le potentiel pour réussir de belles choses.

Comment envisages-tu la suite de ta carrière ?

Je ne sais pas. Je vis au jour le jour. Avec ma petite famille qui me suit. Leur avis compte aussi. On verra bien. Mais finir en France est ma priorité. Pour les parents. Je veux qu’ils viennent encore me voir jouer.

Est-ce que tu suis toujours l’actualité du FCSM ?

Oui, je suis toujours le FCSM. J’ai encore des amis là-bas et dès que je peux j’y vais.

Comment avais-tu été repéré par le FCSM ? Pourquoi avoir choisi ce club ?

C’était Frédéric Hantz à l’époque qui avait provoqué mon prêt depuis Saint-Étienne. Je ne le remercierai jamais assez pour cette opportunité. A Saint-Étienne, c’était devenu compliqué. Et ensuite Francis Gillot a repris l’équipe et deux mois après son arrivée c’est lui qui a demandé à lever mon option d’achat.

Quels souvenirs à Sochaux ?

En règle générale de bons souvenirs. J’ai connu très peu de blessures. Des belles victoires. Mais même si c’était dur pour le maintien, on restait un groupe uni, une famille. Mon meilleur souvenir ? La saison 2009/2010. Et l’Europe au bout. Mon pire souvenir mes 5 fractures dans le bras un 3 mars 2012.

Quel sentiment et quelle relation avec les supporters au moment de quitter le club ?

Je pense avoir toujours eu une bonne relation avec les supporters. Je ne peux pas plaire à tout le monde mais je pense avoir laissé une bonne image. J’aimais défendre les couleurs de ce club et j’aime ce club. Le quitter a été dur. Je n’étais pas le seul décideur dans l’histoire. Je serai resté jusqu’à la fin de ma carrière si on avait voulu de moi.

Que penses-tu du départ de Peugeot et de l’arrivée de Ledus à la tête du FCSM ?

Je n’ai pas tous les éléments en main pour juger. Peugeot est parti et c’est triste. Cette famille a construit, bâti et tout fait pour ce club. C’est une grosse perte. Concernant Ledus je ne sais pas quoi penser. J’espère qu’ils feront la même chose que la famille Peugeot. Sans jamais oublier que ce club ce ne sont pas seulement des joueurs professionnels, son staff et un centre de formation. C’est beaucoup de gens de l’intendance au supporter en passant par l’habitant. Le FCSM c’est une région, c’est un moteur pour beaucoup.

Que penses-tu du centre de formation Sochalien ?

Ça me fait plaisir de voir autant de jeunes sortir pour aller avec les pros. Ça prouve que le centre de formation est performant. Je suis content pour les éducateurs et pour Eric Hély. Leur boulot paye et leurs méthodes ont les résultats. Après il ne faut pas mettre trop de pression à ces jeunes. Ils sont l’avenir du club mais ils ont besoin de ce temps d’adaptation et de perception de ce qu’est être un professionnel.

Es-tu resté en contact avec des anciens/actuels membre du club ?

Oui toujours ! J’ai jamais coupé le contact. Les docteurs, Freddy Vandekerkhove, Jeanine, Pierre-Alain Frau. Les kinés aussi. Et bien sûr Omar Daf et Aziz Bouras. Même avec les gens de l’administration et de la boutique je suis resté en contact. Jamais j’oublierai ces gens-là. Ils sont dans l’ombre mais ils ont fait de mes 5 années les plus belles de ma carrière.

Des joueurs qui t’ont marqué au FCSM durant ton parcours ?

Il y en a beaucoup. Teddy Richert était le capitaine et l’homme qui inspirait le respect. Jérémie Bréchet, mon collègue de charnière et parrain de mon fils. Stéphane Dalmat était le plus fort et un super ami. Après je vais dire que l’équipe 2009/2010 était très forte et elle m’impressionnait à chaque match. Kévin Anin était impressionnant. Honnêtement c’est dur de tous les citer mais chacun avait un rôle et apportait quelque chose de spécial. J’oublierai pas les anciens qui à mon arrivée m’ont intégré de façon géniale. (Stéphane Pichot, Romain Pitau, Michaël Isabey, Omar Daf et Teddy Richert). Je suis encore en contact avec beaucoup d’entre eux.

Des personnes du club en qui tu es reconnaissant ?

Francis Gillot, je lui serai toujours reconnaissant d’avoir relancé ma carrière. Je n’aurais peut-être jamais fait tout ça si je ne l’avais jamais croisé. Après ça, comme je t’ait dit je suis reconnaissant envers tous les gens qui œuvrent pour ce club et qui par un geste ou une intention ont œuvré à mon bien-être et à ma réussite à Sochaux.

Et pour finir, un mot aux supporters Sochaliens ?

Je sais que vous souffrez et que les temps sont durs. Mais on connaîtra des jours meilleurs et j’en suis sur. Continuez de supporter ce club. Il a besoin de vous. Je tenais encore à vous remercier pour votre soutien même encore aujourd’hui. Sochaux sera comme pour vous a jamais dans mon cœur. À bientôt.

Toute La Bande à Bonal et moi-même remercions Damien Perquis pour le temps qu’il nous a accordé et lui souhaitons une très bonne saison !

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Auteur: Alexis De Freitas

Spécialiste des jeunes du centre du FCSM (CFA aux U15), auteur à La Bande à Bonal et à Espoirs du Football, consultant Radio de Soyons Sport ⚽

3 commentaires

  1. Super interview. Par contre Damien fait deux fois l’erreur de confondre la saison 2009-2010 avec la 2010-2011, où l’on décroche effectivement une place en Euopa league

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    • Ah, ah, il a avoué quelques fautes de concentration :p

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    • merci Alexis Damien résume très bien ses années a Sochaux mais je n’oublie pas la manière dont on l’a évince

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