Anciens du centre – Mathieu PEYBERNES

Défenseur central, qui a passé 9 ans au FCSM, Mathieu Peybernes nous parle de la vie à Bastia, tout en évoquant ses années au centre et son expérience à Sochaux.


peybernesQuel est ton parcours ?

Mon parcours est assez classique : j’ai débuté le foot dans ma région au club de l’US Colomiers près de Toulouse. Ensuite j’ai intégré, après des tests, le Pôle espoir de préformation de Castelmaurou, l’équivalent de l’INF Clairefontaine en jeune pendant 2 ans et enfin j’ai signé pour mon club formateur le FC Sochaux grâce notamment à Gerard Batlles. J’y suis resté de 2005 à 2014, puis j’ai signé au SC Bastia.

A quels postes peux-tu évoluer ?

Je suis polyvalent, même si mon poste de prédilection reste l’axe central de la défense. Je peux jouer au poste de latéral ou encore en milieu défensif.

Je préfère évoluer dans l’axe sans hésiter. Paradoxalement je préfère jouer axe droit qu’axe gauche, mais presque tous les coachs que j’ai eu m’ont mis sur la gauche, à tel point que certains sites pensent que je suis gaucher, alors que pas du tout ! Même si je me suis amélioré du pied gauche, je suis un pur droitier.

As-tu des joueurs qui t’inspirent à ce poste ?

Bien sûr ! Sergio Ramos ou encore Gerard Piqué, pour ne pas faire de jaloux entre le Barca et le Real, sont des joueurs référents à ce poste pour moi.

Dans quel championnat aimerais-tu jouer dans votre carrière ?

L’Espagne, car je pense que c’est celui qui me correspond le mieux en termes d’état d’esprit et de jeu.

Quelles sont tes principales caractéristiques sur un terrain ?

La vitesse est mon point fort principal. Mais à force, je pense avoir aussi un jeu aérien maintenant plus intéressant et une relance plutôt propre.

Sur quels points cherches-tu à progresser ?

La concentration, le jeu long et le placement, car j’ai tendance à trop compter sur ma vitesse pour combler les errements défensifs de mes coéquipiers ou les miens. Ce qui m’a coûté parfois quelques cartons.

 On te retrouve en Ligue 1 avec Bastia. Comment ça se passe ?
La première saison s’est parfaitement bien passée avec près de 35 matchs disputés et une finale de Coupe de la Ligue. Je suis donc très content de ce bilan pour ma première saison en Corse, même s’il a fallu s’adapter au départ à un style de jeu complètement différent de celui de Sochaux. Cette seconde saison est un peu plus délicate, car je joue un peu moins, même si j’ai fait 12 matchs et que nous ne sommes qu’à la mi-saison. J’espère vite rejouer pour vivre peut-être une fin de saison équivalente à la précédente.

Un joueur qui t’impressionne au sein de l’effectif de Bastia ?

Floyd Ayité sans aucune hésitation. Il a tout, technique, vitesse, physique, sens du but. Bref, il a tout d’un attaquant moderne qui peut jouer dans l’axe comme sur le côté. En plus de ça, c’est un coéquipier formidable qui sourit tout le temps, avec qui je m’entends bien.

Quel est l’objectif de Bastia cette saison ?

Le maintien le plus tôt possible serait le mieux pour essayer de faire mieux que l’an passé. Mais je crois surtout qu’on peut faire un parcours en coupe intéressant. Un peu comme l’an passé en Coupe de la Ligue, cette année on va jouer le maintien et la Coupe de France.

Quelles sont les différences entre le FCSM et Bastia ?

Sur le terrain, c’est une philosophie complètement différente. A Sochaux, on nous apprenait surtout à bien jouer au foot en passes courtes, à produire du beau jeu et éviter un maximum de déchet technique. Alors qu’à Bastia, ce sont des valeurs beaucoup plus basées sur la solidarité, le courage, le physique, la « grinta ». C’est un club où il y a une ferveur particulière, où tu es applaudi dès que tu gagnes un duel. Les deux styles sont complémentaires, puisque j’ai appris et j’apprends toujours de ces deux clubs. Ah oui j’oubliais… le climat est une grosse différence (rires) !

On parle d’un départ, notamment du côté de Toulouse. On peut en savoir plus ?
Pour le moment je suis à Bastia. Le TFC s’est renseigné auprès de mon agent, c’est vrai. Mais il n’y a rien de plus. Je suis sous contrat jusqu’au mois de juin 2017, je vais faire le maximum pour l’honorer. Maintenant le football, ça va vite. Si une offre intéressante arrive dans les prochains mois, il faudrait y réfléchir, surtout si Bastia et moi y trouvons un intérêt.

Est-ce que tu suis toujours l’actualité de ton club formateur ?

Bien sûr ! J’y ai passé presque 9 ans. J’ai quitté ma famille pour y vivre depuis l’âge de 15 ans, je suis donc attaché, comme à une deuxième famille. J’ai encore beaucoup d’amis là-bas, dans le foot comme dans le domaine privé. Et puis surtout ma compagne est de Belfort, donc je suis lié à cette région pour un bon moment (clin d’œil) !

Comment as-tu été repéré par le FCSM ?

J’ai été repéré par Gérard Batlles, qui recrutait pour Sochaux en jeunes sur ma région notamment. Ils sont venus me voir à plusieurs matchs quand j’étais à Colomiers, puis au centre de préformation et je les ai convaincus. J’ai ensuite choisi moi-même Sochaux, car à l’époque c’était tout simplement ce qui se faisait de mieux en France, voire même en Europe, tant sur le plan scolaire que sur le plan du foot. Même si j’avais d’autres clubs, j’ai pensé que Sochaux était le club qui pourrait m’amener à mon rêve de toujours.

Tu as été formé au FCSM. Peux-tu nous parler de tes années au centre ?

Au début, c’était très difficile. J’étais loin de ma famille, je me sentais seul et je ne pouvais me confier à personne. Et puis je me suis rapproché de certains au centre, qui étaient de ma région, que je connaissais du centre ou d’autres clubs de ma région. Il y avait notamment Serge Benac, Rudy Gérard, Boris Favier, Pierrick Cros, Loic Poujol, Liassine Cadamuro-Bentaïba… Bref, que des gens qui m’ont finalement poussé vers le haut.

Puis j’ai trouvé les ressources pour y arriver coûte que coûte. Plus les années passaient et plus je perdais des copains. Mais je m’en faisais d’autres, comme Ryad Boudebouz, Marvin Martin, Yann Boé-Kane… Mais j’ai toujours conservé l’objectif d’y arriver. Je n’avais pas le choix : pour ma famille, pour mes amis, il fallait y arriver. Le centre, pour résumer, c’est beaucoup beaucoup de travail et de pression, mais aussi des rencontres et des amis.

Sochaux est actuellement tenant du titre de la Gambardella. As-tu suivi l’aventure ? 

Bien sûr que j’ai suivi, car je connais bien Marcus Thuram ! Pour moi, ce n’est pas vraiment une surprise car Sochaux reste un club formateur et qui, par le travail, finit par avoir des résultats, récompensés par cette victoire en Gambardella, comme en 2007. Félicitations encore à eux !

Passé professionnel avec ton club formateur, quels conseils donner aux jeunes actuels du centre pour atteindre leur rêve ?

Travail, mental, physique et un peu de chance : voilà les ingrédients pour y arriver selon moi. C’est exactement le résumé de ce qui m’est arrivé et de ce que j’ai fait. La réussite passe par ces quatre mots.

Tu as découvert l’élite avec le FCSM de 2009 à 2014. Quels souvenirs ?

Difficile de décrire tous les souvenirs, tellement il y en a ! Mais je vais en sortir trois. Le premier, c’est ma première en Ligue 1 contre Rennes, avec Francis Gillot, pour le match du maintien que l’on gagne à l’extérieur. J’étais entré milieu droit et au-delà du maintien pour moi, c’est la récompense de près de 9 ans de sacrifice.

Le deuxième, c’est un match à Bordeaux où, cette année-là, on y va en tant que favoris. On jouait vraiment bien ! D’ailleurs, on termine l’année avec une place en Europa League, mais surtout ce jour-là on gagne 4-0 là-bas, contre une équipe amenée par Jean Tigana. On avait l’impression que rien ne pouvait nous arriver, notamment avec le duo Martin-Boudebouz.

Et enfin le dernier, c’est peut-être celui que je regrette le plus aujourd’hui. Ce sont mes six derniers mois avec mon club formateur, où on joue le maintien qui se termine par une descente… Outre ce fait-là, il s’est passé des choses en coulisse qui étaient inacceptables. Mais que je ne m’attarderai pas là-dessus. Certains, qui sont maintenant partis, tant parmi les joueurs que dans le staff, ne doivent pas pouvoir se regarder dans une glace aujourd’hui.

Sur un plan personnel, on m’a confié le capitanat à Marseille. J’ai tenté de remonter toute l’équipe à ce moment-là, car, individuellement, j’étais bien. Puis l’équipe s’est mise à tourner quand, moi, j’étais moins bien et j’ai été écarté quasiment toute la fin de saison, à mon grand regret.

Quel sentiment as-tu ressenti au moment de quitter le club et quelle était ta relation avec les supporters à ce moment ?

C’est un départ assez classique : le club descend, il doit se séparer des joueurs qui lui coûtent cher pour se reconstruire et/ou des joueurs dont il ne ressent pas le besoin pour l’année suivante. Je suis donc logiquement parti à Bastia. La relation avec les supporters a plus qu’été bonne pendant toutes ces années. Mis à part à la fin, car je faisais partie pour eux des responsables de la descente. Mais le foot se pratique à 11 le samedi soir et à presque 40 staff inclus pendant la semaine. Comme je l’ai dit précédemment, il y en a certains qui vont avoir du mal à se trouver des excuses pour faire face à leur responsabilité.

Que penses-tu du départ de Peugeot et de l’arrivée du groupe Ledus à la tête du FCSM ?

Je ne sais pas trop. Je ne suis pas dans les coulisses du club, mais à l’époque déjà le groupe Peugeot voulait prendre du recul sur le FCSM. Et finalement, c’est arrivé, puisque c’est le groupe Ledus maintenant qui a pris les rênes du club. Je ne sais pas du tout quel est le projet de ces nouveaux actionnaires. J’espère en tout cas une remontée rapide du club, car la Ligue 1 sans Sochaux c’est triste. Ce club est un historique et une vraie ressource pour ce championnat.

Que t’inspire la présence de nombreux jeunes au sein de l’équipe première du FCSM ?

Ça ne m’étonne pas. C’est la philosophie du club depuis toujours et en plus de ça ils sont talentueux… Pour preuve Marcus Thuram ou Jérôme Onguéné sont tous les deux des valeurs sûres du club.

Que penses-tu du centre de formation Sochalien ?

Beaucoup de bien, évidemment ! Mais je ne suis peut-être pas objectif pour dire ça. Il est bien équipé, familial, très professionnel, l’encadrement est juste fantastique et il y a tout pour réussir.

Es-tu resté en contact avec des anciens/actuels membres du club ?

Oui, Jérôme Onguéné, Marcus Thuram pour les actuels… Marvin Martin, Ryad Boudebouz, Rafaël Dias, Sébastien Corchia, Damien Perquis ou encore Jérémie Bréchet pour les anciens et je dois en oublier probablement.

Quels sont les joueurs qui t’ont marqué lors de ton parcours à Sochaux ?

Il y en a pas mal, mais si je devais sortir quelques noms, je dirais Stéphane Dalmat par son talent, Teddy Richert pour son charisme, en plus d’être un super gardien, Damien Perquis, car il m’a appris le poste. Et après sur le talent pur, je mettrais Marvin Martin pour sa qualité de passe et sa vision du jeu et surtout Ryad Boudebouz qui dès qu’on fait un foot en salle peut mettre la misère à n’importe qui.

Des personnes du club en qui tu es reconnaissant ?

Tous les staffs que j’ai eus en équipe de jeunes ! Je vais en citer quelques-uns, mais il y a coach Mérieux, Monsieur Ruty, Monsieur Batlles, Freddy Vandekerkhove, Madame Veyron, Pierre notre surveillant…

Un coach avec qui tu as vraiment aimé travailler ?

Francis Gillot, sans hésiter, pour m’avoir fait confiance, mais aussi m’avoir appris le métier tout simplement. Mais paradoxalement, j’ai aussi aimé travailler avec Hervé Renard, qui est quand même un très bon manager.

Tu as aussi joué avec l’Équipe de France en jeunes. Qu’est-ce que tu retiens de cette expérience ?

C’est la consécration. J’ai eu la chance de faire les équipes de France jeunes et un Euro, qui s’est arrêté en demi-finale face aux anglais. Mais je n’ai que des bons souvenirs de superbes rencontres et surtout la fierté de chanter l’hymne et de porter ce maillot.

Que te souhaiter pour la suite de ta carrière ?

De continuer ma progression sous les couleurs de Bastia et de grandir jusqu’à ce que je raccroche. Evidemment, je souhaiterais gagner des titres comme tous footballeurs et côtoyer de grands clubs. Mais cela passera par beaucoup plus de travail encore.

Et pour finir, un mot aux supporters sochaliens ?

Je leur souhaite mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année. De la réussite pour leur club et un retour en Ligue 1. Je leur souhaite aussi de retrouver de la sérénité dans les tribunes, mais cela passera par de bons résultats. Bonal plein et Sochaux qui gagne c’est magnifique à vivre !

Toute La Bande à Bonal et moi-même remercions Mathieu Peybernes pour le temps qu’il nous a accordé et lui souhaitons une très bonne saison !

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Auteur: Alexis De Freitas

19 ans, spécialiste des jeunes du centre du FCSM (CFA aux U15), auteur à La Bande à Bonal et à Espoirs du Football, consultant Radio de Soyons Sport ⚽

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