Teddy Richert, gardien de Bonal

Adulé du public sochalien, Teddy Richert a passé 11 saisons au sein de la maison Jaune et Bleu. Discret, nous n’avions que trop peu de nouvelles depuis son départ du club en 2012. Pour La Bande à Bonal, il a accepté de se confier, de revenir sur sa carrière, ses années sochaliennes et sur son aventure actuelle au Toulouse FC. Entretien avec l’ancien gardien du temple.

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Que devenez-vous Teddy Richert ?

Qu’est-ce que je deviens ? (rires) Ecoutez, après ma fin de carrière à Sochaux, j’ai intégré le Toulouse Football Club, le club dans lequel j’ai été formé. C’est un petit retour aux sources.

J’ai intégré le club en tant qu’entraineur des gardiens du centre de formation, avec le projet de mettre en place une politique globale de formation spécifique pour les gardiens de buts : de la pré-académie, des tous petits, jusqu’à l’académie, la pré-formation et la formation. Je suis venu pour mettre en place tout ce projet et m’occuper de l’entraînement spécifique.

Vous avez également fait un petit passage au sein du staff de l’équipe professionnelle du TFC…

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Le passage en professionnel a été un challenge de fin de saison, alors que l’équipe était en difficulté et que le staff avait été changé. J’ai intégré l’équipe professionnelle avec le directeur du centre de formation, en tant qu’adjoint de Dominique Arribagé. La solution a été interne au niveau des dirigeants et du président.

On était là, évidemment disponibles, évidemment surpris du changement de staff parce que bon… Avec le staff et notamment Alain Casanova, on avait d’étroites relations et on travaillait avec lui par rapport à la formation. Mais la solution a été interne. On a relevé le challenge et pris nos fonctions dans le but de maintenir l’équipe en Ligue 1. Ça a été fait. Par contre, ma venue a été dès le départ liée à la formation, donc c’est surtout ça qui m’intéressait.

Pour quelles raisons ?

J’ai été dans un centre de formation à Toulouse, mais je n’ai pas connu d’entraîneur spécifique et donc pas non plus d’entraînement spécifique. Je n’ai pas connu ce travail en dehors du collectif quand j’étais en formation, pas connu les variations selon les différentes catégories d’âge.

Le poste n’est pas nouveau, mais le travail et la progressivité sont pour moi nouvelles. C’est pour ça que je me sens bien dans ce poste. Il y a plein de nouveautés, plein de choses à mettre en place, un suivi, plein de choses que je n’ai pas connues dans mon propre parcours professionnel. On est dans autre chose : on ne prépare pas seulement les garçons à la compétition, on les fait évoluer de semaine en semaine, avec une programmation, une planification sur toute l’année. C’est complètement différent.

 

« J’ai demandé à retourner avec le centre de formation »

 

Donc le fait de quitter le staff de l’équipe professionnelle est une décision purement personnelle ?

Oui, tout à fait. C’est moi qui ai demandé à retourner au centre de formation. J’avais mis en place une politique spécifique pour les gardiens, que je n’avais pas encore terminée. Elle était en train de bien se mettre en place et j’avais envie d’aller au bout, de terminer mon travail. Il fallait du temps. Et j’ai pu aussi monter une petite équipe avec moi. Je voulais mettre tout ça en place et il fallait que je sois présent.

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Comment avez-vous vécu ce court passage chez les professionnels ?

Par rapport à joueur, c’est différent, parce qu’on n’est plus acteur. On est dans la préparation. Dans la préparation à la compétition sur la semaine, à préparer le gardien titulaire du mieux possible, à le mettre dans les meilleures conditions et à essayer de lui apporter des petits détails sur l’adversaire, sur ses performances. Il faut essayer de la guider un petit peu, de l’orienter. Après, on n’est pas acteur, donc c’est tellement différent, mais on essaie d’apporter son expérience et tout son vécu par rapport à la compétition.

Aziz Bouras nous expliquait vivre les matchs à 2000%, tout en faisant remonter le moindre ressenti sur les joueurs à l’entraîneur.

Ça dépend des staffs. Il y en a où il y a très peu d’échanges et où chacun reste dans son rôle et son domaine. Et puis des staffs où on échange beaucoup et où chacun intervient. Nous, on s’entendait très bien, on se connaissait, donc il y avait beaucoup d’échanges sur tous les domaines. J’intervenais aussi un peu sur le domaine défensif, mais dans tous les domaines aussi. Le principe était que tout le staff intervienne sur le quotidien : que ce soit le sportif, l’environnement, l’organisation. On était très actif et beaucoup dans l’échange.

« Qu’ils aient cette continuité de formation dès la pré-académie »

On pourrait tout de même vous retrouver à nouveau sur le banc d’une équipe professionnelle ?

Ecoutez, mon projet a été la formation. Je fais ce travail depuis trois ans. Cela fait trois ans qu’on met des choses en place, qu’on essaie d’innover, qu’on essaie de créer un environnement idéal pour la progression des jeunes. Et surtout qu’il y ait de la progressivité, qu’on puisse démarrer très tôt et qu’on sorte des garçons vraiment Toulousains.

Qu’ils aient commencé très tôt, c’est notre objectif, qu’ils aient cette continuité de formation, d’apprentissage dès l’académie et la pré-académie, c’est-à-dire 10-11 ans. Et qu’ils puissent suivre ce cheminement progressif dans le travail et dans l’entraînement. C’est le cœur de notre projet.

Après, je ne peux pas dire que je ne redeviendrai jamais entraîneur d’une équipe pro, pas du tout. Mais l’objectif était vraiment de revenir ici pour continuer le travail que j’avais commencé. Il y a des choses qui ont été mises en place, ça fonctionne plutôt pas mal. On a toujours des choses à améliorer, toujours à innover et à se perfectionner.

Vous vous inscrivez donc sur le long terme avec le Toulouse FC ?

Sur le long terme ? On est toujours sur des contrats de deux ans. Mais dans l’état d’esprit, oui. Je me projette sur le long terme, surtout pour les garçons. Contractuellement, on est lié pour deux ans, donc on ne peut pas aller plus loin si le contrat n’est pas renouvelé ! Mais dans l’esprit, c’est du long terme, surtout pour les garçons qui sont au centre de formation et ceux qui vont nous rejoindre.

 

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Quelles sont les qualités d’un bon entraîneur des gardiens ?

Déjà il faut avoir une bonne frappe de balle, parce que on est obligé d’être précis, d’être dans le bon tempo, d’adapter par rapport à ce qu’on veut voir, par rapport à l’intensité de la séance et de l’exercice. On est obligé d’avoir une bonne frappe de balle et de savoir varier les frappes.

Après, je crois que la grosse qualité d’un entraîneur, c’est de bien bien connaître ses garçons. Que ce soit sur le plan sportif, mais aussi sur le plan humain. Il faut être capable d’être beaucoup dans l’écoute, dans l’échange, de leur apporter notre ressenti par rapport à leur évaluation et aussi de leur faire profiter de notre expérience, si on a eu l’occasion de faire une carrière. Ils sont évidemment très preneurs.

 

« Les mollets d’Aziz ont souffert pendant de longues années ! »

 

Avez-vous un entraîneur des gardiens qui vous sert de modèle ?

Non, il ne s’agit pas de ressembler. A un moment donné, on est obligé de mettre des choses en place en fonction de l’individu qu’on a en face. Il n’y a pas qu’un exercice qui fonctionne ! Il faut s’adapter à l’individu et au garçon. Il n’y a pas de méthode qui, pour moi, fonctionne mieux que d’autres.

J’ai eu la chance de croiser pas mal d’entraîneurs des gardiens dont Aziz [Bouras] à Sochaux, Jean-Pierre Mottet à Lille, Dominique Dropsy à Bordeaux, Alain Casanova à Toulouse. J’ai eu l’occasion de croiser de nombreux entraîneurs, qui sont restés longtemps en poste et qui avaient pas mal d’expérience. L’important, je crois, c’est de prendre un petit peu à tout le monde. Personne n’a la recette miracle, mais je pense que tout le monde met en place des choses intéressantes. Il y a des exercices qui sont très intéressants… d’autres peut-être un peu moins. Mais l’important est de toujours adapter l’exercice à l’individu qu’on a en face de soi.

Aziz Bouras nous a parlé de vous comme un forçat de travail. Comment décririez-vous Aziz Bouras ?

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Ecoutez, ses mollets ont souffert pendant de longues années (rires) ! Il a eu quelques petits soucis musculaires, parce que c’est vrai que j’en demandais beaucoup et que forcément il était très sollicité pour frapper ! Avec Aziz, il y avait beaucoup de complicité. C’est un grand grand passionné, un grand passionné du poste, du football et du FC Sochaux.

Moi je l’ai été aussi, parce qu’à un moment donné, on a vécu de belles choses, de beaux moments et que l’attachement au club était important. On essayait de tout mettre en œuvre et de se donner à fond pour avoir les meilleurs résultats possibles. Ça fait qu’il y avait cette très bonne ambiance de travail. J’adorais passer du temps en séances.

J’ai aimé passer beaucoup de temps avec Aziz, parce que la volonté était de toujours s’appliquer, de toujours mettre le maximum de qualité dans nos séances. Et ça m’a fait énormément progresser d’avoir Aziz à mes côtés. Il était très important.

Et qu’avez-vous ressenti au moment de son départ pour le Qatar ? Avez-vous songé à quitter le club ?

Je n’irai pas jusque là… Je l’ai compris son départ, je l’ai compris. Il avait la volonté de bouger un petit peu, de connaître autre chose. Après, évidemment, il y avait tellement d’habitudes ensemble que c’était une grosse cassure. Mais de là à dire qu’il y avait la volonté de quitter le club par rapport au départ d’Aziz, je dirais non. Par rapport aux résultats, je dirais oui (rires) parce que les résultats étaient un peu difficiles ces années-là.

Les deux dernières saisons ont été plutôt difficiles. Mais je n’ai pas songé à quitter le club, plutôt à arrêter. Le départ d’Aziz était une grosse cassure, car c’est vrai qu’on se connaissait très bien. On avait pris un petit peu, non pas des habitudes car ce n’est jamais bon, mais on avait vraiment installé de la progressivité dans la semaine, une préparation particulière par rapport à la compétition, que je n’ai pas retrouvée après. C’était évidemment plus difficile de retrouver cette complicité dans le travail.

 

« J’ai démarré avec Alain Giresse »

 

Hors entraîneur des gardiens, y’a-t-il un entraîneur qui vous a marqué durant votre carrière ?

Il y en a beaucoup qui m’ont marqué en 17 ans de carrière ! (rires) Il y en a beaucoup, tous ont leurs particularités. Difficile de vous dire qui est le meilleur ou pas…

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Pas forcément le meilleur, mais que retenez-vous de certains entraîneurs ?

J’ai démarré ici avec Alain Giresse. Il y avait beaucoup la touche technique, un jeu basé sur la conservation. Il accentuait beaucoup sur les gestes techniques, même pour des joueurs défensifs. Être capable de conserver les ballons, être à l’aise techniquement, il y avait cette volonté là.

Après, j’ai croisé Elie Baup à Bordeaux. Là, c’était beaucoup de la gestion humaine et de groupe, car il y avait de très bons joueurs. C’était un bon niveau. Là, il fallait vraiment de la complicité, que le groupe vive bien ensemble pour avoir des résultats. On n’est plus dans un club moyen, avec des joueurs moyens où on essaie de développer des qualités individuelles. Je ne dis pas que c’est facile. Ce n’est pas plus facile, mais le travail est vraiment de faire que la mayonnaise prenne, que le club vive bien et aille chercher des résultats.

J’ai croisé Roland Courbis aussi : meneur d’hommes, une grosse présence dans le vestiaire, fin tacticien, capable de manipuler tous les systèmes et de surprendre tout le monde, même ses joueurs, par une tactique de dernière minute et la volonté de jouer avec l’adversaire.

Guy Lacombe, qui était à Sochaux, était très créatif dans les séances, capable de tirer profit du meilleur de ses joueurs. Il y avait beaucoup de plaisir en séance, même s’il était très rigoureux, un petit peu colérique par moment, et très exigeant.

Jean Fernandez aussi quand je suis arrivé à Sochaux. C’est un grand grand passionné, qui communique beaucoup avec ses joueurs. Il est très proche des joueurs. Il aime partager sa passion, transmettre sa passion et toute son énergie.

Vous parliez de Roland Courbis. Il est très critiqué ces derniers jours. Que pensez-vous de sa nomination à la tête du Stade Rennais ?

Je ne vais pas commenter le choix des dirigeants de Rennes. Après, quand on a des entraîneurs en activité, qui viennent dans l’entourage du président, ça laisse présager qu’il y a possibilité de remettre le survêtement et de reprendre l’équipe. Peut-être que sa volonté n’y était pas, mais c’est vrai que ça laisse quand même songeur…

 

« Un plaisir énorme ! »

 

Pour en revenir à votre carrière, êtes-vous satisfait de ce que vous avez réalisé ?

Je n’ai aucun regret particulier sur ma carrière, parce que j’ai beaucoup travaillé. J’ai essayé de donner le maximum pour être au meilleur niveau. Des regrets, on en a toujours sur le moment, quand on n’a pas de résultats, quand on est dans une période difficile, quand on ne réussit pas à être suffisamment performant pour l’équipe. C’est un peu difficile sur le moment. Mais après, quand on arrête, on fait le bilan : moi j’ai pris un plaisir énorme. J’ai pris un plaisir énorme à être sur le terrain. Un plaisir énorme à faire ce métier. Un plaisir énorme à faire un sport collectif, à vivre avec un groupe, à vivre plein d’émotions.

Il y a parfois des moments difficiles, mais aussi des moments extraordinaires. Vivre ça en sport collectif, c’est extraordinaire. Il y a toujours des moments forts quand on gagne des trophées. On a gagné la Coupe de France, la Coupe de la Ligue. Il y a ces moments très forts qui ressortent évidemment, avec tous ces supporters au Stade de France, avec une joie et un bonheur extraordinaires !

Vous n’êtes pas déçu de ne pas être allé encore plus haut ? Concernant l’équipe de France, n’avez-vous pas des regrets ? Ne pensez-vous pas qu’à un moment, vous étiez au-dessus de Grégory Coupet ?

Je ne veux pas me comparer à qui que ce soit. C’est très difficile de postuler en équipe nationale quand, malheureusement et c’est bête, mais quand on est dans un club comme Sochaux, qui est un peu moins médiatisé que d’autres, qui ne fait pas partie du top 5 en France.

C’est très difficile. Donc si on veut privilégier sa carrière et, entre guillemets, toucher un petit peu la sélection, il faut partir. Il faut partir, et moi j’ai fait le choix de rester, car je sentais qu’on pouvait avoir des résultats. Je sentais que le club progressait. Qu’avec tout ce qui était mis en place, il y avait beaucoup d’efforts faits au niveau du club. Je voulais en faire partie.

 

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« Toute une région était derrière le club et c’était extraordinaire »

 

 

Justement, pour vous, qu’est-ce que c’est le FC Sochaux ?

C’est quoi ? C’est un club dans lequel j’ai évolué pendant onze ans. C’est énorme de rester si longtemps. Pour moi, c’est une grande famille, une grande famille de passionnés. Je parle des supporters, des dirigeants, je parle de tous les gens que j’ai rencontrés au club. Il n’y avait que des gens passionnés, que des gens qui étaient vraiment fédérés autour d’un projet club, mis en place par Jean-Claude Plessis et certainement d’autres dirigeants.

C’était un très bon état d’esprit, des gens passionnés qui ont vécu de très belles périodes avec ce club, qui ont vu de très bons résultats, de très bons joueurs. Et Sochaux c’était un club qui s’était donné les moyens de réussir. Moi, quand je suis arrivé en 2001, les conditions étaient meilleures, mais, pour en avoir beaucoup discuté, avant les conditions d’entraînement n’étaient pas faciles. Tout a évolué, on a commencé à investir dans les terrains, à avoir de très bons vestiaires. On a commencé à avoir des effectifs plus étoffés, plus expérimentés. Donc il y a eu beaucoup de choses de faites.

Et tout ça autour de passionnés. On avait des supporters présents au quotidien, il y avait un grand engouement autour du club et de l’équipe. C’était de très bons moments. Alors, il y a d’autres clubs qui ont ce genre de soutien et de popularité, mais ça reste quand même… Montbéliard, c’est une petite ville et malgré tout, il y avait un engouement ces années-là ! Je sais qu’aujourd’hui, c’est plus difficile de fédérer, mais il y avait un grand engouement régional. Il y avait toute une région derrière le club et c’était extraordinaire.

 

« Trop de changements en trop peu de temps »

 

Comment est-ce que vous avez perçu la fin de votre aventure sochalienne ?

On a galéré pour se maintenir. L’objectif a toujours été de pérenniser le club en Ligue 1, avec des années plus ou moins faciles. Les deux dernières années ont été difficiles. Il y a eu un changement de présidence, des changements d’entraîneurs, beaucoup de départs, on a beaucoup rajeuni l’effectif pour mettre en valeur le centre de formation. C’est très bien, il y a toujours eu un très bon centre de formation. Des joueurs qui sont sortis du club, c’était aussi une priorité de profiter d’être en Ligue 1 pour faciliter le recrutement des jeunes et essayer d’en sortir quelques uns. Ça a toujours été le cas, mais c’était trop.

Trop de changements, sur trop peu de temps : on a beaucoup rajeuni, on a beaucoup recruté en urgence, alors que tout était programmé pour intégrer les jeunes petit à petit dans un groupe déjà expérimenté. Ça facilitait l’intégration du jeune, et l’apprentissage ou la fin de l’apprentissage. Ils étaient dans un cadre : je parle des Pedretti, des Frau, de Jérémy Mathieu, de Camel Meriem… Tous ces joueurs que moi j’ai connu, qui sont arrivés dans un groupe qui était quand même plus expérimenté et où ils ont continué à apprendre leur métier, dans un cadre un peu plus facile, où les résultats étaient là.

Les derniers temps, ça a été beaucoup trop exagéré. Il y avait beaucoup de jeunes, qui n’étaient malheureusement pas assez encadrés. Et on essayait toujours de recruter en urgence. On ne faisait pas forcément les bons choix… C’était très difficile. C’était une politique complètement différente. Ce n’était pas l’esprit que j’ai connu, donc c’était difficile aussi à vivre. C’était difficile aussi à accepter, parce qu’avec l’expérience et la connaissance que j’avais quand même du club, je sentais que ce n’était pas la bonne voie. Mais bon, il y avait des gens qui étaient convaincus que c’était le bon chemin à prendre…

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Aujourd’hui le FC Sochaux est 18ème de Ligue 2 et paie les erreurs du passé ?

Oui, je pense. Oui.

En parlant du FC Sochaux, connaissez-vous les gardiens du club ?

Je ne connais ni Olivier Werner, ni Maxence Prévôt. Papa Camara était un très jeune gardien, qui arrivait du centre de formation…

 

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Il vous avait remplacé…

Oui, il y avait eu une blessure et il s’était retrouvé par chance sur le banc. Et par chance, pour lui, je m’étais blessé en prenant un coup dans l’œil. J’avais du sortir contre Brest et il avait fait sa rentrée au Stade Bonal.

 

« Le FC Sochaux, ça a toujours été Peugeot »

 

Que pensez-vous du départ de Peugeot et de l’arrivée d’investisseurs étrangers ?

Je ne vais pas commenter l’arrivée des investisseurs chinois parce que je ne suis pas spécialement au courant et parce que je ne m’y connais pas. Concernant le départ de Peugeot, j’ai de la tristesse, je l’avoue.

Le FC Sochaux, ça a toujours été Peugeot, le club de la marque, le club de la famille. Je trouvais ça un peu triste, mais on s’y attendait, parce que c’est vrai qu’au fil des années, on avait un peu perdu le contact avec les dirigeants parisiens, qui descendaient de moins en moins. Il y avait plus de distance.

Ça ne vous a donc pas surpris quand Peugeot a annoncé son départ du FCSM ?

Non, parce que j’en avais eu des échos… Vous savez, j’étais là-bas depuis longtemps, donc quand on est joueur depuis très longtemps, j’étais au courant de tout ça. J’étais au courant que Peugeot cherchait à vendre le club. Je trouvais ça  dommage pour l’identité du club, pour l’appartenance de tous ces salariés Peugeot, qui ont été fidèles au club, attachés au club.

Ça n’empêche pas de l’être, mais le fait que la marque, l’usine, le stade, tout était vraiment localisé ensemble. Je trouvais que c’était une belle image et une belle vie d’une marque.

 

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« Une descente en Ligue 2, c’est très difficile à vivre »

 

Est-ce que vous avez suivi le match du 17 mai 2014 qui a fait descendre le FCSM en Ligue 2 ?

Contre Evian ? Oui.

Comment avez-vous vécu cette descente ?

Je l’ai vécu… J’étais debout chez moi… Je l’ai vécu… Très difficile à vivre devant la télé. Difficile… On a toujours l’espoir même si la saison avait été difficile… Mais, il y avait eu des bonnes choses. Je l’ai avais vu ici, même si ça avait été difficile contre Toulouse. Il y avait quand même beaucoup d’espoirs sur la saison, il y avait eu des bons matchs. Et puis, on espère toujours. Après sur un dernier match… nous, on l’avait déjà fait auparavant (soupirs).

C’est très très difficile de préparer un dernier match où on joue le maintien. Mais voilà, c’est malheureusement, comme je le disais, une politique et puis une succession de saisons où le club était en difficulté. Et malheureusement, un jour ou l’autre, on ne peut pas se maintenir chaque année au dernier match. A un moment donné, ça devait arriver.

Et vous suivez toujours le FC Sochaux ?

Oui, je suis toujours. Oui, oui !

 

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Que pensez-vous de cette 18ème place, en Ligue 2 ?

Je pense que le club est en train de se reconstruire, avec beaucoup de changements encore : un nouvel investisseur, un nouveau président. Je pense qu’il faut du temps pour reconstruire, il faut du temps pour que tous ces acteurs du club fassent leurs choix, mettent en place leur politique, les hommes aussi qui vont les accompagner pour mettre en place tout ça. Il faut du temps.

Alors, peut-être qu’on a laissé un peu d’espoir aux supporters en annonçant que l’objectif était de remonter en Ligue 1 ? Forcément, ça laisse de la déception, quand on les voit aujourd’hui à ce classement. Mais je pense qu’il faut être patient, malgré tout. Je pense que le maintien sera là, mais évidemment qu’il faut du temps pour reconstruire, pour mettre en place une nouvelle politique et que les nouveaux investisseurs réussissent à faire des choix humains qui amèneront le club, je l’espère, vers la Ligue 1.

Comprenez-vous les inquiétudes des supporters sochaliens ?

Evidemment. Il y a une descente en Ligue 2. Quand on descend, je pense que les supporters attendent de jouer les premiers rôles et de jouer la montée. Aujourd’hui, c’est normal que les supporters soient inquiets. Vous savez, la plupart des gens qui manifestent leur mécontentement ont vécu des matchs dans un stade Bonal plein. Ils ont vu le FC Sochaux jouer dans les 5 premiers ou 8 premiers de Ligue 1. A un moment donné, il faut les comprendre. Il faut comprendre qu’ils sont passionnés par leur club, qu’ils veulent retrouver une équipe performante.

Dans un esprit de supporters, on a envie de voir une équipe performante à Sochaux. Cet esprit est positif. Après, quels sont les moyens pour pouvoir le faire ? Je ne peux pas le dire, car je suis beaucoup trop loin et pas suffisamment au courant.

 

« Un peu mis dehors malgré l’envie de rester »

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Aziz Bouras expliquait regretter que des Isabey, Pitau, Richert n’aient pas été conservés par le club. Est-ce que c’est envisageable de retrouver Teddy Richert au sein du staff du FCSM dans les années à venir ?

Je ne sais pas du tout. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Mais il ne faut jamais dire jamais. Après, le départ était inévitable… Vous savez, on a été un peu mis dehors malgré l’envie de rester. Je connais bien Romain [Pitau] et Micka [Isabey], il y avait cette envie de rester. D’autres joueurs aussi… Cette envie d’avoir ce groupe de joueurs expérimentés qui au fil des années ne seraient peut-être plus titulaires, mais qui permettraient d’encadrer des jeunes. Et ils n’ont pas été conservés. Il y a eu des joueurs qui se sont retrouvés en fin de contrat et qui souhaitaient rester…

Mais comment est-ce possible de pousser vers la sortie des joueurs aussi populaires que Teddy Richert ou Mickaël Isabey ?

Ecoutez, Micka s’est retrouvé en fin de contrat et n’a pas été prolongé. Donc c’est clair et net ! A un moment donné, vous n’êtes pas prolongés, vous êtes dans l’obligation de partir. Moi, je me suis arrêté parce que… On m’avait proposé de rester encore une année en tant que joueur. Mais je souhaitais m’arrêter. J’étais vraiment au bout. Aussi parce que l’état d’esprit du club ne me convenait plus. Tout simplement. Après, vous savez, il y a de très bons gardiens qui sont arrivés et qui ont pris la succession. A un moment donné, il faut laisser sa place.

Mais depuis votre départ, aucun gardien n’a réussi à s’imposer à Sochaux…

Je crois qu’il y avait Pelé qui a fait des bons matchs…

 

« La politique et les hommes en place ne me convenaient plus »

 

Oui, Pelé a fait une bonne année mais on n’arrive pas à trouver le nouveau Teddy Richert…

Je n’ai pas de frère jumeau, ni de frère plus jeune (rires) ! Il faut du temps. Il faut un peu de temps pour revivre de belles émotions. Moi, la politique et les hommes en place ne me convenaient plus, je le dis sincèrement.

Les dirigeants, le président ?

Les hommes. Les hommes qui composaient ce club. Il n’y avait plus les échanges, il n’y avait plus cette volonté de travailler ensemble. Voila, c’est tout. Donc après, vous savez, il ne faut pas lutter. Il faut savoir échanger, savoir se dire les choses et moi je n’avais pas l’intention de m’installer dans un confort et d’accepter des choses qui ne me convenaient pas et que je ne trouvais pas logiques par rapport à ma connaissance du club, par rapport au vécu que j’avais dans ce club. Tout simplement.

Donc je suis parti. Les gens sont restés… Et malheureusement, je pense qu’il y a beaucoup trop de gens qui ont accepté certaines choses. Voila. Après, ça fait partie de la vie d’un club attention ! Il ne faut pas non plus croire que ce qui arrive aujourd’hui au FC Sochaux est unique. Il y a beaucoup d’autres clubs qui vivent des périodes difficiles. C’est difficile de pérenniser un club en Ligue 1, parce qu’il y a quand même de très bons clubs en France. Après, qu’il y ait autant de changements en peu de temps, c’est vrai que c’est un peu difficile à digérer.

 

« Les supporters aiment cet esprit de solidarité »

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Qu’avez-vous ressenti lors de votre retour au Stade Bonal suite à l’arrêt de votre carrière ?

Ça a été beaucoup d’émotion. Mais c’était pour un match où le stade n’était pas plein. Il n’y avait pas une grande affluence… Est-ce que c’était volontaire ou pas ? On ne va pas pousser jusque là, mais j’aurais aimé le faire sur un autre match, où il y aurait eu un peu plus de monde. Mais dans tous les cas, c’était beaucoup d’émotion évidemment.

Mais les émotions, je les avais vécues déjà avant, avec tous ces matchs à Bonal qui ont été extraordinaires. Même s’il n’y a pas toujours eu des très bonnes performances ou des très bons matchs. Quand on le vit sur le terrain en tant que joueur, ce sont de telles sensations.

Comment expliquer votre popularité auprès des supporters sochaliens ? Même lors de vos « mauvais » matchs, vous n’avez jamais été pris en grippe par le public…

Des mauvais matchs, il y en a eu (rires) ! Après j’ai eu la chance de vivre mes années à Sochaux dans une belle période. Mais, vous savez, je n’étais pas tout seul. On était un groupe : je vais associer tous les entraîneurs, les joueurs et les dirigeants parce que tout le monde était acteur du projet. On a fait des très bons résultats. On a réussi en championnat à avoir de très belles places et à gagner des trophées. Ce sont des grosses années, des belles années du club.

Il y avait l’envie de donner le maximum à chaque fois, l’envie de surtout vivre collectivement, de vivre avec les supporters, parce qu’on ne s’approprie pas individuellement les résultats et les prestations. Moi, je ne me suis jamais approprié quoi que ce soit. Même quand j’ai eu un trophée de meilleur gardien de Ligue 1, je ne me le suis pas approprié. C’était la participation d’Aziz, de mes partenaires et de mes coéquipiers. Il y a tout qui rentre en compte, donc il ne faut jamais s’approprier dans un sport collectif ses performances. Peut-être que les supporters ont été sensibles par rapport à ça. Parce qu’ils aiment cet esprit là, cet esprit de solidarité.

 

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Justement, il est comment ce public de Bonal ?

C’est un public exigeant, car il y a quand même des connaisseurs, des gens qui ont vécu des grandes années du football. A Sochaux, dans l’ancien stade, il y a eu de très bons joueurs, des belles équipes, des très bons résultats. Donc il y a un public de connaisseurs. Et il y a un public de passionnés. Un public passionné par la marque et son propriétaire. Il y a un fort sentiment d’appartenance des supporters à la marque et au club. Donc, le public est exigeant et il est aussi très présent.

C’est un public qui est généreux quand le joueur est généreux. Il sait rendre énormément, il sait donner énormément. Après, il est comme tous les publics. Il faut aussi être honnête. Mais au stade Bonal, quand l’esprit de l’équipe est un esprit club, un esprit collectif où on n’essaie pas de mettre un ou deux individus en avant, le public sera toujours derrière l’équipe.

 

« J’étais un peu, comme on dit à l’ancienne, un goal volant »

 

Pour en revenir à vous, quelles étaient vos qualités en tant que gardien de but ?

Mes qualités ? Beaucoup d’explosivité. J’ai toujours eu, naturellement, beaucoup de vitesse et de détente. Cela demandait aussi beaucoup de travail. J’avais beaucoup d’envie, beaucoup de générosité dans le travail. Ça m’a permis de progresser et surtout de durer.

J’aimais avoir un rayon d’action assez grand, intervenir beaucoup dans le jeu aérien, dans les duels au sol. Je n’avais pas non plus une envergure, un gabarit impressionnant. Pour rester dans mes six mètres et jouer un peu plus des fermetures d’angles, c’était des réflexes. J’étais un peu, comme on dit à l’ancienne, un goal volant : ce goal volant qui s’aventure et qui aime s’aventurer dans sa surface. Moi, je n’aimais pas subir les choses. J’aimais beaucoup jouer dans l’anticipation et jouer très haut.

Quelles sont les qualités d’un bon gardien ?

Aujourd’hui, le très bon gardien, ce n’est pas celui qui est le plus académique, le plus virevoltant et qui fait un arrêt de temps en temps. C’est plutôt celui qui est efficace. Aujourd’hui, dans nos évaluations, on note surtout l’efficacité. Alors c’est un gardien qui doit être capable d’être efficace quel que soit le scénario du match : mener, être mené… Il faut bien gérer ses émotions, avoir quelqu’un qui est vraiment très concentré et qui est capable de répéter les arrêts et de ne pas s’aventurer ou se déconcentrer parce qu’il est peu ou bien très sollicité et qu’il a fait quelques arrêts. C’est donc être capable d’être efficace et régulier dans la performance.

Un gardien qui vous impressionne aujourd’hui ?

Je suis fan de Neuer. J’aime beaucoup, parce que c’est un gardien qui participe à la possession, qui joue très haut. Qui est capable de tout faire. Alors, il y en a d’autres mais malgré son gabarit, il va très vite au sol, il est capable d’être très bon sur des réflexes, de jouer très haut, d’intervenir dans le domaine aérien, il a un très bon jeu au pied. C’est un gardien complet.

 

« Vous êtes dans le but et il y a 80 000 personnes »

 

Vos meilleurs et pires souvenirs avec le FCSM ?

Les meilleurs ? Evidemment, ce sont les trophées. On m’a souvent demandé quel était le meilleur, mais bon… Les groupes étaient différents, les parcours aussi, mais les émotions étaient fortes sur les deux finales. Ça a été magique. Dès les parcours, ça a été quelque chose de particulier.

Après, les moments difficiles, ça a été les blessures parce que, je n’y ai pas échappé. Dans une carrière, c’est difficile de l’éviter. Ce sont de grands moments d’éloignement du terrain, et, quand on est sportif, ce sont des moments difficiles. J’avais vraiment du mal à ne pas être sur le terrain. Ne pas mettre les gants, c’était très difficile.

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Nous sommes en finale de la Coupe de la Ligue 2004, Mickaël Landreau se présente devant vous. S’il marque, le FCSM perd une deuxième finale en deux ans. Racontez-nous !

Attendez, je me lève alors (rires) ! Ça a été particulier, avec beaucoup d’ouverture sur ce qui se passait sur les tireurs. Essayer de prendre des infos par rapport au positionnement du frappeur. On essaie toujours de trouver des images, de savoir de quel côté telle personne a frappé à tel moment, à tel match : lui il a l’habitude, il frappe à 56% de tel côté. Mince, il reste quand même 44% pour l’autre côté !

A un moment donné, quand vous êtes dans le but et qu’il y a 80 000 personnes : « alors, c’est 46 ou 54 ? », on ne sait plus ! J’ai surtout essayé de prendre des infos sur le positionnement, un petit peu sur l’ouverture du pied. Et voila. Essayer d’être le plus décontracté possible et surtout d’aller le plus vite possible. Parce qu’au penalty, il faut être très explosif.

Alors déjà, j’ai été surpris que Landreau dans une série comme ça, qui est très serrée, après un match très serré, surpris que Landreau ne se limite pas à son rôle de gardien et à essayer d’arrêter les penaltys. Mais la surprise est vite passée. Et puis une grande prise d’élan. Il avait déjà frappé des penaltys sur la droite du gardien, donc l’info m’avait été donnée. Mais je suis un peu têtu et heureusement dans ces moments-là. Il fait une course assez rapide, et puis un arrêt. Il commence à s’arrêter et à préparer sa frappe. Et puis une jambe, un balancier un peu exagéré, les épaules qui partent un peu en avant : donc tous les signes de la panenka !

Je décide de rester en place et de regarder tout ça et puis le ballon m’est arrivé ! Ce n’était pas un arrêt extraordinaire ! Ce n’est pas difficile à réaliser, mais c’était évidemment important. On perdait le match sinon. Ça nous relance dans la série et on la gagne.

Je pense que ça a été important psychologiquement. L’arrêt n’est évidemment pas compliqué à faire, car j’aurais pu l’arrêter avec la poitrine. J’essaie de transmettre ça aujourd’hui : il faut prendre les infos, regarder un petit peu ce qui se passe, ne pas essayer de chercher l’exploit dans un geste ou un arrêt difficile. Parfois en regardant un petit peu, en essayant de voir la trajectoire sans anticiper, c’est efficace.

 

« Se balancer en l’air, tomber dans les flaques d’eau, des bonheurs de gamin »

 

On parle souvent de la joie du buteur. Mais qu’en est-il des gardiens de buts ?

On ressent du plaisir à être efficace. Mais après, on est tous différent. Il y en a qui aiment exprimer leur joie. Le buteur, lui, il marque et il a quand même du temps pour faire des sauts périlleux, de courir partout, d’enlever son maillot (rires) ! Nous, généralement, quand on fait un arrêt, soit on capte le ballon et il faut relancer. Ou alors on dévie et il y a corner, donc on n’a pas le temps de faire de roulades et de s’accrocher au grillage !

Généralement, on essaie de vite se reconcentrer car l’action n’est pas finie et le match non plus. On essaie malgré tout de rester concentré même si, bien évidemment qu’il y a de la satisfaction et du plaisir d’être efficace. Avoir réussi le bon geste, avoir été bien placé, avoir fait le bon choix.

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce poste de gardien de but ?

C’est un poste où on est efficace pour l’équipe. Alors, c’est moins brillant qu’un attaquant car il met des buts, c’est comptabilisé, mais c’est un poste où on peut être décisif pour les autres. Donc il y a ça et, chez moi, il y avait aussi ce côté jouer avec les mains, avoir beaucoup de duels, d’engagement. C’est un poste complet : les pieds, les mains. Et puis, j’avoue quand j’étais gamin, c’était vraiment se balancer en l’air, tomber dans les flaques d’eau. Voila, c’était que du bonheur !

 

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Que vous souhaiter pour l’avenir ?

La santé. Du bonheur. Après, dans le cadre du football, je prends beaucoup de plaisir à être aux côtés des gamins, je vis des émotions extraordinaires, même si je ne suis plus acteur et qu’évidemment, l’adrénaline du joueur manque, je pense, toute la deuxième vie.

Mais je vis intensément ce métier, j’ai des émotions formidables avec les garçons, à les voir évoluer, à échanger avec eux. Pas seulement sportivement. On a des garçons qui sont jeunes et qui vont devenir des hommes. On intervient dans tous les domaines et ça c’est extraordinaire. Et puis on essaie de véhiculer des valeurs.

On est un milieu du football qui est marqué par beaucoup de choses négatives. On ne parle pas beaucoup des bonnes personnes, je dirais, alors qu’il y en a beaucoup. Il y a beaucoup de sportifs dont on n’entend pas parler, mais qui font des choses extraordinaires autour d’eux, qui ont un état d’esprit extraordinaire. Donc nous, nôtre rôle c’est aussi de véhiculer des belles valeurs, de la solidarité, tout ce que notre sport peut véhiculer. Et c’est essentiel. On prend beaucoup de plaisir à ça ici, au-delà évidemment du travail qui est mis en place pour que nos jeunes soient de futurs professionnels.

Cette année, on en a deux quand même, donc c‘est pas mal : deux gardiens qui ont signé pro. C’est des gamins que j’ai avec moi depuis deux ans et c’est une grande fierté, même si la réussite leur appartient. Il n’y a pas du tout d’appropriation de notre part de tout ça, même si on y participe. Mais on y participe en équipe encore une fois, avec des entraîneurs, un entourage pédagogique, un staff médical. On est nombreux à intervenir et il y a beaucoup de fierté.

 

« On gagne beaucoup de matchs avec un état d’esprit extraordinaire »

 

Et si vous aviez un mot à dire aux joueurs sochaliens sur l’état d’esprit à avoir pour accrocher ce maintien en Ligue 2 ?

Je ne les connais pas, mais je pense que la réussite est surtout dans la valeur du groupe. Je pense qu’on gagne beaucoup de matchs en ayant un quotidien et un esprit de groupe extraordinaire. Donc, c’est passer du temps, se connaître, échanger… Il n’y a pas que le travail du terrain, il y a l’ambiance du vestiaire : se voir en dehors du terrain, savoir se rassembler, savoir manger ensemble. Cette force collective là, cette ambiance de groupe donne des ailes…

Elle nous a permis  de gagner des trophées, d’être dans les huit premiers en Ligue 1 et d’accrocher des grosses équipes. D’aller gagner à Lyon, à Marseille… De faire des matchs extraordinaires au Stade Bonal. Evidemment, il faut la qualité individuelle, mais la qualité individuelle n’arrive à s’exprimer que si le groupe vit bien, si le groupe a des valeurs, si chacun fait l’effort de mettre son partenaire dans les meilleures conditions humaines déjà.

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Le FC Sochaux reste le FC Sochaux

 

Et pour conclure, un mot à adresser aux supporters sochaliens ?

Soyez fiers de vos couleurs, surtout. Soyez fiers. Je pense que les joueurs ont besoin de vous, même si évidemment les résultats sont difficiles. Ils ont besoin de vous sentir derrière eux. Et soyez patients parce qu’il ya des bonnes périodes comme on en a connu et des périodes un peu plus difficiles. Mais le FC Sochaux reste le FC Sochaux et le Stade Bonal n’attend qu’une chose, c’est de se remplir et de revivre beaucoup d’émotions avec les joueurs et avec les supporters.

On vous reverra dans les tribunes de Bonal ?

J’ai très envie de revenir bientôt. J’ai eu Aziz, on en a parlé un peu. C’est vrai que je ne suis pas remonté depuis très longtemps. Alors, je suis très occupé aussi, mais à l’occasion j’essaierai de revenir. Ce sera sympa.

Dernière question, le FC Sochaux sera en Ligue 2 l’année prochaine ?

Oui, en Ligue 2. Evidemment !

La Bande à Bonal remercie Aziz Bouras de nous avoir permit d’entrer en relation avec Teddy Richert. Un grand merci à notre ancien capitaine pour sa disponibilité et sa gentillesse. En espérant le revoir au plus vite au Stade Bonal. Bonne continuation avec les jeunes du TFC ! Merci, merci pour tout Teddy !

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Auteur: Ran_oOoo

Prof' des écoles, en jaune et bleu.

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